La Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho), ONG basée à Dakar, a accusé mercredi le président gabonais Omar Bongo de procéder à une "manipulation perverse des institutions assimilable à un coup d'Etat constitutionnel", en vue de "s'éterniser au pouvoir".
Au cours de son conseil du lundi 14 juillet, le gouvernement gabonais a décidé "de modifier l'article 9 de la Constitution, en supprimant la limitation du (nombre de) mandats du président de la République", rappelle la Raddho dans un communiqué. Ce projet de révision de la Constitution pourrait être adopté en fin de semaine.
"En prenant cette décision, le président Bongo a procédé, à l'instar du président (togolais Gnassingbé) Eyadéma, à une manipulation perverse des institutions assimilable à un coup d'Etat constitutionnel", estime l'organisation.
"Il est dangereux qu'à la veille de consultations électorales, certains dinosaures politiques africains aient recours au tripotage de la constitution pour mieux s'éterniser au pouvoir", ajoute la Raddho, "vivement préoccupée" par la "tendance à une nette décrue du processus démocratique amorcé en Afrique depuis les années 90".
Dans son communiqué, la Raddho "invite le président Bongo à renoncer à son projet", en le mettant en garde "contre les manipulations institutionnelles qui constituent des sources de prise de pouvoir violente en Afrique".