La classe politique gabonaise a commencé à se réunir mardi à Libreville, à l'invitation du président Omar Bongo, pour examiner une révision du code électoral engagée par le gouvernement, a constaté un journaliste de l'AFP.
Une trentaine de chefs de partis politiques de la majorité présidentielle et de l'opposition ont répondu à l'appel du chef de l'Etat gabonais qui a jugé utile d'organiser une "réunion de concertation" pour étudier "le problème posé lors de l'organisation et du déroulement des élections dans notre pays".
"Malgré le consensus obtenu lors des négociations de Paris, en 1994, et à Libreville, en 2001, la fiabilité de notre système électoral continue de préoccuper la classe politique nationale", a expliqué le président Bongo.
"Qu'il s'agisse de l'établissement des listes électorales ou de l'organisation des scrutins, de vives critiques ont toujours été formulées", a-t-il ajouté, soulignant avoir toujours préféré le dialogue à l'épreuve de force.
"Je vous donne encore l'occasion, une fois de plus, de faire en sorte que nous n'ayons plus à revenir sur le problème du code électoral", a poursuivi M. Bongo, qui a rappelé la prochaine tenue d'élections municipales et sénatoriales, normalement prévues fin 2002.
La réunion a débouché mardi sur la mise en place d'une commission qui sera co-présidée par la majorité et l'opposition, chacune des deux parties ayant 13 représentants au sein de la commission.
Cette commission sera chargée d'examiner jusqu'au 8 août (bien 8 août) une révision du code électoral, sur la base d'un projet d'ordonnance du gouvernement. Les travaux devraient ensuite servir à l'élaboration de l'ordonnance qui sera présentée lors de la prochaine session parlementaire.
Dans son projet d'ordonnance, le gouvernement a relevé quelque 17 "points litigieux", a indiqué sans plus de précisions le chef de l'Etat. Ces points litigieux auraient toutefois trait, selon les observateurs, aux inscriptions sur les listes électorales, au rôle de la Commission nationale électorale ou à la création d'un bulletin unique.
Cette révision du code électoral intervient après la tenue, en décembre 2001, d'élections législatives marquées par un très fort taux d'abstention et par l'écrasante victoire du parti présidentiel.
L'opposition avait dénoncé à l'époque le non-respect des délais légaux liés au processus pré-électoral et le "gonflement" des listes électorales en faveur du parti au pouvoir.
A ces critiques, le président Bongo avait alors répondu par la création d'un "gouvernement d'ouverture", intégrant notamment l'un de ses opposants historiques, le député-maire de Libreville Paul Mba Abessole.