Six partis politiques gabonais ont rejoint samedi la majorité présidentielle, portant à 27 le nombre de formations politiques signataires de la Charte de cette majorité, a annoncé mardi le quotidien gouvernemental L'Union. Ces partis, qui ont signé la plate-forme politique et le code de bonne conduite de la majorité présidentielle au cours de son premier Conseil politique à Libreville, ont très peu de représentativité au Gabon.
Le Parti gabonais du centre indépendant (PGCI) est implanté dans une des neuf provinces de ce pays d'Afrique centrale, le Haut-Ogooué, et le Rassemblement pour la solidarité nationale (RSN), par exemple, reste inconnu de la plupart des Gabonais.
Aux termes de l'article 1 de cette Charte, adopté en septembre 2001 en vue des législatives de la même année par 21 partis, les signataires s'engagent à soutenir le "président gabonais Omar Bongo Ondimba, sa politique et son action", selon L'Union.
Elle stipule également que "le chef de la majorité présidentielle est le candidat naturel (à l'élection présidentielle) dès lors qu'il en exprime le voeu". Ce scrutin est prévu en décembre 2005.
Un septième parti, le Rassemblement pour le Gabon (RPG) du père Paul Mba Abessole, opposant historique au président Bongo qui avait intégré un "gouvernement d'ouverture" en janvier 2002, avant d'être nommé vice-Premier ministre un an plus tard, a suspendu sa signature sine die, la conditionnant à l'accord de la base du parti, a-t-il annoncé.
Le RPG compte trois ministres dans l'actuel gouvernement de Jean-François Ntoutoume Emane.
Le président du Rassemblement national des républicains (RNR, parti signataire), Gérard Ella Nguema, est en détention préventive depuis près de huit mois ainsi que trois militants, tous accusés par les autorités d'avoir tenté d'incendier des édifices publics.
Le RNR, jusqu'à samedi parti de l'opposition radicale qui avait formé en 2003 un "gouvernement parallèle", avait dénoncé fin février l'incarcération "arbitraire" de M. Ella Nguema, toujours emprisonné, son père parlant d'un "montage" motivé par "le refus (du parti) de collaborer avec la majorité présidentielle".
Le secrétaire général du RNR et président par intérim, Christian Abiaghe Ngomo, a estimé mardi à ce propos qu'il "faut faire le distinguo entre les déclarations de la famille et le discours politique".
La signature de la Charte par son parti est "l'aboutissement d'une démarche", a-t-il déclaré par téléphone à l'AFP, affirmant que la voix du RNR serait mieux entendue dans la majorité présidentielle et que la libération du président du parti "ne devrait plus tarder".
L'Union nationale des forgerons (Unaf), le MODDERM, le Mouvement pour le redressement national (Morena)/tendance Alain Eyang Mvé ont également signé cette Charte.