Loin d'exploiter les querelles qui minent le clan présidentiel, l'opposition gabonaise, elle aussi affaiblie par les divisions, a choisi d'adopter un profil bas. Chez les Bûcherons du père Mba Abessole par exemple, on a préféré opter pour la démocratie conviviale plutôt que pour « l'invective et la diffamation ».
Opposant historique d'Omar Bongo, le maire de Libreville sera lui-même candidat dans le 2e arrondissement de la capitale, là où en 1990 et 1996 il défia sans succès l'actuel Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane. Reconduit début octobre à la tête du Rassemblement national des Bûcherons/Rassemblement pour le Gabon (RNB/RPG) pour trois ans, il va enfin pouvoir mesurer les conséquences de la scission consécutive à la candidature de Pierre-André Kombila à l'élection présidentielle. Ex-numéro deux du Rassemblement, celui-ci avait alors choisi de prendre ses distances du « père-maire », accusant Abessole d'avoir abandonné l'idée de l'alternance pour se contenter de la mairie de Libreville. Au-delà de la gestion municipale, le RNB doit néanmoins se garder d'une ligne trop conciliante avec la majorité présidentielle à l'approche des législatives. Au risque de décevoir l'aile dure de son électorat.
Ailleurs, l'ambiance n'est pas plus saine. Ainsi, l'affaire Houangni, du nom de l'ex-maire de Port-Gentil, a contribué à ternir l'image du Parti gabonais du progrès (PGP). L'ancien maire de Port-Gentil, Marie-Augustine Houangni Ambouroué, a été démis de ses fonctions le 18 octobre 2000 après l'exclusion prononcée par son mouvement au mois d'août précédent. Le président du PGP, Me Pierre-Louis Agondjo Okawe, a profité de l'occasion pour se faire élire par le conseil municipal de Port-Gentil à la place de Mme Houangni. La législation gabonaise proscrit en effet le « vagabondage politique » et prévoit que l'exclusion d'un élu par le parti sous la bannière duquel il a été élu entraîne automatiquement la déchéance de son mandat. Cette affaire risque à terme de porter ombrage au PGP, deuxième force politique de l'Assemblée, avec sept élus. Évincée pour « indiscipline et dérive tribaliste », Marie-Augustine Houangni Ambouroué a créé son propre parti, l'Alliance des républicains pour le développement (ARD), et envisage de briguer la place de député du 2e arrondissement de la capitale pétrolière du Gabon. Jean-Dominique Geslin
ÉCLAIRAGE
Dans les délais. L es élections se tiendront-elles à la date prévue ? Cette question a l'air d'inquiéter Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour constitutionnelle du Gabon. Celle-ci s'est en effet souciée du retard pris dans les préparatifs du scrutin. Elle a même cru bon de rappeler que les deux tours des législatives doivent obligatoirement se dérouler avant l'expiration du délai constitutionnel du 27 décembre 2001. Au moment où l'on parle de plus en plus de report, la Cour s'inquiète de la contestation des listes électorales : « Nous continuons d'enregistrer des récriminations des partis politiques et des citoyens sur la manière dont les listes ont été confectionnées », a déploré sa présidente.
Jean-Dominique Geslin
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