Absent de la scène politique nationale, le parti que dirige Gaston Noël Mboumbou Ngoma aura fort à faire pour conserver ses acquis.
L'ALLIANCE démocratique et républicaine (ADERE), formation de la, majorité présidentielle, jusque-là murée dans le silence depuis les dernières élections législatives 2001, a effectué une sortie sur fond d'inquiétude à l'approche des joutes électorales à la faveur de l'audience que le chef de l'Etat, Omar Bongo, a accordée à la hiérarchie de ce parti.
Il y a très longtemps, en effet, que les responsables de ce parti que dirige statutairement Gaston Noël Mboumbou Ngoma, et auquel appartient le vice-président dé la République, Didjob Divungi Di Ndinge, n'avaient été vus en grande pompe, comme cela a été le cas face au président de la- République lors d'une rencontre dominée par-les questions politiques, notamment les élections locales du 29 décembre 2002.
Signes évidents à un mois du renouvellement des assemblées locales d'une prise de conscience réelle des enjeux de ce scrutin et surtout autour de l'avenir de ce parti politique sur l'échiquier politique national. Un avenir qui s'inscrit en pointillés d'autant plus que l'électorat de base de cette formation politique a perdu de la voix sur le terrain politique.
Les leaders de l'Adère ont conscience de ce que les élections locales de fin décembre prochai, devront dessiner une nouvelle et réelle carte politique locale du pays. et vont davantage déterminer les capacités réelles de chaque formation politique. Bref, que l'on s'achemine vers une nouvelle recomposition du paysage politique du pays.
Pour ce faire à l'unanimité on reconnaît dans plusieurs familles politiques, y compris l'Adère, que les résultats qui seront obtenus lors du prochain scrutin détermineront l'existence durable des formations désireuses de marquer leur présence au devant de la scène politique. Par conséquent, le choix des candidats devant conduire les listes du parti à cette élection sera décisif, ce sur quoi tout le monde au sommet du parti s'est entendu.
FIGURATION. Aujourd'hui, avec six élus au Parement, dont trois en décembre dernier à l'Assemblée nationale (Frédéric Massavala Maboumba (Tsamba Magotsi), René Badinga-Mouanda (La Mouga-Nyanga), Maurice Sisso (Ndougou Ogooué-Maritime) et trois autres (Vincent Mavoungou, Mbumb'King, Jean-Paul Manfoumbi) en fin de mandat au Sénat, la bataille prochaine engagée au sein de cette formation politique sera de maintenir les acquis ou alors de renforcer ses positions par le nombre de conseillers au sein des Collectivités locales.
Plus précisément, au sein. des Conseils départementaux et municipaux sortants, l'Adère compte aujourd'hui au total 84 représentants répartis dans le MoyenOgooué, la Ngounié, la Nyanga, l'Ogooué-Lolo et I'Ogooué-Maritime.
Ce parti politique dirige le conseil municipal de Mouila depuis le scrutin de 1996 au cours duquel avait été élu à la mairie, Didjob Divungi Di Ndinge, à l'époque une figure de l'opposition avant son ralliement, ou plutôt son retour, et celui de son parti dans le giron présidentiel.
Six ans après la dernière élection locale, au siège du parti de l'Alliance démocratique et républicaine, boulevard Léon Mba, la multiplication des réunions pourrait laisser penser qu'ils ont bien conscience que la donne actuelle ne leur est pas favorable au vu de leurs résultats sur le terrain. Une situation causée par l'éloignement manifeste des instances du parti sur le terrain, où ils ont perdu leurs attaches, en même temps que d'autres se sont laissé germer dans leur tour d'ivoire, délaissant totalement les militants. Gagnés par le désespoir, lassés de travailler sans espoir d'être rétribués dignement, plusieurs militants se sont résignés.
STRATÉGIES •A l'approche des élections, dans une ville comme Mouila autrefois son fief, le parti n'a plus pignon sur rue. Dans cette localité naguère frondeuse, l'Adère est véritablement en perte de vitesse. Ce parti politique a perdu le siège de députe que détenait son secrétaire général, Didjob Divungi Di Ndinge, élu député-maire aux législatives de 1996. Son candidat dans le chef-lieu de la province de la Ngounié, Ferdinand Moukagni Nzamba avait fait de la figuration aux législatives de décembre 2001, sorti sans gloire dès le premier tour avec 19,46% des voix dans une élection à haut risque et au bout de laquelle l'indépendant Norbert Diramba avait été élu lors d'un "3e tour".
La défaite du candidat du parti dans cette localité avait été ressentie comme étant celle des dirigeants l'ayant investi les yeux fermés, au seul motif qu'il a de gros soutiens en leur sein, alors que selon certains hauts cadres de l'Adère, le candidat était dépourvu de charisme.
Aujourd'hui, l'Adère est toujours à la recherche d'une personnalité qu'elle n'a pas façonnée, apte à prendre la relève de son secrétaire général dans cette ville que ce parti tient à conserver dans un mois en se lançant sérieusement, dans la bataille électorale avec des hommes que l'on espère représentatifs dans cette localité.
A la veille du vote prochain, c'est tout naturellement pour, faire face à la nouvelle donne que les leaders de l'Adère échafaudent les stratégies et s'emploient d'une part à mobiliser les troupes et, d'autre part, à activer les poches d'alliances qui pourraient être tissées conformément à la Charte de la majorité qui engage la vingtaine de partis qui soutiennent l'action et la politique du chef de l'Etat.
Gaston Noël Mboumbou Ngoma, interrogé au sortir de la présidence de la République, a tenu à rappeler l'importance que son parti attache au jeu des alliances, d'autant que ces accords avaient permis à sa formation politique de se hisser au niveau qui est le sien aujourd'hui et d'élever d'autres candidats de partis "alliés" à la tête des Conseils et, par la suite, au Sénat..