Sous la pression du gouvernement, les barricades ont été levées depuis lundi dernier sur les principaux axes routiers. Cette colère d'une frange de la population illustre la bataille du contrôle des marchés publics à réaliser dans la ville entre le maire Pierre Mamboundou, et le camp de la majorité.
LA semaine dernière a été décisive pour l'issue de la crise à Ndéndé. Sous la pression du gouvernement des dizaines de manifestants en fait les- artisans du leader de l'Union du peuple gabonais, maire de la ville, erre Mamboundou - qui protestaient violemment contre le retard enregistré dans l'entame de la construction des infrastructures de base prévues dans le cadre des fêtes tournantes dans la Ngounié, ont battu en retraite.
Certes, le ministre de l'Intérieur; de la Sécurité publique et de la Décentralisation, Idriss Ngari avait exhorté, vendredi 12 décembre, les manifestants à faire preuve de "responsabilité' et de "civisme", en renonçant à empêcher la libre circulation des personnes et des biens sur les principaux axes reliant la ville de Ndéndé aux autres, localités de la province et du pays.
Cependant, ces manifestants ont tardé à s'exécuter, et il a fallu attendre la descente sur le terrain des éléments de la gendarmerie nationale trois jours plus tard, pour que les barricades qui avaient été érigées près d'une semaine auparavant sur les axes Ndéndé-Mouila, Ndéndé-Lébamba, Ndéndé-Tchibanga, soient levées.
A en croire le ministre de l'Intérieur qui s'était exprimé sur cette situation à travers les médias, il n'y a pas de doute que les revendications soulevées par les populations locales soient ondées et même légitimes, mais il n'était pas question que cela devienne un motif pour les faucons tapis dans cette localité considérée comme un bastion de l'opposition radicale, pour troubler dangereusement l'ordre public et 'créer un climat d'extrême tension politique dans cette région frondeuse.
Idriss Ngari avait alors averti qu' au cas où cette atmosphère négative devait continuer de régner dans la ville, au-delà dans tout le département de la Dola, le gouvernement n'allait pas hésiter à déployer les forces de sécurité pour rétablir l'ordre. Selon nos correspondants locaux, la descente des éléments de la gendarmerie sur le théâtre des opérations n'a pas donné lieu à des affrontements avec les groupes de manifestants, néanmoins on a appris que trois téméraires ont été arrêtés avant d'être relâchés. Au-delà, depuis lors le calme est revenu dans cette bourgade et la circulation des camions qui empruntent les différents axes de la Nationale I a repris à son rythme incessant et normal de jour comme de nuit.
FRÈRES ENNEMIS. Au fond derrière cette crise, se joue la rude bataille pour le contrôle de la conduite des marchés publics à réaliser à Ndéndé. Elle oppose ouvertement lé leader de l'Union du peuple gabonais et maire de a ville, au camp de la majorité présidentielle, et met visiblement aux prises Pierre-Mamboundou à son successeur à l'Assemblée nationale, le député PDG de la Dola le Dr Roger Mavoungou.
Le leader de l'UPG a fait de ce combat un enjeu de la reconquête du terrain politique perdu aux législatives de 2011, il a multiplié les initiatives auprès du Secrétariat permanent du 17 août. A preuve, un document portant sa signature, à la date du 12 août 2003, et demandant, sans être sûr de rien, l'augmentation de l'enveloppe budgétaire de un milliard trois cent millions (1.300. 000. 000) de FCFA, prévue pour l'essor de la ville.
Chiffres à l'appui, le document montre comment le maire de Ndéndé a procédé à un redéploiement de l'enveloppe budgétaire en question. Il révèle la liste des entreprises qui à ses yeux doivent obtenir les marchés publics. Hâtivement, ses partisans ont cru bon d'accuser le député PDG d'être à l'origine du retard dans la réalisation des chantiers, et même d'avoir détourné des fonds destinés à ces investissements colossaux.
Présenté comme un politique mesuré et intègre, le parlementaire a organisé une importante réunion de clarification dans son fief électoral. Il rejette en bloc les attaques portées contre lui. Le Dr Roger Mavoungou n'a eu de cesse d'expliquer que le traitement des projets retenus dans le département a bel et bien fait l'objet d'un arbitrage des membres du gouvernement et des élus de l'ensemble de la province, au-delà des appartenances politiques.
A ce propos, on sait aussi qu'à l'approche du 17 août à Mouila, une mini-réunion cruciale autour du vice-Premier ministre, ministre de l'Aménagement du Territoire, Emmanuel Ondo Méthogo, et du ministre des Travaux publics, Egide Boundono Simangoye, avait entériné ces projets conformément à la liste des priorités consensuelles.
Dans ce contexte, ses proches critiquent la démarche jugée unilatérale du chef de l'UPG qui aurait des projets en net décalage avec les préoccupations pressantes des populations en particulier l'aéroport moderne avec une piste d'atterrissage goudronnée de 1800m équivalente à celle de Mouila), et les voiries qui englobent à elles seules 600 millions de FCFA, soit la moitié de l'enveloppe globale de la Dola. Enfin, ils attaquent le procédé cavalier du maire de Ndéndé four retenir les PME aptes a ,construire la ville. Face à ce duel à l'arme blanche que se livrent ces deux frères ennemis sur le terrain politique, dans le camp de la majorité il n'y a pas de doute que cette colère des partisans de l'UPG vient de prendre fin a été orchestrée. Ce que récuse l'UPG, évidemment, mais sans parvenir totalement à convaincre.
Du coup une question est sur les lèvres : l'agitation du maire de Ndénde autour des projets retenus dans la Dola, vise-t-il, à s'approprier la paternité de ceux-ci dans la perspective dès échéances électorales à venir ? En tout cas ses adversaires politiques en sont convaincus.