Quinze partis de l'opposition politique gabonaise ont dénoncé samedi les risques de "fraudes électorales" au regard des préparatifs des législatives, prévues les 9 et 23 décembre prochains, a constaté un journaliste de l'AFP à Libreville.
Ces partis ont en particulier dénoncé, lors d'une conférence de presse, "le gonflement" des listes remises par le ministère de l'Intérieur à la Commission nationale électorale (CNE) du Gabon le 31 octobre.
Ces listes font apparaître, selon eux, un collège électoral de 778.000 électeurs - hommes et femmes de plus de 18 ans - pour une population d'environ 1.048.000 personnes, soit un rapport de 74,23% jugé "absurde".
"A cette volonté de manipulation, le gouvernement ajoute les violations graves de la loi et le blocage de moyens dont la CNE a besoin pour travailler", ont-ils ajouté.
L'opposition a notamment regretté le non-respect des délais prévus par le code électoral comme l'affichage des listes électorales dans les bureaux de vote (60 jours avant le scrutin) ou la publication officielle du décret fixant les dates définitives des législatives (31 jours avant le scrutin).
"Nous allons saisir la Cour constitutionnelle", a expliqué à l'AFP le président de l'Union du Peuple gabonais (UPG), Pierre Mamboundou, l'un des membres de cette coalition de l'opposition.
"Nous demandons à revoir les listes électorales et à redéfinir des dates pour le scrutin en accord avec la loi", a-t-il ajouté.
Devant les retards pris dans l'organisation des législatives, la CNE avait déjà dû repousser d'une semaine les dates des deux tours de scrutin, annoncé à l'origine par le gouvernement pour les 2 et 16 décembre, rappelle-t-on.
Ce report, jugé insuffisant par l'opposition, prenait en considération la Constitution qui pose le 27 décembre 2001 comme date-butoir pour le renouvellement des 120 sièges de l'Assemblée nationale.
Les partis de l'opposition ont toutefois menacé samedi, "au cas où tous les manquements constatés n'auraient pas trouvé d'issue favorable, de ne pas prendre part à ces échéances (électorales) et de tout mettre en oeuvre pour les empêcher".
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