Face à la loi sur le financement qui exige que chaque parti présente dix listes dans 5 provinces, les leaders de l'opposition ont été contraints de faire leur deuil de l'union tous azimuts.
DANS les longues et interminables discussions des partis d'opposition, au siège du Rassemblement national des bûcherons (RNB/Démocrates) du Pr Pierre André Kombila, transformé depuis deux mois en leur "QG', le débat sur la stratégie arrêtée en vue des élections locales est relancé avec la perspective de la rencontre annoncée comme décisive de ses leaders, aujourd'hui, lundi 2 décembre, en soirée.
Placée en principe sous l'égide du leader des bûcherons, de retour de Port-Gentil où il s'est rendu ce week-end, à la tête d'une nouvelle caravane qu'il a mise à profit pour remobiliser des troupes dans cette ville qui reste un enjeu de premier plan pour l'opposition, au vu de la succession de meetings organisés en l'espace de deux semaines par ses principaux chefs de file d'une part le Pr Pierre André Kombila, et d'autre part le président de l'Union du peuple gabonais (UPG), Pierre Mamboundou.
Ce dernier, comme d'autres chefs de parti, tels le leader du Congrès de la démocratie (CDJ, Jules Bourdès Ogouliguendé, ou encore celui du mouvement d'émancipation socialiste du peuple (MESP), le radical Mouang Mbading et le téméraire Molière Boutamba, seront à coup sûr interpellés par leurs militants, dubitatifs sur leur stratégie électorale face â l'union en mouvement dans le camp de la majorité, avec le parti démocratique gabonais plus que jamais déterminé à remporter ce scrutin.
A leurs yeux, la stratégie des pédégistes avec des listes intégrant des, personnalités politiques issues du Parti de l'unité du peuple (PUP) de Me Louis Gaston Mayila, et du Mouvement commun de développement (MCD) de Paul Biyoghé Mba, qui se sont sabordés pour se fondre dans l'ancien parti unique, les place implicitement devant le défi de se constituer aussi en ordre de bataille dans l'optique des élections pour le renouvellement des Assemblées départementales. Et, plus tard, des municipales.
Avant cette réunion, on a appris que le débat sur la stratégie qui sera la leur au cours de ces élections a déjà fait l'objet de vives discussions, et qu'à ce stade rien d'original allant dans le sens souhaite par la grande majorité des militants n'a définitivement été décidé pour l'heure. Cependant, globalement, on craint que les partis d'opposition aillent à cette consultation électorale en ordre dispersé.
Un de ses leaders, interrogé à ce sujet, a laissé transparaître, avant-hier au cours d'une discussion à bâtons rompus, la perspective pessimiste. Toutefois, il a expliqué le dilemme auquel ils sont confrontés dans l'adoption de cette démarche par les .difficultés financières qui se posent à chacune de leurs formations politiques en vue de mener une campagne électorale prometteuse sur le terrain, et au-delà pour participer aux élections.
IDEE RETENUE • Il a poursuivi en expliquant sur fond de regret à quel point ce besoin d'aller en ordre de bataille en arrêtant des listes communes, est bel et bien un sujet de préoccupation en leur sein. Tout en se gardant volontiers de dévoiler la réalité dans ses moindres détails, en attendant la rencontre de ce soir, il est ressorti de ce jeu de questions-réponses, qu'en dépit de la volonté de faire front, l'opposition se trouve malheureusement confrontée à la réalité quine lui est toujours pas favorable sur le terrain.
Autrement dit, cette détermination qui s'exprime depuis la base est freinée par l'insuffisance collective des moyens financiers décrits dans ce contexte électoral comme le nerf de la guerre indispensable pour remporter la bataille. Ils ont cru bon alors d'encourager chaque parti à constituer d'abord individuellement dix listes de candidats jugés plus ou moins représentatifs dans les localités convoitées, notamment dans au mois cinq des neuf provinces du pays, afin de coller à la loi sur le financement des campagnes des partis politiques.
Ce volet du financement des partis ou groupements politiques à l'approche des élections a fait également l'objet de vifs débats entre les leaders de l'opposition au regard de l'entendement assez complexe qu'on se fait de cette loi, dont certains chefs de parti affirment pourtant que lors des élections locales d'il y a six ans, l'on avait dû les payer après qu'ils constitué des regroupements de listes avec d'autres formations politiques. Reste alors qu'on note que cette loi existe en l'état, qu'il n'est bas certain que cette facilite leur soit encore accordée sur cette simple base par la tutelle.
Au-delà, dans cette perspective, la base militante des partis regroupés aussi bien au sein du front des- partis du changement (FPC) et de ce qui reste du Haut conseil de la résistance (HCR) a néanmoins appelé ses chefs de file à opérer cette union des listes. Sans que 1 on puisse prévoir ce qui sortira dé la réunion prévue aujourd'hui, on croit savoir que l'idée de listes commues de ces partis a été retenue dans certaines localités, en particulier à Port-Gentil, Lambaréné, Mouila, ainsi que dans certaines circonscriptions électorales de la capitale.