Un projet de révision de la Constitution gabonaise, qui pourrait être adopté en fin de semaine, prévoit que le président "est rééligible" sans limitation de mandat, contrairement au texte en vigueur jusqu'alors, a-t-on appris mardi de source officielle à Libreville.
Si le texte est adopté, l'article 9 de la Constitution stipulerait: "Le président de la République est élu pour 7 ans au suffrage universel direct et au scrutin secret à un tour. Il est rééligible", selon le compte-rendu du conseil des ministres qui s'est tenu lundi.
Adopté sous sa forme actuelle en 1997 pour sa première partie, ce même article 9 de l'actuelle Constitution précise: "le président de la République est élu pour 7 ans au scrutin universel direct. Il est rééligible une fois".
L'article toujours en vigueur détaille par ailleurs les conditions de participation au second tour -supprimé dans le projet de revision-, au cas où aucun des candidats n'aurait obtenu au premier tour la majorité des suffrages exprimés.
Jusqu'à présent, le débat public sur cette revision de la Constitution avait essentiellement porté sur le fait que les scrutins à venir seraient désormais limités à un tour.
Les partisans de ces élections à un seul tour avançaient plusieurs arguments: la réduction des coûts, la limitation des candidatures fantaisistes et la "suppression des alliances contre-nature" qui fausseraient souvent le jeu démocratique au 2ème tour.
Mais la question de non-limitation du nombre des mandats présidentiels n'avait pas occupé le devant de la scène.
"Cette modification (de l'article 9) qui introduit l'harmonisation des mandats électifs laisse dorénavant le suffrage universel seul juge", souligne le communiqué du Conseil des ministres.
L'Assemblée nationale et le Sénat sont en session extraordinaire depuis début juillet pour examiner ce projet de revision constitutionnelle qui comprend d'autres modifications de moindre importance.
Les deux assemblées devraient se réunir en Congrès dans les prochains jours pour entériner ce projet de revision.
Cette révision intervient alors que le parti présidentiel, le Parti démocratique gabonais (PDG) tient son 8ème congrès samedi et dimanche. Parmi les résultats attendus de ces assises figurent notamment le renforcement du rôle de son fondateur, le président Omar Bongo.
Des élections présidentielles sont prévues au Gabon en 2005. Selon toute vraisemblance, le président Bongo, âgé de 67 ans et au pouvoir depuis 1967, devrait se représenter.