PRÉCÉDEMMENT nommé par le président de la République, ministre délégué, auprès du ministre d'Etat en charge de l'Agriculture, de l'Élevage et du Développement rural, mardi 12 novembre, François Engongah Owono, devient le 40e membre du cabinet Ntoutoume Emane II. Et se trouve du coup, sous les feux de nos projecteurs.
Nombreux sont les observateurs et les pythonisses du microcosme politique qui ne prédisaient pas le retour aux affaires du secrétaire national du Parti démocratique gabonais, chargé du contentieux, du contrôlé de la discipline et des élections (depuis 1995), après son élection à l'arraché à Oyem, avec 50, 21% des suffrages aux Législatives de décembre 2001. Sa nomination a donc comme un goût de revanche sur ces "amis qui ne lui veulent que du bien".
Pour le néo-député d'Oyem et ses fidèles partisans, leur pari de pouvoir retourner aux affaires pour représenter l'ensemble de la commune d'Oyem est gagné.
Ceux qui, hâtivement, au soir de la composition de l'actuel gouvernement, dimanche 27 janvier 2002, notaient que pour la première fois un élu estampillé PDG, authentique natif de cette ville aux relents frondeurs ne figurait pas sur la liste, contrairement à la tradition établie dans le pays, s'étaient simplement empressé d'oublier qu'en politique il n' y a pas de principe intangible, comme en mathématique, il n'y a pas de règle sans exception.
Ne disait-on pas aussi que cette "absence" résultait des conséquences de l'affrontement presqu'au couteau ayant précédé l'élection à l'Assemblée nationale de François Engongah Owono, depuis le face à face incertain pour l'investiture du PDG, l'ayant opposé jusqu'à la dernière minute au député sortant, l'ancien ministre "impopulaire", Fabien Owono Essono ?
Ce dernier s'était retiré finalement de la course aux législatives à la suite de l'arbitrage du président-fondateur du parti qui avait dû peser de tout son charisme pour le faire céder. Pour autant, le résultat obtenu au bout du compte, on le voit bien, prouve à tout le moins que c'était une victoire à la Pyrrhus. Dans ce contexte post-électoral, où de toute évidence cette lutte sans merci avait ouvert des plaies que seul le temps devait panser, toute cette agitation n était pas de bon augure, et les plus hautes autorités du pays, à commencer par le président de la République, Omar Bongo, le savaient pertinemment. On le voit enfin, cette décision est bel et bien un acte politique fort et mûrement réfléchi et un message adressé aux Oyémois, destine à leur "renvoyer l'ascenseur".
Gageons qu'à 57 ans, pour celui que les siens se plaisent à présenter comme le "défenseur du Woleu-Ntem", également connu pour être volontiers gouailleur et "polémique" face à ses adversaires, c'est enfin l'envol durable d'une carrière politique qui s'annonçait au départ prometteuse.
Il y a douze ans, en effet, le nouveau membre du gouvernement avait connu un début d'ascension: comme secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Aménagement du territoire, Zacharie Myboto, dans le premier gouvernement de Casimir Oyé Mba (mai-novembre 1990), puis secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Équipement et de la Construction après le remaniement gouvernemental d'après les législatives de novembre 1990. En juin 1991, ce fut son départ du gouvernement. Sept ans plus tard, il revient aux affaires en qualité de ministre délégué à l'Agriculture.
Ce département ministériel est en proie à des difficultés de tous ordres. Alors que l'objectif d'accroître la production en quantité et en qualité, via l'amélioration des techniques de production des paysans reste un vœu pieux, de même que la sécurité alimentaire est inatteignable, c'est à l'aune des progrès en ces domaines sensibles qu'on mesurera son apport personnel. Avant de suivre de très près son association en duo avec le ministre d'Etat Pierre-Claver Maganga Moussavou.