Entérinée ipso facto par le Bureau politique du parti, le retour en son sein de ces deux partis et leurs dirigeants n'a pas fait l'objet d'un large débat parmi les pédégistes..
RÉSERVER le meilleur accueil aux responsables du Parti de l'unité du peuple, conduits par son leader Me Louis-Gaston Mayila ainsi qu'à ceux du Mouvement commun de développement, en particulier son président Paul Biyoghé Mba, accepter à leurs côtés les militants de ces deux formations politiques: tel est résumé en quelques mots le message du Secrétariat exécutif du Parti démocratique gabonais, lancé par le secrétaire général adjoint, Porte-parole du parti, Réné Ndémezo Obiang, à l'adresse des militants et des structures de base du parti, après l'annonce de la décision des instances dirigeantes du PUP et du MCD de rallier l'ancien parti unique.
Tel est surtout l'exercice de pédagogie répétitive auquel a tout de suite commencé à se livrer à l'issue de la réunion extraordinaire du Bureau politique, jeudi 20 novembre, la hiérarchie du PDG, -via son Secrétaire général adjoint, pour persuader pendant toute la période électorale et jusqu'à une bonne période au-delà des élections locales et sénatoriales, ses militants, de la pertinence de cette nouvelle alliance.
Visiblement, le Secrétariat exécutif du PDG cherche à susciter encore l'adhésion collective de la base à l'acte politique majeur des instances du parti qui ont entériné, sans hésiter un seul instant, la double décision prise par les dirigeants du PUP et le MCD de se diluer dorénavant dans leur famille politique.
Assurément, il ne fait l'ombre d'aucun doute, que la solidarité exigée des militants pour que ces derniers s'approprient la décision du Bureau politique extraordinaire, sera obtenue. Mais ce message délivré en direction des militants traduit d'une certaine façon le contexte particulier dans lequel cette importante réunion du Bureau politique convoquée urgemment au sommet s'est déroulée.
Selon toute vraisemblance; cette fusion-absorption semble ne pas avoir fait en tant que tel l'objet d'un large débat au sein du PDG, d'où l'obligation du Secrétariat exécutif de rassurer encore une fois la base pour lui faire comprendre lés enjeux réels de cette décision.
SCÉNARIO MÛRI • D'après les premières réactions glanées tout au gong du week-end écoulé parmi les militants, et même certains hiérarques du parti, la grande majorité de ces personnes disent ne pas avoir d'autre choix que d'y adhérer, et que d'ailleurs ils n'ont guère été placés devant une alternative concernant ce projet de fusion avec le PUP et le MCD pour se fondre dans le PDG. Au vu de la rapidité avec laquelle les choses se sont passées, le temps a effectivement manqué pour engager le débat qui s'imposait en réalité.
Qu'à cela ne tienne, ce qui aurait alors pu poser problème c'est le fait que les conditions du retour des ces deux partis considérés comme des "dissidents" de leur parti n'ont pas donné lieu à des discussions largement partagées au sein du PDG ni entre ce parti et les deux autres formations politiques. concernées. A ce sujet, en effet, intervenant à l'approche des prochaines élections locales et sénatoriales, il est évident que cette fusion-absorption conduira à revoir la stratégie électorale déjà échafaudée par le PDG.
En vérité, cette perspective préoccupe l'immense majorité des militants de base à qui on a enjoint de faire de la place à ces "néo-militants", et on peut craindre dès lors que cela puisse susciter des grincements de dents au sein de la base qui n'a pas été suffisamment sensibilisée: Ni informée dans les détails sur le retour parmi eux de ces "camarades" qui avaient cru bon de quitter d'abord le navire dans les moments difficiles de l'après Conférence nationale de 1990.
Dans ce contexte, moins que le simple message demandant de bien accueillir en leur sein les anciens militants du PUP et du MCD, il est nécessaire que l'élite pédégiste aille expliquer avantage le sens réel à donner à ce ralliement aussi inattendu que soudain, au risque d'entamer la motivation des militants traditionnels sceptiques à l'idée de se souvenir de la désertion u'avait opérée autrefois déjà les deux anciens chefs du PUP et du MCD.
En outre, les craintes des pédégistes sont ravivées par le spectre à leurs yeux qu'une fois les élections locales et sénatoriales terminées; une autre réunion extraordinaire du Bureau politique ne soit convoquée et ne décide d'une recomposition du paysage politique. De source sûre, on a appris qu'ils redoutent d'autant plus cette issue qu'au cours de la réunion du Bureau politique, jeudi dernier, cette idée était dans l'air.