Pendant que l'entourage du chef du Parti social démocrate, Maganga Moussavou, envisage cette coalition en vue des échéances électorales à venir, le premier cercle du leader de l'UPG est déterminé à la combattre si Pierre Mamboundou devait céder.
Jean Christian KOMBILA
EN prélude aux grandes échéances électorales de 2005, la perspective d'une alliance avec l'Union du peuple gabonais et son chef, Pierre Ivlamboundou, maire de la ville de Ndéndé et principal leader de l'opposition, séduit le Parti social démocrate, et son président, Pierre-Claver Maganga Moussavou.
Dans son avant-dernière parution, au mois d' août, le bimensuel " L'espoir", proche du PSD, s'est longuement fait l'écho de ce projet de rapprochement avec l'UPG.
Sans qu'on sache, au fond, si ce qu'on y rapporte est indiscutable ou si c'est simplement un ballon d'essai, on y. a appris que des réunions secrètes placées sous l'égide des notables de la communauté Punu, l'ethnie des leaders de ces partis, se sont tenues au cours de cette période à Mouila, l'antre du Parti social démocrate. Depuis lors, donc, les partisans de Pierre-Claver Maganga Moussavou ont fortement relayé ce dessein dans l'opinion, en faisant valoir que ce schéma est fort probable dans l'otique de fia prochaine élection présidentielle prévue dans moins de deux ans.
A contrario, curieusement depuis l'annonce à grand renfort médiatique de cette éventuelle coalition, du côté de l'Union du peuple gabonais, rien ne transparaît a ce sujet, comme si ce qui se dit n'est qu'une simple vue de l'esprit des proches du leader du PSD et de son entourage. En tout cas, il y a quelques jours encore, la consigne que le président de l'UPG, Pierre Mamboundou, semblait avoir donnée aux siens et que ces derniers ont longtemps respecté scrupuleusement, était motus et bouche cousue. Autrement dit, les instances de ce parti se sont attachées à ne pas en parler publiquement.
FAROUCHE OBJECTION • Toutefois, des voix au sein des instances de cette formation politique de l'opposition radicale ont accepté de rompre le silence que la hiérarchie observe délibérément à ce propos, en dépit de ce qu'elle n'ignore pas que pour l'immense majorité des militants de base, une alliance entre l'UPG et le PSD aurait du mal à être acceptée. Et c'est le cas de le dire, du moins si l'on s'en tient aux militants qui ont exprimé leur farouche objection à une telle initiative.
Au siège de l'UPG à Bellevue I, en fin d'après midi, samedi 11 octobre, au sortir d'une importante réunion du Secrétariat exécutif, l'instance suprême du parti qui réunit, autour du président de ce parti, Pierre. Mamboundou, les membres du bureau exécutif et les responsables des organes nationaux, des voix autorisées se sont ouvertement montrées prêtes à opposer une fin de non recevoir à l'idée d'avoir des rapports politiques avec Pierre-Claver Maganga Moussavou.
S'exprimant sous couvert d'anonymat, une voix autorisée de l'UPG qui fait partie du premier cercle des durs du chef de l'opposition a d'abord tenu à balayer d'un revers de la main les propos rapportés par entourage immédiat du président du PSD, selon lesquels une réunion à laquelle l'UPG aurait pris une part active s'est tenue dans le chef-lieu de la province de la Ngounié pour évoquer leur participation consensuelle à élection présidentielle de 2005.
Une autre source, qui venait de participer à cette réunion du Secrétariat exécutif en sa qualité de membre du Conseil des "sages" de l'UPG l'a également récusée avec force, avant de préciser que leurs travaux n'ont nullement évoqué cette question d'alliance dont on parle avec insistance au PSD. Auparavant, il a expliqué que bien que Pierre Mamboundou ne veuille point donner de l'importance à cette affaire, il sait de toute façon qu'il devient urgent dé monter au créneau afin de fixer les militants et leur éviter d'être gagnés par le désarroi.
REVIREMENTS • Celui-ci, est même allé plus loin en mettant en relief les différences qui caractérisent l'UPG au PSD. " A nos yeux, le PSD n'est plus un, parti d'opposition. Notre leader l'avait dit en son temps, bien que la Cour constitutionnelle lui ait reconnu ce label", affirment-ils. Dans cet exercice, volontiers, ils ont écarté les programmes politiques des deux partis, mais ils ont davantage mis l'accent sur les personnalités des deux chefs de parti. Evidemment, leur champion est « politiquement cohérent , ce qu'ils dénient à Maganga Moussavou ». C'est peut-être discutable, mais ils ont dit haut et fort.
Autre chose, personne n'a oublié les revirements spectaculaires du Parti social démocrate, lors des réunions de la classe politique entre l'opposition et la majorité.
Celle u'on évoque souvent à l'UPG et qui nourrit le pessimisme des militants, remonte a près de deux ans à la Primature, ce jour-là Pierre Claver-Maganga Moussavou avait retourné sa veste après avoir renié l'implication de la représentante du PSD aux de l'opposition rassemblée au siège de l'UPG.
Enfin, à Ndéndé, bastion de l'UPG, le parti social démocrate a tissé une alliance victorieuse avec le Parti démocratique gabonais (PDG) - la locomotive de la majorité présidentielle - lors des dernières élections locales, au grand dam de l'opposition radicale. Du coup, au département la bataille du Conseil départemental a été remportée par le PDG. Blandine Ivoulou, son chef de file a été élue présidente. Conséquemment, grâce à cette alliance locale qualifiée de "contre-nature", à Ndéndé, Massounga Nono (PSD), a été élue au Sénat.
Au vu de ce passé douloureux, à Belle-vue I, la conviction que le PSD est plus proche de la majorité que de l'opposition radicale est plus forte que jamais. Cela dit, au regard de ces attaques en règle des militants de l'UPG contre le PSD, celles-ci prouvent à suffisance qu'en caressant une telle liaison, mais surtout en l'annonçant avec fracas dans les médias, l'entourage du chef du parti social démocrate risque de ne pas obtenir l'effet escompté. Bien au contraire, en ce qui le concerne, il commettrait, une fatale erreur politique aux yeux de l'opinion en s'engageant sur le terrain de l’affrontement après s'être montré ouvert au camp présidentiel au gré des intérêts de sa famille politique en période de crise.