L'opposition regroupés au sein du Haut conseil de la résistance (HCR) s'est prononcée le week-end écoulé sur la signature de la trêve sociale et le ralliement de certains des partis qui la composaient à la majorité présidentielle.
A l'occasion de la célébration de la fête du travail; cinq partis de l'opposition regroupés au sein du Haut conseil de la résistance, se sont retrouvés, le week-end écoulé au siège du Mouvement socialiste pour l'émancipation du peuple (MESP) à Akébé-poteau.
Il s'agissait du Forum africain pour la reconstruction (FAR), le Parti gabonais du progrès (PGP), l'URDP, le MORENA originel et le (MESP). Ces partis qui se réclament de l'opposition radicale ont organisé un point de presse qui était axé essentiellement sur la signature de la trêve sociale entre le gouvernement, le patronat et les partenaires sociaux intervenue en septembre 2003, il y a huit mois de cela, et le ralliement à la majorité présidentielle de quelques-uns des partis de l'opposition. On notait cependant l'absence au cours de ce point presse de l'Union du peuple gabonais (UPG) de Pierre Mamboundou.
Le message du HCR, par la voix de Movang Mbadingue, adressé tout particulièrement aux nombreux travailleurs gabonais, était de confirmer l'engagement que poursuivent les partis de l'opposition dans la lutte pour la libération sociale du Gabon.
PIÈGE JUTEUX. Tout en rappelant aux uns et aux autres que les partis politiques de l'opposition, en dépit de leurs particularités, se sont retrouvés en 2003 pour entreprendre des actions communes sur des questions d'ampleur nationale, notamment en ce qui concerne la révision de la constitution.
Invité à se prononcer sur la trêve sociale, le président du MESP a qualifié de grave problème la signature de cet accord dont le but est de «liquider les acquis sociaux des travailleurs». Mouang Mbadingue affirme que, malgré la lutte de la classe ouvrière pour la conquête des droits sociaux, qui date de la fin du XVIIIe siècle, la route est encore longue et pénible du fait, tout au long de son déroulement, de l'organisation du patronat à «ronger, rogner, voire liquider chaque fois que l'occasion se présente tout le produit de la lutte ouvrière.» Le président du MESP suggère toutefois que «pour éviter que les avancées sociales soient remises en cause, il faut qu'il existe un contre- pouvoir syndical fort.»
Tous les partis n'ont, semble t-il, pas été de concert sur cette question, pas plus qu'ils ne l'ont été en ce qui concerne la trêve politique tacite, mais au nom de laquelle le président du MESP pense que « de nombreux partis politiques même se réclamant de l'opposition vont tomber dans le piège juteux de la majorité présidentielle.»
Cette transhumance massive des partis vers la majorité présidentielle est qualifiée de «ralliement alimentaire» par le président du MESP qui espère, en revanche, qu'il existera toujours quelques partis résolus à lutter pour le changement. Et le peuple a été convié à soutenir les actions de ce regroupement politique qui croupit aujourd'hui dans la confidentialité la plus absolue.