Jean-Louis Messan a pris le temps nécessaire à l'organisation d'une élection transparente, crédible et acceptée par tous les acteurs.
CONFRONTÉ depuis sa prise de fonction officielle au respect du calendrier de préparation des locales, le président de la Commission nationale électorale, Jean-Louis Messan, dispose dorénavant après le report des élections au 29 décembre proccain, du temps nécessaire pour répondre au souhait émis par la classe politique nationale de parvenir à une élection juste et transparente.
Le nouveau calendrier concocté par ses soins en raison du cas de force majeur qui s'est à nouveau imposé du fait de l'impossibilité pour la CNE d'organiser le vote dans des conditions efficientes, a été approuvé mardi dernier par le gouvernement qui, de son côté, s'est charge de saisir la Cour constitutionnelle.
A partir de ce moment, plus rien ne s'oppose désormais du seul point de vue des délais à ce que cet organe au sein duquel siègent les représentants de la majorité, de l'opposition, et ceux des ministères techniques, organise correctement cette consultation électorale tant attendue.
Celle-ci plus que les autres, par le mode de scrutin a la proportionnelle, peut permettre aux forces politiques dont les listes franchiront la barre des 10%, d'être représentées au sein des Conseils municipaux et départementaux et par voie de conséquence, d'être impliquées dans la gestion d'une collectivité locale. Ce scrutin, faut-il le rappeler, permet d'assurer une représentation plus large des partis politiques, dessine la carte politique réelle d'une localité et permet de juger de la force de chaque parti sur le terrain.
Si du côté financier, les attentes se font pressantes en ce sens que le financement de cette consultation, notamment son organisation est tributaire en partie du déblocage à temps des fonds alloués à ce volet, les premières actions initiées depuis lors (séminaire de formation, déplacement, installation des présidents des démembrements locaux, etc) devraient favoriser une meilleure lisibilité dans ce qui se fera dans la perspective du vote.
CHALLENGE • Le report obtenu sans nul doute après l'analyse des différentes phases préjudicielles (retrait des fiches,, dépôt, examen des candidatures, impression des bulletins, etc) à la convocation du collège électoral la fin de l'année 2002, a nécessairement donné aux dirigeants de la CNE, toute la mesure de la mission et de la tâche assignées à l'institution chargée de l'organisation de cette consultation électorale. C'est un véritable challenge pour Jean-Louis Messan.
De ce point de vue, cet organe jusque-là déchiré par une affaire jugée inutile autour de la présence des représentants du Parti social démocratique (PSD), que lui conteste ou contestait, l'opposition radicale, n'a d'autre alternative que de réussir le pari de la transparence très souhaitée par les acteurs politiques. Lesquels, pour y parvenir, n'avaient pas hésité, à l'initiative du président Omar Bongo, de changer le dispositif électoral en modifiant plusieurs articles du Code électoral devenu désuet et anachronique par rapport à l'idée nouvelle qu'ils se font du jeu électoral.
Le président Jean-Louis Messan, dont la désignation avait été perçue dans les milieux politiques comme une avancée majeure de cette volonté partagée de transparence, semble dorénavant avoir en main toutes les cartes pour répondre à cette exigence.
Après les magistrats placés au lendemain des Accords de Paris au cœur des processus électoraux, avec les résultats mitigés que l'on a enregistrés, nul doute qu'aucune concession ne lui sera faite à la suite de ce report. Le renvoi de l'échéance à quasiment 15 jours de plus devra nécessairement être mis à profit pour la réalisation des différentes phases en vue de la tenue de cette élection. Les membres de la CNE ont donc l'obligation de réussir cette opération.