La Cour constitutionnelle du Gabon a diffusé jeudi un rappel à l'ordre sur les préparatifs des élections législatives des 9 et 23 décembre, récemment critiqués par l'ensemble de l'opposition gabonaise.
La plus haute juridiction gabonaise a notamment rappelé les principes relatifs aux réclamations concernant les listes, à la délivrance des cartes d'électeur, ainsi qu'à celle des procurations.
"Compte tenu des abus constatés dans la délivrance des procurations lors des précédentes consultations électorales, abus susceptibles de porter atteinte à la sincérité du scrutin, la Cour recommande à la Commission nationale électorale (CNE) d'observer une extrême rigueur dans la délivrance de ce document", indique un communiqué de cette juridiction.
La distribution des cartes d'électeurs, qui a déjà commencé dans la capitale Libreville, "doit être terminée dans les délais légaux", prévient la Cour, affirmant que "dans tous les cas, aucune liste additive ne sera ouverte ni aucune carte d'électeur délivrée le jour du scrutin".
Ces "rappels" de la Cour constitutionnelle interviennent quelques jours après l'ouverture par l'opposition d'une polémique sur la question des listes électorales.
Une quinzaine de partis d'opposition ont dénoncé samedi le "gonflement" de ces listes qui font apparaître, selon eux, un collège électoral de 778.000 électeurs (hommes et femmes de plus de 18 ans) pour une population de seulement 1.048.000 personnes.
Le gouvernement, accusé par ces mêmes partis de vouloir "manipuler" le fichier électoral "pour s'assurer la pérennité au pouvoir", a vivement critiqué la "mauvaise foi" de l'opposition lors d'une conférence de presse organisée lundi par le Premier ministre Jean-François Ntoutoume-Emane.
Ce dernier a toutefois reconnu des "imperfections" dans les opérations de préparation des législatives, notamment à propos des listes électorales, mais sans contredire le chiffre avancé par l'opposition sur le nombre d'électeurs officiellement inscrits.
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