L'instauration du non cumul est la nouvelle donnée à prendre en compte par les états-majors pour affiner leurs stratégies.PRÉVISIBLE en raison des difficultés observées et surtout l'impossibilité technique d'organiser correctement les élections locales qui devaient se tenir avant le 5 décembre prochain, le report de cette consultation électorale a été bel et bien décidé par le gouvernement lors du dernier Conseil des ministres du mardi 12 novembre 2002.
Le renouvellement des conseils départementaux et municipaux aura lieu le dimanche 29 décembre, soit quasiment deux semaines plus tard que ne l'avait envisagé la Cour constitutionnelle.
Le calendrier électoral soumis à ce pan de l'Exécutif par le ministre de l'Intérieur, Idriss Ngari, fixe la date limite de dépôt des candidatures à cette élection au 24 novembre prochain et la campagne électorale lancée le samedi 14 décembre sera close le samedi 28 du même mois.
Le changement de calendrier rendu public, au terme de plusieurs heures de travaux placés sous la présidence chef de l'Etat, Omar Bongo semble avoir été bien accueilli par les formations politiques et par les responsables de la Commission nationale électorale (CNE), principaux acteurs de cette consultation électorale dont le président de la République lui-même souhaite faire un exemple de scrutin transparent dans l'histoire électorale de notre pays.
Au niveau des formations politiques, ce report de deux semaines environ par rapport à la date butoir initiale, tombe à point nommé, car il sera sans aucun doute mis à profit par les états-majors politiques pour affiner leurs tactiques et plus généralement leurs stratégies électorales. Et présenter à fa tête des Conseils municipaux et départementaux des hommes politiques neufs, "aux casiers judiciaires politiques vierges".
CORRECTIONS • Ce d'autant plus que dans certaines formations, la donnée nouvellement introduite avec le non cumul des mandats et des fonctions n'avait dans la plupart des cas pas été prise en compte.
Même si dans les principaux partis tels que le Parti démocratique gabonais et le Rassemblement national des bûcherons, tendance Paul Mba Abessole, la stratégie arrêtée par l'une et l'autre formation était de décourager ceux tentés par le cumul de fonctions et de mandats, en précisant que le fait de conduire une liste n'entraînait pas, de facto, la désignation à la tête d'une collectivité locale.
Toujours est-il que l'agitation qui avait gagné de nombreux candidats non encore investis officiellement, surtout au PDG, avait fini par semer la confusion dans les esprits et susciter une sorte de campagne avant la lettre que l'on vit depuis peu, surtout à Libreville.
Depuis le dernier Conseil des ministres et sur directives précises du président de la République, les prétendants actuels aux différents sièges de maire, maire-adjôint présidents et vice-présidents des conseils départementaux et par ailleurs, élus au Parlement ou ministres, devront revoir leurs ambitions respectives. Ils sont contraints; de faire le choix entre leur mandat de parlementaire, d'élu local et leur fonction gouvernementale.
Du coup, il y a au niveau de la plupart des partis comme une redéfinition des approches en vue de ces élections locales. Au PDG, principale force politique au sein de laquelle s'expriment davantage ces ambitions et où l'on enregistre le plus de cumulards, on devra s'employer dans cette perspective à porter des corrections aux listes déjà arrêtées.
De même, la période qui reste devra être mise à profit pour régler un certain nombre de problèmes autour du choix de certaines têtes de listes, notamment dans l'Estuaire et dans plusieurs autres localités de l'arrière-pays.
Au terme des premières rencontres organisées dans différentes fédérations, régnions au cours desquelles des militants et hauts cadres du parti devaient être désignés sur la base de la note 'orientation de l'appareil dirigeant du PDG, le consensus qui devait marquer ces choix n'a guère été obtenu dans plusieurs localités.
Une situation qui a malheureusement soulevé de vives critiques, voire des contestations aussi bien dans plusieurs arrondissements de Libreville, Owendo, à Cocobeach, Ntoum, Kango, quedans d'autres localités, a reconnu un responsable du secrétariat exécutif sous le sceau de l'anonymat.
En effet, certains cadres du parti mandatés par les instances dirigeantes du PDG pour conduire les discussions, semblent, selon certaines sources, avoir choisi cette occasion pour "régler des comptes", "écarter certains militants et cadres qui pouvaient prétendre à une élection au Sénat". En somme, ils se seraient illustrés par "un goût poussé pour le clientélisme politique" dans l'élaboration des listes que dénoncent plusieurs pédégistes.
La donne introduite d'abord avec le report, puis l'idée du non cumul lancée par le président Omar Bongo et qui doit se matérialiser dans la perspective du vote prochain, offre manifestement l'occasion aux leaders des différentes formations politiques de recentrer les choses et d'apaiser les tensions et autres frustrations suscitées autour de choix jugés non consensuels par de nombreux militants qui adhérent avec force et enthousiasme à l'injonction présidentielle.