Dans une déclaration du Bureau exécutif, ce parti, qui entend préserver son identité, déclare s'allier à ce groupement politique "dans l'optique de la mise en place d'un cadre permettant le rassemblement le plus large possible des partis politiques (…)".
LES choses s'accélèrent sur l'échiquier politique national. Quatre jours tout juste après le PUP et MCD qui se sont sabordés pour se fondre dans le PDG, le tour est revenu hier dimanche 24 novembre au Parti gabonais du Centre indépendant, dirigé par Jérôme Okinda, de se rapprocher du groupement politique qui soutient la politique du chef de l'Etat Omar Bongo.
Dans une déclaration signée de son président, le Bureau exécutif réuni les 16, 17 et 18 novembre 2002, "après discussion avec le président de la République depuis plusieurs mois, le PGCI, tout en préservant son identité, choisit librement de s'allier à la majorité présidentielle".
Cette décision de ralliement de ce parti qui siégeait encore tout dernièrement avec l'opposition a été prise " dans l'optique de la mise en place d'un cadre permettant le rassemblement le plus large possible des partis politiques et des associations soucieuses de renforcer la stabilité du pays ".
Le PCGI, dont le secrétaire général est Jean-Pierre Lemboumba Lépandou, explique son choix par une prise de conscience de ce que "l'évolution des institutions, la compétition politique et l'alternance reposent sur la participation la plus large des différentes forces de la Nation à la gestion des affaires publiques".
Pour ce faire, jouissant pleinement de sa liberté, il a décidé de rejeter l'intolérance et d'œuvrer pour l'entente, la solidarité entre Gabonais de tous horizons, afin de maintenir le climat de paix, de concorde et de justice sociale. Cela, convaincu tout autant que la solution à la crise économique qui s'installe dans le pays requiert la mobilisation de tous et le respect des engagements financiers internationaux souscrits par notre pays, lit-on dans le document.
La décision prise par l'organe directeur de ce parti qui s'est réuni, il y a une semaine, fait suite à un examen approfondi de la situation politique, économique et sociale du pays, et après une analyse sérieuse des relations que le Gabon entretient avec la France et les Etats-Unis, en raison, expliquent les dirigeants du PGCI, "de leur impact dans la vie de notre pays". C'est donc dans ce contexte que le Bureau exécutif a décidé d'infléchir la ligne politique du parti qui se présentait comme étant du centre et d'opposition modérée.
En effet, depuis sa création, argue le Bureau exécutif, cette formation politique placée dans la mouvance de l'opposition, avait défendu les valeurs démocratiques et l'unité nationale, milité pour l'Etat de droit et le respect des institutions de la République. Toutes choses qui l'ont amené à participer aux différentes consultations électorales en dépit des difficultés de tous ordres et avec des fortunes diverses, car représenté dans les conseils municipaux et départementaux.
Face à la lente mais irréversible évolution du processus démocratique dans les pays africains, l'instabilité entretenue dans la sous-région de l'Afrique Centrale, instabilité génératrice de violences et de misère, précise le communiqué, le PGCI estime ne pas devoir rester insensible et est interpellé. Car, la fragilité de notre démocratie, "nous oblige à nous mobiliser davantage afin de consolider les acquis dans le domaine politique", conclut le Bureau exécutif de ce parti.