Le président gabonais ne voit le salut de son peuple que par son maintien à vie au pouvoir.
Déjà modifiée quatre fois ( en 1994, 1995, 1997, 2000), la constitution gabonaise promulguée le 26 mars 1991 a subit un nouveau "toilettage ". Les parlementaires gabonais ont adopté une nouvelle Constitution dont la révision a été initiée par l'Assemblée nationale en mai dernier. L'Assemblée nationale et le Sénat dominés par les membres du Parti démocratique gabonais (Pdg) du président Omar Bongo, ont adopté le nouveau texte respectivement le 22 juillet 2003 et le 25 juillet 2003. Une décision de la Cour constitutionnelle en date du 25 juillet 2003 déclarait déjà que "la procédure de révision de la Constitution prescrite par les articles 116, alinéa 3, de la Loi fondamentale, 57 et 58 de la loi organique de ladite institution, est observée et que les modifications proposées sont compatibles avec l'ensemble des dispositions constitutionnelles". La caution des instances judiciaires était alors reçue.
L'article 9 de la constitution prévoyait que le Président de la République est élu pour sept ans au suffrage universel direct (à deux tours si aucun des candidats n'a obtenu la majorité absolue à l'issu du premier tour), et rééligible une fois.
En somme, la nouvelle révision constitutionnelle consacre essentiellement l'élection à un seul tour, le caractère illimité des mandats présidentiels, la nomination du président et des vice-présidents du Conseil économique et social. Les partisans du président gabonais ont justifié cette initiative par, entre autres, la nécessité de réduire le coût des élections. Un argument fallacieux au regard de l'environnement socio-politique du pays et du contexte général en Afrique. En cette période d'accalmie après les turbulences des années 90, qui avaient contraint les dirigeants africains à céder un peu de terrain sur le plan des libertés démocratiques, la tendance aujourd'hui est à un retour en arrière. Omar Bongo qui fut vice-président du feu président Léon Mba, le père de l'indépendance du Gabon, avant de prendre sa place à sa mort en 1967, va créer le Parti démocratique gabonais, qui devient le parti unique. Il a depuis su adapter les institutions de son pays à ses ambitions personnelles. Considéré comme un "sage africain", il s'est déjà fait réélire à la tête de son pays en 1973, 1979 et 1986 dans des scrutins où il était le candidat unique.
Après la réintroduction du multipartisme en 1990, des élections municipales sont organisées au Gabon pour la première fois depuis 22 ans. Le parti du président les remporte. Amendée en 1994, la constitution va instituer le Sénat. Pour les uns, il s'agit d'une avancée démocratique, pour d'autres, d'un simple lieu pour recaser tous les insatisfaits. Toujours est-il que qu'en 1996, de nouvelles élections législatives confirmeront la suprématie du Pdg sur la scène politique gabonaise. En 1997, une autre modification constitutionnelle viendra réintroduire le poste de vice président, nommé par le président de la république. En 1993 et 1998, Omar Bongo est réélu à la tête du Gabon. A la clôture de la session parlementaire, le 29 juillet dernier, session au cours de laquelle lla constitution s'est vu une nouvelle fois modifier, le président de l'Assemblée nationale gabonaise a qualifié cette journée de " journée historique en ce sens qu'elle ouvre une nouvelle ère pour notre démocratie et pour notre pays ". Assurément, la perspective de voir le chef de l'Etat gabonais faire son entrée dans le livre des records Guinness pour sa longévité à la tête d'un Etat mérite que l'on qualifie la journée qui la rendue possible de historique.