II est clair, aujourd'hui, que la rencontre des notables Punu natifs de la Nyanga et de la Ngounié, qui se serait tenue à Mouila autour de cette coalition en vue des échéances électorales de 2005, évoquée au Parti social démocrate, n'a jamais eu lieu.
J.C. KOMBILA
LES faucons de l'Union du peuple gabonais ont affiché leur scepticisme, il y a une semaine jour pour jour, au sortir d'une réunion du Secrétariat exécutif au siège de leur famille politique à Belle-vue1, en apprenant que leur champion, Pierre Mamboundou aurait été convaincra par les notables de la communauté ethnique Punu de se coaliser avec le chef du Parti social démocrate, Pierre-Claver Maganga Moussavou en vue des échéances électorales de 2005.
Ces derniers, appartenant au premier cercle du leader radical de l'opposition, n'ont pas hésité à se confier aux journalistes, d'ordinaire considérés comme d'irréductibles adversaires, pour leur faire savoir qu'un rapprochement avec le Parti social démocrate pour préparer la prochaine élection présidentielle, était la pire des options que puisse choisir l'UPG. Avant une autre réunion de l'instance suprême de leur parti aujourd'hui, au cours de laquelle Pierre Mamboundou est attendu sur la question, tout indique que ces militants n'ont plus aucun souci à se faire.
Des sources autorisées au sein de l'UPG, ont confié avant-hier, que les derniers développements, cette semaine dans la presse, ont conduit Pierre Mamboundou à rompre le mutisme pour porter son appréciation sur cette affaire entre le PSD ci l'UPG. Son opinion est claire, il leur a affirmé qu'il n'a jamais été question pour son parti et pour lui-même d'envisager une coalition avec le Parti social démocrate. Mieux, il a formellement démenti la tenue d'une réunion autour des notables de la communauté Punu, le mois dernier à Mouila, comme l'a rapporté le bimensuel "L'espoir", dirigé par un affidé du chef du PSD, qui défend avec passion des thèses politiques axées autour du repli identitaire.
MENSONGE • Certes, au vu de ses résultats électoraux, l'UPG reste confiné dans son bastion de Ndendé, au point d'avoir réellement du mal à s'implanter dans les autres provinces du pays au-delà de l'ethnie de son président. Mais Pierre Mamboundou se défend d'être à la tête d'un parti dont l'idéologie est l'ethnisme. Il a donc affirmé en privé à ses militants que son parti n'est nullement concerné par la stratégie préconisée par le PSD, dont il accuse depuis toujours le leader d'être uniquement mû par la recherche de la satisfaction de ses intérêts personnels plutôt que par la quête des solutions aux problèmes du plus grand nombre. Ces propos ont, au moins, le mérite de rassurer les siens.
La valeur de ces propos tient plus au fait qu'ils corroborent les informations de nos correspondants à Mouila, qui ont mené des investigations minutieuses dans cette ville auprès de plusieurs notables de la communauté Punu, pour savoir si une rencontre entre eux et des notables de la même ethnie issus de la Nyanga, s'est tenue dans le chef-lieu de la Ngounié, tel que Pierre-Claver Maganga Moussavou et les militants du PSD ont cherché à le faire croire à l'opinion.
Ancien maire de Mouila, de 1971 à 1987 Daniel Ferdinand Mabika Baboussa fait partie des notables qui ont infirmé la tenue d'une rencontre entre notables Punus de la Ngounié et de la Nyanga pour encourager une alliance PSD-UPG. Selon lui, "c'est une affabulation" du PSD. A raison, car tout indique deux mois après que "L'espoir" ait propagé ce gros mensonge politique, cousu de fil blanc, qu'il n'y a pas eu de déplacement de notables Punus de la Nyanga allant rejoindre d'autres à Mouila, encore moins ceux de la diaspora se réunissant avec ceux-là qui sont établis dans l'arrière pays autour des responsables du PSD et de l’UPG.
A 1 évidence, une telle rencontre au sommet de ces populations est quasiment impossible à tenir par ces deux partis, au cas où telle serait l'ambition inavouée es chefs de l'UPG et du PSD. Ni l'un ni l'autre, encore moins les deux réunis, n'ont le monopole exclusif du contrôle du peuple Punu. C'est d'autant plus vrai qu'au sein de cette communauté il y a d'autres personnalités politiques de premier plan qui contrôlent des partis politiques depuis le retour au multipartisme dans le pays.
Respecté pour sa rigueur, le Pr. Pierre-André Kombila, à la tête du RNB/Démocrates, et le Pr. Benoit Joseph Mouity Nzamba, le vice-président du Parti gabonais du progrès (PGP), sont de ceux-là. Il y en a plus nombreux et crédibles, au sein du Parti démocratique gabonais (PDG), et surtout dans l'appareil d'Etat autour du président de la République, Omar Bongo, pour ne pas les citer. Indiscutablement, cela prouve alors que cette perspective de regroupement de la communauté Punu dans un vaste ensemble politique à base ethnique aux mains du leader de l’UPG ou du PSD est d'emblée utopique.
LEURRE • Concernant le leader du parti social démocrate, Pierre-Claver Maganga Moussavou, qui veut s'en servir comme d'un marchepied en agitant cette idée comme une menace voilée, pour obtenir des plus hautes autorités de l'Etat qu'il revienne aux affaires après sa sortie du gouvernement d' "Ouverture" à l'issue des élections locales, où il a mordu la poussière à Mouila, dans la Nyanga son parti n'a jamais réussi à percer sur le terrain. Dans l'opinion locale, il passe pour un illustre inconnu.
Chaque fois qu'il a été nommé au gouvernement, il est davantage resté un ministre d'Etat préoccupé par son implantation à Mouila, et ne s’est presque jamais occupé des problèmes auxquels sont confrontées les populations nynoises. Certes, elles n'expriment pas publiquement un sentiment de rejet à l'égard de cet homme politique imprévisible, mais la grande majorité des concitoyens dans cette province est disposée à le sanctionner sévèrement dans les urnes le moment venu, au cas où il devait solliciter leurs suffrages.
Au nombre des griefs qu'elles lui font, il y a, notamment, cette affaire de bétail du ranch de Moulengui Binza qui s'est appauvri avant d'être abandonné par la tutelle à l'époque où il était ministre d’Etat, ministre de l'Agriculture, et qui fut à l'origine d'un échange de propos acerbes entre lui et un député de l'actuelle législature à Tchibanga le 16 août 2001.
Enfin, alors que tout donne à penser qu'il s'est seulement agi d'un leurre politique du chef du PSD, ce qu'on lui demande c'est de se positionner clairement afin qu'on sache avant les échéances politiques capitales de 2005, s'il est de la majorité présidentielle, ou bien s'il reste cet opposant qui détient son label de la Cour constitutionnelle.