Après une longue période d'agitation au sein de son parti, le président du Parti gabonais du progrès (PGP) a lancé hier un vibrant appel au rassemblement des formations politiques de l'opposition pour faire un contre-poids à la majorité présidentielle.TOUS les hiérarques en poste à Likouala étaient présents hier au point presse donné par Me Pierre-Louis Agondjo Okawé; le président du Parti gabonais du progrès (PGP), mis à part Ferdinand Mbadinga Mombo, le secrétaire général et Joseph Loembé, Ie secrétaire général adjoint chargé de la communication, dont les présences, ces derniers temps, dans les activités du parti sont devenues quasiment rarissimes.
Ces dernières semaines ayant été particulièrement marquées par une actualité politique et sociale dense, le 'président du PGP, Me Pierre-Louis Agondjo Okawé en a saisi l'opportunité pour s'extirper, temporairement, de l'inertie politique en invitant la presse, hier après-midi, pour l'entretenir des sujets brûlants de l'heure.
A savoir par exemple l'accaparement des médias d'Etat par la signature de la Charte constitutive de la majorité présidentielle, et surtout les appels incessants d'associations et partis politiques à la candidature du président Omar Bongo Ondimba à la présidentielle de l'année prochaine, avant de se plaindre de la léthargie dont fait preuve l'opposition gabonaise, dont les locales de 2002 avaient vu l'effondrement complet.
La constitution de la majorité présidentielle, dont la conséquence directe est la polarisation des activités politiques nationales autour du président Omar Bongo Ondimba, peut conduire, pour le leader progressiste, a «un retour au galop des méthodes et décors issus du monopartisme. » D'autant que parallèlement, l'opposition se trouve marginalisée par le pouvoir à défaut de jouer le ou rôle de figurant. Ce qui bien évidemment «la confine à la dépréciation, si ce n'est à l'exclusion», estime Me Pierre-Louis Agondjo Okawé.
Avec l'entrée dans la majorité présidentielle du Rassemblement pour le Gabon (RPG) qui, il n'y a pas très longtemps encore, constituait, avec le PGP, la principale force de l'opposition, c'est une nouvelle recomposition du paysage politique national qui s'est opérée, a dit Me Agondjo.
Celui-ci sera désormais marqué par deux pôles: «Celui incarné par le PDG sous la conduite du président Bongo Ondimba; et celui de l'opposition dont le PGP fait partie», déclare le président du PGP, même s'il est très conscient du net recul de sa formation politique depuis les élections législatives de 1996 et locales de 2002.
Mais l'espoir de voir le PGP à nouveau au devant de la scène politique a été ravivé lors de la dernière rentrée politique de ce parti. Ce, d'autant que l'esprit de division et de scission qui a longtemps été au centre des soubresauts que ce parti a connus n'est plus qu'un lointain souvenir. Cette unité retrouvée au sein de la, famille progressiste a apparemment donné. des ailes à Me Agondjo qui invite maintenant «les autres formations politiques issues de l'opposition à cesser les actes de division et de s'atteler à la tâche fondamentale qui consiste a s opposer à la politique du PDG et de ses alliés» et de pouvoir au besoin «constituer une alternative crédible au pouvoir PDG» du fait que selon lui, « la situation économique et sociale du PDG et de ses alliés» est «désastreuse.»
L'ambition du leader du PGP d'unir toutes les franges de l'opposition, quoique légitime, n'en est pas moins un défi difficile à réaliser. Dans la mesure où le positionnement des uns et des autres dans ce camp politique est tout de même hétéroclite. Les uns se réclament de l'opposition radicale, tandis que les autres se disent modérés, responsables s'ils ne sont pas de l'opposition apaisée.
Reste maintenant au président du PGP à trouver le modus operandi pour véritablement, fondre ces, différentes inclinations "idéologiques" en une seule force de combat contre la machine redoutable que constitue la majorité présidentielle. Si ce n'est pas un simple effet d'annonce, cet objectif ne s'avère pas facile à atteindre.