Son président, Me Agondio Okawé estime, en outre, que la réduction du coût de la vie passe par la révision à la baisse de certaines taxes, en particulier, la TVA.
LES semaines passent et les déclarations de presse se multiplient au Parti gabonais du progrès. Hier encore, après le point de presse d'il y a quelques jours, au cours duquel il avait exhorté l'ensemble des partenaires sociaux à prendre une part active au dialogue social préconisé par le chef de l'Etat, Omar Bongo, le leader du PGP, Me Pierre-Louis Agondjo Okawé était face à la presse à Likouala, siège du PGP.
L'insécurité et les conclusions des négociations de la trêve sociale ont constitué la toile de fond de son propos.
De fait, tout en condamnant avec fermeté la recrudescence du grand banditisme avec les assassinats en série et odieux de Makalou Niaga, ressortissant malien, et de Jerôme Marteil, de nationalité française, d'une part, celle de l'artiste musicien gabonais Serge Egniga, d'autre part en moins d’un mois le leader du Parti gabonais du progrès demande au gouvernement de la République de tout faire pour élucider, "bien que la sécurité ne fasse pas partie de ses quatre priorités", ces crimes afin que soient confondus et punis, conformément à la loi, les différents commanditaires.
Pour le PGP de la manière dont seront traités ces forfaits, dépendront l'image de notre pays et celle de sa justice "aujourd'hui tant décriée à l'extérieur". Voilà pourquoi Me Agondjo suggère qu'on mette à la disposition des forces de sécurité et du pouvoir judiciaire des moyens adéquats. Tant humains que matériels, "afin que Libreville et l'ensemble du Gabon retrouvent le calme d'antan". L'insécurité, comme on le sait, est un vecteur de dislocation sociale dont le corollaire est malheureusement souvent "l'apparition des milices d'autodéfense". "L'Etat gabonais doit éviter que cela arrive chez nous en prenant bien sûr ce problème à bras-le-corps".Pierre-Louis Agondjo Okawé en a profité pour appeler l'ensemble des Gabonais à "plus de vigilance afin de préserver leurs libertés individuelles et collectives si chèrement acquises". Auparavant, Me Agondjo en présence d'autres hiérarques de sa formation po1itique, avait ouvert une parenthèse sur la trêve sociale, donnant sa "position" sur les grandes décisions qui ont été arrêtées au cours desdites négociations qui ont connu leur épilogue grâce à l'intervention personnelle du président de la République.
CONTRE-COURANT
S'agissant de la dette intérieure, le PGP a dit saluer l'engagement pris par le gouvernement de s’acquitter d'une partie de celle-ci. II espère néanmoins que cet engagement, "qui a une importance capitale pour l'emploi des Gabonais ", sera tenu jusqu'à apurement de ladite dette. Un autre point ayant trait à la réduction des prix de produits de première nécessité a aussi été évoqué.
Le président du Parti gabonais du progrès souligne que cette décision va à contre courant de l'option libérale de l'économie que notre gouvernement a librement choisie. Selon lui, la réduction du coût de vie des Gabonais ne peut se concevoir dans un système libéral que par des mesures fiscales pour les produits importés (réduction du taux de la TVA et/ou des taxes douanières) et des mesures incitatives pour les productions locales (subventions aux agriculteurs, éleveurs et pêcheurs).
Pour l'ancien maire de Port-Gentil, la réduction du train de vie de l'Etat n'a pas également fait l'objet des signaux forts, comme le PGP 1 aurait souhaité. "Entendu qu'on ne peut pas espérer rallier l’ensenrble des travailleurs à une trêve sociale uniquement sur la base de quelques avantages distillés aux syndicats". Le PGP réitère dès lors son autre vœu de voir 1a classe politique donner un signal fort au peuple gabonais sous forme de réduction des membres du gouvernement et du Parlement bicaméral. "Toutes choses contenues dans le protocole d'accord, mais que nous souhaitons voir rapidement se réaliser", a conclu Me Agondjo Okawé.
C. KOUIGA