L'Exécutif semble avoir pris l'habitude de se réunir hebdomadairement au moyen d'un Conseil des ministres. Ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi. Loin s en faut. D'autant plus que cette pratique est courante chez nos inspirateurs, les Français. C'est ainsi que lundi les membres du gouvernement se sont retrouvés autour du président de la République Hadj Omar Bongo. Comme à l'accoutumée, cette rencontre a occasionné un certain nombre de décisions importantes pour l'avenir du pays. Mais une seule mérite que l'on y revienne l'exclusivité accordée au ministère de l'Économie, des Finances, du Budget et de la Privatisation sur la tutelle des sociétés en voie de privatisation.
C'est l'une des instructions "fermes" que le président de la République a données au gouvernement dans le but de faciliter et accélérer la privatisation desdites sociétés. Le moins que l'on puisse écrire c'est que cette mesure s'inscrit dans la logique des choses. En ce sens que depuis un moment on se demandait un peu ce qui justifiait la création d'un département et d'un Comité en charge de la Privatisation, si ces structures n'étaient pas les seules responsables du processus de privatisation de certaines entreprises dans notre pays.
Cependant, malheureusement, cette logique ne semble pas bien comprise par tous les acteurs politiques et économiques. Parce que nombreux sont ceux qui trouvent dans cette mesure la volonté de priver certains membres du gouvernement de la tutelle des sociétés "juteuses" qui, jusqu'à présent, répondaient à leurs sollicitations multiformes. Dès lors, il faut s'organiser pour faire de la résistance à la mise en application de cette mesure. Ce qui ne serait pas de nature à aider le pays puisque le dossier relatif à la privatisation préoccupe aussi les Institutions financières internationales.
D'où la nécessité pour le Premier ministre chef du gouvernement de veiller à ce que cette instruction présidentielle devienne effective et surtout qu'elle ne soit pas à l'origine des intrigues et autres démarches tendant à la torpiller. Déjà que l'on enregistre des grincements de dents et des agitations au niveau de certaines directions générales des entreprises inscrites sur la listé des privatisations. Et pour cause, ces dernières, dit-on, ont une peur inouïe de la rigueur des responsables du ministère des Finances. Tout le monde aura compris que l'enjeu, pour ceux-là est la conservation de leurs postes. Alors que si l'on s'en tient aux termes du communiqué final du Conseil des ministres de lundi, cette question n'est pas à l'ordre du jour.
• Le projet de loi de finances 2003 a été adopté mercredi à l'Assemblée nationale. C'était au cours d'une séance plénière présidée par l'honorable Guy Nzouba Ndama. Du côté du gouvernement, on a noté la présence du ministre d'État en charge des Finances Paul Toungui et celle de sa collègue déléguée à la Planification, Yolande Asselé Ebinda.
On peut tout reprocher aux députés sauf qu'ils n'ont pas exercé leur droit constitutionnel d'apporter des amendements au texte verni du gouvernement. Même, si cette fois, cela a été plus inspiré par le ministre d'État en charge de la Planification, Casimir Oyé Mba. En effet, ce dernier a adressé une correspondance à l'Assemblée national pour demander à ses membres de procéder à de nouvelles inscriptions budgétaires à hauteur 8,6 milliards de F CFA.
Mais le président de la Commission des finances, du budget et de la comptabilité publique, honorable Luc Oyoubi et ses collègues n'ont pu trouver que 8,4 milliards F CFA. Les députés ont refusé de suivre les indications de l'élu de Ntoum. Parce qu'ils ont estimé que celles-ci grevaient trop le secteur social. Voilà pourquoi ils ont jugé bon de s'attaquer aux sections et chapitres relatifs aux départements ministériels. C'est ainsi que les députés ont par exemple réduit la dotation liée à l'achat des véhicules des membres du gouvernement à hauteur d'un milliard de F CFA.
Toutefois, les arbitrages opérés par les représentants du peuple restent discutables sur le choix des priorités. Parce qu'il est inconcevable de justifier les transferts effectués dans le projet de loi de finances 2003 par le souci de prendre en comptes les préoccupations des populations alors que dans les affectations on accorde plus de 2 milliards de F CFA à un projet pas urgent du tout : la construction des annexes du palais Léon Mba. C'est là une maladresse de nature à renforcer la suspicion de l'opinion sur la volonté des députés de défendre réellement les intérêts de leurs mandants.
• 213 militaires gabonais sont partis à Bangui (Centrafrique) mardi dans le cadre de la force CEMAC. Cela prouve la volonté du Gabon de militer pour le retour de la paix et de la stabilité dans le pays présidé par Ange-Félix Patasse. Seulement, l'opinion nationale attend toujours que les ministres des Affaires etrangêres et de la défense l'informent clairement sur les mobiles du déplacement de ses enfants. Sous d'autres cieux, les autorités utilisent les antennes des médias publics pour expliquer les choses.
• La semaine qui s'ouvre aujourd'hui sera marquée par la conférence de presse conjointe des responsables du PDG avec les résidents des défunts PUP et MCD. De même que l'ouverture de la campagne électorale retiendra l'attention...