La révision constitutionnelle en cours au Gabon a pour but de faire du président Omar Bongo un "président à vie", a affirmé le président de l'Union du peuple gabonais (UPG, opposition) lors d'une conférence de presse mardi soir à Libreville.
"C'est une manipulation pour pérenniser le régime actuel au pouvoiren réalité, Omar Bongo veut rester président à vie", a déclaré l'opposant, Pierre Mamboundou, affirmant qu'il allait saisir la Cour constitutionnelle.
"Nous ferons notre travail: nous allons saisir cette cour et la mettre devant ses responsabilités (...) même si tous ses membres appartiennent au parti" présidentiel, le PDG (Parti Démocratique gabonais), a déploré le président de l'UPG.
Ce projet de révision, qui pourrait être adopté en fin de semaine, prévoit que le président "est rééligible" sans limitation de mandat, contrairement au texte en vigueur jusqu'alors qui limitait à deux les mandats présidentiels.
Ce projet prévoit également de limiter à un seul tour les scrutins à venir, contre deux actuellement. Il s'appliquerait pour les prochaines présidentielles, prévues en 2005.
"La révision actuelle, dont l'objectif est de ramener l'élection présidentielle à un tour, vise simplement à légitimer le hold-up électoral", a poursuivi M. Mamboundou.
L'argument justifiant des élections à un tour pour éviter des dépenses supplémentaires ne tient pas, a-t-il dit.
"Les économies peuvent être réalisées de manière substantielle sur bien d'autres chapitres du budget de l'Etat (...): la taille du gouvernement et les cabinets ministériels pléthoriques, le parc automobile de l'Etat", a déclaré M. Mamboundou sous les applaudissements de ses militants.
"Sans illusion sur la suite qui sera donnée à (cette) saisine", il a d'ores et déjà demandé à ses militants de "se mettre en ordre de bataille pour défendre le résultat des urnes". "Il n'est pas exclu que l'élection ait lieu avant 2005", a-t-il estimé.
La révision de la Constitution sera à nouveau le sujet samedi 19 juillet d'"un grand meeting populaire" dans un quartier de Libreville. Le même jour, le PDG tient son 8ème congrès dans la capitale gabonaise: "le hasard du calendrier", a conclu M. Mamboundou.
L'Assemblée nationale et le Sénat sont en session extraordinaire depuis début juillet pour examiner ce projet de révision constitutionnelle qui comprend d'autres modifications de moindre importance.
Les deux assemblées devraient se réunir en Congrès dans les prochains jours pour entériner ce projet de révision.