Paul Biyoghé Mba et Me Louis-Gaston Mayila, se sont heurtés au "niet" inflexible du PDG. Dont les gros bataillons devaient composer l'essentiel des troupes de cette UMP à la gabonaise.
DEPUIS de longs mois déjà, et encore plus avec l'approche des futures élections locales et sénatoriales, le destin des petits partis politiques formant avec le Parti démocratique gabonais la nébuleuse de la majorité présidentielle nourrit les débats au sein de ce regroupement de formations dont les leaders proclament urbi et orbi soutenir l'action politique du chef de l'Etat sur le terrain.
Deux de ces partis, notamment le Mouvement commun de développement (MCD), de Paul Biyoghé Mba, l'actuel ministre des Petites et Moyennes entreprises, et des Petites et Moyennes industries, et le Parti de l'unité du peuple (PUP), du populiste Me Louis-Gaston Mayila, le président du Conseil économique et social (CES), préoccupés par les prochaines joutes électorales, ont particulièrement soutenu ce débat.
Officiellement, on a appris que la question débattue portait sur le volet des listes communes que certaines formations ont tenté en vain de voir constituer depuis toujours au 1er tour des élections législatives, ou des listes comme celles qui verront se renouveler bientôt les Conseils départementaux et municipaux.
Mais officieusement, il s'est agi de la tentative du MCD et du PUP de jouer les défenseurs des pseudo-partis manquant d'assise sur l'échiquier national, incapables de peser sur le débat politique, et sans alternative à proposer sur la conduite des affaires du pays par le gouvernement, alors qu'il y a beaucoup à dire sur la crise économique qui frappe les plus démunis.
En fait la discussion porte sur leur idée de voir se créer un grand parti de la majorité présidentielle autour du président Omar Bongo. Ce projet que les deux hommes politiques opiniâtres soutiennent, a effectivement donné lieu à de houleux échanges dans les coulisses de la majorité sans toutefois être porté au niveau de la presse du pays qui s'en serait fait l'écho.
Et comme il n'est jamais trop tard pour en parler, on a appris seulement hier dans l'entourage de ces deux leaders, sans qu'on ait néanmoins réussi à joindre l'un et l'autre pour confirmation, que justement le MCD et le PUP auraient envisagé de s'autodissoudre pour se diluer désormais au sein du PDG. Telle que présentée, en revanche, cette information a été confirmée par une source "autorisée" qui a requis l'anonymat, précisant encore une fois que ce débat est passé inaperçu du grand public.
MORT-NÉ • Sans s'attacher aux détails dans l'entretien qu'il nous a accordé, la même source digne de foi a expliqué que les dirigeants de ces deux partis ont tenté de persuader les responsables du PDG bien-fondé de leur démarche visant à réintégrer l'ex parti unique.
A l'en croire, il semble que ce projet soit loin de séduire les pedégistes - c'est le moins qu'on puisse dire- . Qui plus est, il est à parier que si l'élite partage cette idée, la base, elle, a de fortes chances de s'y opposer. Certains cadres interrogés estiment, à raison, qu'à leurs yeux le PUP et le MCD sont considérés comme des dissidents, et que s'ils ont une "démarche sage" à faire c'est de venir battre leur coulpe en admettant qu'ils se sont fourvoyés.
Autre chose qui révolte les militants pédégistes, outre le fait que ce projet à ambition fédératrice est en fait un moyen de survie politique pour la kyrielle de petits partis en mal d'idées novatrices et de moyens humains et financiers, c'est qu'en plus les "pères" de ce projet calqué sur le modèle de la droite française avec l'UMP (Union pour un mouvement populaire) ont posé certaines conditions. Qui ont été qualifiées d'inacceptables par leur partenaire.
Ainsi, selon le schéma qu'ils ont dessiné, il y aurait une personnalité, dont le profil politique n'a pas été défini avec précision pour assumer les fonctions de président au sommet de l'appareil, sans que l'on sache le mode de son choix, alors que les postes de vice-président et co-vice-président de ce grand Parti doivent leur échoir. Visiblement, cette approche n'a pas rencontré le consensus de la partie pédégiste.
Au PDG ce n'est pas tant l'avenir tel qu'imaginé par le PUP, le MCD et les autres partis qui provoque et entretient le malaise, mais bien plutôt l'analyse de la situation présente. Nombre de militants pédégistes se demandent, en effet, ce qui fait courir "tous ces dissidents" désireux de revenir à la case départ et qu'est-ce qu'ils représentent, effectivement, en terme de mobilisation sur le terrain ?
Avant que les prochaines élections n'apportent quelques éléments de réponse à ces interrogations, on considère pour l'instant au PDG ce projet comme mort-né.