Libreville a été un succès politique, hier, au terme de la tournée effectuée à travers le pays profond par le président de la République. Outre son discours, très ovationné, à forte tonalité socio-économique, Omar Bongo a intensifié l'échange direct avec le peuple.
LA tournée républicaine effectuée à travers le pays profond par le chef de l'Etat, M. Omar. Bongo, du 24 juin au 4 juillet, est arrivée à son terme avec la visite rendue aux populations de l'Estuaire, marquée par l'imposant meeting qu'il a animé hier en fin de matinée, au Boulevard du bord de mer à Libreville.
Ce déplacement dans la capitale était marqué du sceau de la continuité dans le droit fil des autres capitales provinciales parcourues, notamment au regard de la teneur du discours qu'a tenu le président de la République, fondamentalement axe sur les thèmes cruciaux du développement durable et de l'unité nationale. Cependant, le fait que l'étape de l'Estuaire ait été célébrée à Libreville, qui est avant tout la capitale politique du pays, ainsi que le siège par excellence de toutes les institutions de l'Etat, a conféré à cette dernière escale sa propre spécificité.
D'emblée, cette particularité s'est naturellement affichée avec la présence à la tribune officielle pour saluer le chef de l'Etat à son arrivée à la place des fêtes, des plus hautes personnalités de l'Etat, nonobstant leurs provinces d'origine aux côtés de celles reconnues pour être natives de l'Estuaire, avec à leur tête le Premier ministre, chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane.
RESPONSABILITÉ •Ainsi donc, on a pu voir, assis à la tribune, plusieurs de ces personnalités : entre autres le vice-président de la République, Didjob Divungi Di Ndinge, les présidents des deux chambres du Parlement, Georges Rawiri (Sénat) et Guy Nzouba Ndama (Assemblée nationale), le président de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, et le président du Conseil économique et social, Me Louis-Gaston Mayila...
En outre, donnant sans cesse de la voix pour conférer un cachet spécial à cet évènement haut en couleurs, et donc bien en vue à cette occasion, les femmes appartenant aux groupes socioculturelles de l'Union des femmes du parti démocratique gabonais (UFPDG), et représentant la pluralité des populations gabonaises établies dans l'Estuaire, la participation massive de ces militantes a contribué à renforcer la spécificité de cette province. Ce menu, à lui seul, a été déterminant pour garantir le succès politique de cette étape du peuple ayant conduit le président Bongo au contact de ses concitoyens de l'arrière-pays, qui font face, comme dans l'Estuaire, à d'énormes difficultés sociales.
Dans le discours qu'il a prononcé, le chef de l'Etat le premier, a subtilement relevé ce particularisme de l'Estuaire en s'adressant aux populations de cette province en étant sur place a Libreville. Sans le dire en ces termes, Omar Bongo a laissé entendre lues aurait mieux valu que les responsables politiques de l'Estuaire organisent un tel meeting à l'intérieur de cette province, où des départements tels que la Noya (Cocobeach), ou le Como-Mondah (Owendo ou Ntoum) ce qui aurait davantage facilité au président de. la République de garder ce contact physique avec les populations de l'intérieur du pays et les couches défavorisées de ces localités.
Cela dit, le président Bongo s'est montre à l'aise face à l'auditoire, et ses propos ont témoigné de son souci de coller de près aux attentes de l'heure, exprimées, dans ce qui était au fond pour lui de simples rappels, par le maire de la Capitale, André Dieudonné erre. En effet, il s'agit, e problèmes qui se posent avec acuité et qu'il a rappelés, après avoir pris soin de souhaiter la " bienvenue dans l'Estuaire", mobilisée pour faire de cette journée du 4 juillet une fête populaire : la route, l'insalubrité, l'insécurité, le chômage... Le maire de la capitale l'a fait dans un élan tendant à montrer les liens étroits du présent et du riche passé de complicité avec le régime.
En réponse, le chef de l'Etat s'est naturellement montré sensible à la ferveur patriotique affichée à l'unisson à cette occasion, Omar Bongo l'a saluée en notant en particulier la présence dans la foule avec leurs banderoles évocatrices, des militants du RPG (Rassemblement pour le Gabon), le parti du père Paul Mba Abessole, ancien opposant irréductible, aujourd'hui vice-Premier ministre, ministre de l'Agriculture, des Droits de l'Homme, chargé de mission.
Aux yeux du chef de l'Etat, il s'agit là d'un acte politique fort des ex-bûcherons, qui ont compris la nécessité de se rassembler en rejoignant la Majorité. " Nous devons éviter tout ce qui peut nous diviser, pour privilégier l'unité nationale" a explique en insistant Omar Bongo.
MÉTHODOLOGIE. Le président a poursuivi en défendant son credo constant de l'unité et de la cohésion-nationales, qui figurent au cœur de son action politique. Il a fait l'éloge du civisme des populations pour leur attitude responsable affichée au cours du récent processus électoral, en même temps qu'il a fustigé certains comportements des acteurs politiques de tous bords prompts a prôner l'ostracisme et à ignorer l'autorité de l'Etat. " C'est vous les populations qui faites que tout aille bien ou mal, c'est nous les politiques qui faisons en sorte que tout aille mal' , a-t-il noté.
Ces propos ont suscité de longs applaudissements de l'auditoire. Le chef de l'Etat lui a adressé à juste titre un autre satisfecit appuyé sa mobilisation en dépit des effets visibles de la crise économique qui sévit avec cruauté. Cette position que le président a prise en leur faveur est méritoire, d'autant qu'en se mobilisant pour l'accueillir, cela ne signifie nullement qu'il préfères les réjouissances, mais simplement qu'il a conscience des efforts et pose à son tour un acte patriotique.
Cet esprit patriotique, le chef de l'Etat l'a évoque en abordant le climat social qui prévaut dans le pays avec la tension qui règne dans le secteur de la santé publique, en particulier dans la capitale avec la grève qui perdure au Centre hospitalier de Libreville (CHL), et en exhortant les syndiqués du Synaps à s'en inspirer plus que jamais.
De même, le président a évoqué la situation préoccupante dans l'Enseignement supé rieur, où l'atmosphère à l'Université Omar Bongo (UOB) est extrêmement tendue à cause des étudiants qui revendiquent le paiement d'arriérés de bourses. A ces jeunes plutôt insouciants, volontiers frondeurs et qui ignorent l'état réel des finances publiques,. il 'a recommande un peu plus de sagesse dans leurs revendications intempestives.
Dès lors, le chef de l'Etat n'exclut pas de demander à l'avenir au gouvernement de redéfinir objectivement les modalités d'octroi de ces aides qui sont loin d'être des droits acquis. Partisan de la fermeté dans l'attachement aux principes et idéaux, mais en même temps souple dans leur application, le président Omar Bongo a engagé le gouvernement à se montrer ouvert aux sollicitations, en se fondant sur sa méthodologie du dialogue direct avec la base.
Ce faisant, il a pressé le Premier ministre et le gouvernement à reprendre le dialogue avec le syndicat de la santé en faisant acte de pédagogie répétitive en vue d'expliquer à ces compatriotes l'état financier exact du pays. Auparavant, le chef de l'Etat a annoncé le choix de Libreville pour abriter le 17 Août 2006. " Avec ou sans moi, ces festivités doivent avoir lieu dans l'Estuaire", a-t-il déclaré sous des applaudissements nourris.