Ancien ministre des Transports et de la Santé, le président-fondateur du Mouvement politique Soleil estime que le chef de l'Etat dispose à Ntoum d'une base solide sur laquelle il peut s'appuyer pour l'avenir.
M.Jérôme Ngoua Bekale, vous avez quitté le PDG en 1994 pour créer le Mouvement Soleil en 1996 que vous venez de dissoudre. Qu'est-ce qui explique ce retour au PDG .
Jérôme Noua Bekale : Si je faisais la politique pour des ambitions personnelles, je ne serai pas revenu au PDG. Mais je n'ai jamais été dans l'opposition; même étant hors du PDG. Souvenez-vous qu'en 1998, j'avais officiellement battu campagne pour le candidat PDG, Bongo Ondimba.
Le Mouvement Soleil a été dans tous les quartiers de Ntoum pour tenir des meetings au pro du président. Pour répondre à votre question, je dirai qu'à partir du moment où, lors du congrès de la refondation, le président a pris la décision de reprendre en main la présidence effective du parti, pour le Mouvement Soleil, c'est le gage d'un meilleur fonctionnement du parti. On n'assistera plus à l'application arbitraire des textes.
A partir du moment où les dysfonctionnements que nous avions déplorés au sein du parti ne vont plus exister, nous n'avions plus de raisons de rester hors du PDG. Le président, qui est un homme de justice et de paix, étant revenu aux commandes du parti, je ne pense pas que les gens pourront encore s'amuser avec les statuts du parti. Nous revenons à la maison du père parce qu'il a dit qu'il ne souhaitait pas voir ses fils loin de lui. Nous, nous voyons l'intérêt général. Nous ne revenons pas au parti pour revendiquer un quelconque poste, nous sommes des militants de base.
Ce qui nous intéresse, à la veille de la Présidentielle de 2005, c'est de soutenir celui que nous avons toujours défendu, le président Bongo Ondimba. Dans le Komo-Mondah, les données sont claires actuellement. Le PDG et le Mouvement Soleil devenant une seule maison, je peux me permettre de dire que le président doit savoir qu'à Ntoum et ses environs, il a une base solide sur laquelle il peut s'appuyer pour l'avenir.
-Vous aviez combattu le PDG de 1996, à l'annonce de la dissolution du Mouvement Soleil, quel est votre message aujourd'hui ?
- J'étais simplement contre des actes antidémocratiques de certains hiérarques du parti à Ntoum, qui n'ont pas respecté les textes du PDG, alors qu'ils n'ont pas la légitimité. Je n'ai pas dissous mon mouvement sans consulter mes militants, il y a eu débat puis vote. Contrairement à d'autres qui l'ont fait unilatéralement. J'ai dit à mes militants que le père a demandé à tous ses enfants qui se sont mis hors de sa maison, pour une quelconque raison de revenir le rejoindre. Je leur ai donc demandé de pardonner le mal qui leur a été fait pour s'identifier au père. Je demande à la population de ne pas se décourager, même si elle a toujours constaté que sa voix n'a pas souvent produit les effets escomptés, de continuer à aller voter malgré les imperfections.
Je suis pour la confrontation d'idées, c'est le peuple qui décide. Je suis persuadé qu'en développant nos idées nous sommes en mesure de battre sans coup férir, sans poser, des actes qui découragent la population, n'importe quel adversaire. Certains hommes politiques à Ntoum, pour faire croire au président qu'ils ont du monde derrière eux, estiment qu'il faut avoir des scores avoisinant les 100%. Plus leur score sera très élevé, plus ils feront croire au président qu'ils sont indispensables.
Or moi, j'estime qu'il vaut mieux. gagner avec une majorité confortable dans la transparence, que de chercher à avoir des scores staliniens et rendre le scrutin discutable. Le président que nous soutenons a un bilan suffisamment positif, et il peut affronter et battre l'opposition très facilement.
-A vous entendre, vous donnez l'impression d'en vouloir à certains acteurs politiques et même aux dirigeants du PDG. Est-ce la raison pour laquelle vous avez quitté le parti au pouvoir?
-Après ma sortie du gouvernement en 1994, le président de la République m'avait fait l'honneur de me nommer à d'autres fonctions. Respectueusement, je lui avais demandé si je pouvais m'installer à mon propre compte, parce que j'avais des idées que le voulais mettre en pratique. Et comme je lui avais bien expliqué ce que je voulais faire, il avait compris ma position..
Il faut dire qu'avant mon entrée au gouvernement, j'avais déjà créé la société Mistral Voyages. Après l'accord du président, j'ai donc lancé la société Comarea (Compagnie maritime gabonaise), spécialisée dans le transport maritime du bois sur l'Europe et l'Asie. Préoccupé par la mise en place de cette structure, je me suis un peu éloigné de la politique active. De 1994 à 1996, je ne faisais plus vraiment de politique, mais je restais fidèle au chef de l'Etat et au camp politique qui était le mien.
Seulement sur le plan local, c'est-à-dire à Ntoum, certains hiérarques du parti avaient utilisé mon nom sur le terrain pour me dénigrer. Ils m'ont accusé d'être à l'origine du manque d'engouement dont faisaient montre certains militants. A partir de là, j'avais décidé de me présenter comme candidat indépendant en 1996. A l'issue de ces élections, j'avais été surpris de voir qu'une simple fédération prenne la décision de me remplacer sur la liste des membres du comité central, sans attendre la décision du congrès qui élit lesdits Membres.
Tous ceux qui avaient appuyé ma candidature avaient subi le même sort. Nous n'avions pas voulu rouspéter. Mais devant cette situation, j'ai créé le Mouvement Soleil pour continuer l'activité politique à Ntoum, en associant ceux qui se reconnaissaient à travers les idées que je défendais, sans claquer la porte du PDG. Certains membres du parti avaient claqué la porte en créant des partis qui ont même pris position contre le président. Mais moi, je n'ai jamais démissionné du parti.
J'avais manifesté mon mécontentement contre ceux qui nous avaient illégalement remplacé par d'autres sur la liste des membres du comité central du PDG représentant le parti à Ntoum. A partir du moment où on nous met dehors on nous écartait donc du parti. Le Mouvement Soleil a, depuis 1996, pris du volume sur le terrain et marqué sa présence à Ntoum.