LE Rassemblement pour le Gabon du père Paul Mba Abessole a tenu le week-end écoulé à Libreville un Conseil national ponctué par l'adoption d'une Charte des valeurs, sorte de bréviaire propre â cette formation politique; l'affirmation de son ancrage dans la majorité présidentielle formée autour de Bongo Ondimba et la naissance de L"'ethnoconvivialité,, concept prônant le "vivre ensemble des ethnies" présentée comme une négation du fait tribal dans le pays.
L'ethnoconvivialité énoncée et soutenue par le leader du RPG exalte, s'il en était encore besoin, le dialogue entre les différentes composantes ethniques que compte le Gabon. Un échange porteur pour le pays qu'il appelle de tous ses vœux en ce qu'il conduira inéluctablement lé corps social et politique à une autre vision du Gabon. Une vision contraire à celle que soutiennent certains acteurs politiques nationaux bien connus, qui tiennent des discours aux relents tribalistes et contre lesquels l'ethnoconvivialité entend clairement s'opposer.
Dans son discours de clôture du Conseil, largement consacré à ce concept venant s'ajouter à la convivialité, le fait que Mba Abessole, ait affirmé sa foi en ce concept d'ethnoconvivialité, en indiquant qu'avec celui-ci, son parfi et lui, de même que les Forces opposées à la résurgence du tribalisme observée ces derniers temps dans le pays, arriveront à neutraliser les tribalistes qui cherchent à opposer les ethnies pour le service de leurs intérêts égoïstes, le père Paul Mba Abessole rouvre le débat étouffé ces derniers temps sur les actes assez curieux posés par certains acteurs du jeu politique national. Il ne se livre donc nullement à une rhétorique sans fondement.
Autant dire que Paul Mba Abessole, homme politique, ancien opposant accusé naguère de se faire le chantre du tribalisme à travers ses positions, sait effectivement de quoi il parle. Puisqu'il dénonce de manière officielle ces récurrentes pratiques et démarches faites par certaines personnalités tentées ces derniers temps d'attiser la fibre ethnique.
AMPLEUR • En évoquant la question qui semble alimenter de sérieux commentaires dans certains milieux politiques du pays, il semble bien que l'ancien, opposant condamne, de façon voilée, les fréquentes rencontres et réunions que tiennent des hautes personnalités, acteurs politiques du pays, ennemis de la cohésion nationale et du dialogue entre ethnies. Moins le fait que certains hommes politiques d'une contrée se rencontrent et débattent comme cela a souvent été le cas dans le pays. Le plus grave dans cette affaire est que durant ces rencontres tenues secrètement aussi bien à Libreville qu'à l'intérieur du pays par ces mêmes personnes, le discours tenu tourne autour de la présence de tel ou tel autre groupe ethnique ou d'un soutien a une candidature partisane lors des consultations à venir.
Ces réunions servent à mobiliser à l'intérieur du pays comme dans la capitale autour d'eux des filles et fils parlant la même langue et partageant le même discours sectaire, la même vision tribale de la gestion du pays. Elles sont souvent soutenues par l'ambition de servir des intérêts égoïstes, semblent prendre de l'ampleur au fur et mesure que se profilent des échéances capitales pour le pays, notamment l' élection présidentielle de 2005.
AFFRES • Cela pour dire que la tournure tribale que ces acteurs politiques donnent au débat politique, en suscitant des candidatures sur fond dé représentation ethnique à ce prochain grand rendez-vous. En attisant le sentiment ethnique pour se maintenir à leurs postes, en se livrant à une sorte de chantage qui ne dit pas son nom à travers la mobilisation du lobby de la communauté, cette tournure en dit long sur a gravité de la dérive qui s'installe depuis quelque temps dans le pays.
Cette dérive est d'autant plus inquiétante que dans un Gabon où s'expriment de plus en plus des ambitions démesurées de nombre d'acteurs politiques, où leurs appétits voraces s'aiguisent, où les rêves politiques sont souvent pris pour des réalités, ces méthodes et comportements faisant fi des règles et des mœurs politiques en régime démocratique ne sont pas de nature à maintenir la cohésion nationale, encore moins lé socle social et politique érigé sur les principes d'unité nationale, d'égalité et concorde nationale prônés par Bongo Ondimba. Lequel, en s'appuyant sur ces principes, a jusque-là épargné notre pays de sombrer dans les eaux troubles du tribalisme et de l'intolérance et de subir les affres des conflits ethniques.
Face au risque de nuire aux efforts déployés Jusque-là pour maintenir la stabilité et la cohésion nationales, l'évocation du concept du leader du RPG qui participe de l'unité nationale, une des matrices de la politique du chef de l'Etat doit être retenue comme une négation de l'opposition entre ethnies que certains tentent d'alimenter en coulisse.