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Le scrutin à un tour pour toutes les élections dans notre pays
Auteur:  L'Union  | Date: 4 Juillet 2003  | Réactions ()
Section: Politique  | Source: L'Union

Guy Nzouba Ndama, le président de l'Assemblée nationale, face hier aux sénateurs, a coupé court à tous les procès d'intention, à la confusion et à l'amalgame faits autour de l'instauration du scrutin à un tour.

LES choses doivent être claires pour tout le monde: le mode de scrutin à un tour, objet de la proposition de loi portant révision de la Constitution concerne toutes les élections politiques, présidentielles, législatives, locales et sénatoriales dans notre pays.

La précision qui vaut son pesant d'or dans le contexte marqué depuis l'ouverture du débat sur cette énième révision de la Loi fondamentale par une forte propension aux procès d'intention, par une volonté manifeste de faire l'amalgame, de semer la confusion dans les esprits des Gabonais, a été faite hier après-midi par Guy Nzouba Ndama, le président de l'Assemblée nationale.

Cette déclaration aux allures de mise au point avait pour but de couper court à toutes les spéculations nées au lendemain de l'annonce de cette modification de certaines dispositions, spéculations liant le changement de mode de scrutin qui passe de deux tours à un tour pour toutes les consultations, à la- prochaine élection présidentielle de 2005 et à une éventuelle candidature du président Omar Bongo.

Face aux sénateurs, convoqués pour avoir des explications sur les motifs qui sous-tendent la reformulation de certaines dispositions du corpus de la Loi fondamentale, l'initiateur du texte Guy Nzouba Ndama a fixé ces parlementaires sur ce mode et les raisons profondes qui ont conduit ses collègues députés et lui à s'inscrire dans cette logique.

Le député de la Lolo-Bouenguidi a, semble-t-il, réussi cet examen, puisque le sentiment qui dominait hier au fil des discussions dans la salle Mengane de la cité de la Démocratie, est que toutes les raisons invoquées pour sou tenir cette révision sont fondées, mieux encore, elles ont été jugées pertinentes.

NÉGOCIATIONS • La première énoncée par le président Nzouba Ndama, et soutenue par les différents sénateurs qui ont pris la parole, est celle relative à la réduction des coûts exorbitants qu'impliquent des élections à deux tours dans notre pays. A ce sujet, il a clairement insisté sur la nécessité pour le Gabon englué dans une crise financière qui risque de perdurer, de prendre des mesures pouvant limiter les dépenses. Car, depuis l'avènement de la démocratie, l'organisation des élections a englouti plusieurs milliards de francs. Des sommes faramineuses qui auraient naturellement pu être utilisées, a-t-il indique, dans la réalisation de projets sociaux, notamment pour réorganiser le système sanitaire et le secteur de l'éducation.

Cet argument fut également partagé par les sénateurs Salvador Nkizoghe Obame, (RPG -Medouneu), Appolinaire Matemba (PDG Lébamba), Emile Kassa Mapsi, (PDG-Mouila); Georges Rawiri, le président du Sénat. Lesquels ont soutenu que les explications données s'inscrivaient dans le droit fil de la diminution des membres des Commissions locales approuvée parle Parlement lors de la modification de certains articles de la loi relative aux élections politiques.

Mieux encore, et en rapport aux éléments de réponses énoncés par le président Nzouba Ndama, notamment celles visant à éviter le marchandage des voix, des négociations face à des candidats qui ne pèsent pas grand chose, les alliances contre nature, les élus Ndassikoula Ernest (PDG- Aboumi), Henriette Massouna Nono (PSD-Ndendé), Mbo Koumba Eugène (PDG-Ntoum), Jean-Baptiste Mintsa Mi Mba (PDG-Cocobeach), et jean Mindoumbi (PDGBooué), ont fait des suggestions jugées pertinentes par l'initiateur de la proposition de loi débattue hier. De même qt~ ils se sont interrogés sur certains aspects.

JURISPRUDENCE. Notamment, sur ce qui sera fait en cas d'égalité parfaite lors d'une élection, a relevé le sénateur Mintsa Mi Mba. Même si jusque-là, la jurisprudence en la matière avait amené la Cour constitutionnelle à trancher dans ces cas pour le candidat le plus âgé lors des élections législatives et sénatoriales. C'est aussi le cas invoqué pour éviter les candidatures fantaisistes, principalement les critères d'identification des candidats fantaisistes et le risque de voir cette disposition entrer en contradiction avec la liberté offerte à tout Gabonais de briguer les suffrages des électeurs.

Les autres réoccupations portaient sur le risque de lassitude qui peut entraîner un regain d'abstentionnisme lors des votes. Ainsi que les modalités de désignation du président, de deux vice-présidents du Conseil économique et social (CES). S'il y a eu ou non consultation des membres de cette institution, surtout après la réaction suscitée par cette proposition au CES.

Face à ce panel des préoccupations et de questionnements, l'honorable Guy Nzouba Ndama a, chaque fois, défendu sa proposition de loi en apportant des réponses précises aux questions qui ne étaient as moins des sénateurs, munis au sein de la Commission des lois.

Ces derniers qui ont, d'emblée, apporté leur soutien à l'initiative parlementaire, entameront donc l'examen au fond des articles révisés, d'ici la réunion du 18 juillet prochain du Congrès, moment important d'adoption par les deux Chambres du Parlement de la révision constitutionnelle.

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