Le silence observé par les états-majors de ces autres formations du camp présidentiel, face à "la vague" d'adhésions au PDG alimente les interrogations.
QUEL sera le comportement des autres partis de la majorité presidentiell après le double évènement politique créé par les leaders du Parti de l'unité du peuple, Me Louis-Gaston Mayila, et du Mouvement commun de développement, Paul Biyoghé Mba, qui ont rallié définitivement avec leurs et militants, le Parti démocratique gabonais qu'ils avaient quitté pendant la période de lourdes incertitudes qui planaient sur le pays après la Conférence nationale de 1990 ?
La question n'est pas aussi saugrenue qu'elle peut le paraître à première vue. D'ailleurs, elle comporte un fond de sérieux que traduit le fait même que l'homme de la rue, ballotté entre découragement et rage de survivre à cause des difficultés de la vie quotidienne qui s'accroissent avec les sombres perspectives économiques plus pesantes que jamais, n'a pas hésité à emboîter le pas aux militants des autres partis de la majorité qui ne cessent depuis quelques jours de se la poser.
Il s'agit en particulier des militants du Centre des libéraux réformateurs, ou encore de l'Alliance démocratique et républicaine, et dans une moindre mesure du Rassemblement national des bûcherons (RNB/RPG) du père Paul Mba Abessole. Ils sont tous persuadés que l'annonce de la fusion-absorption du MCD et du PUP par le PDG présage d'une refonte en pronfodeur de la majorité, et que celle-ci peut encore s'accélérer à tout moment, ce qui les pousse à s'interroger sur l'avenir de leurs différentes familles politiques.
Ceux qui se sont volontiers exprimés à l'issue du tour des "QG" de ces partis dans la matinée d'hier, ont confirmé ces interrogations consistant ici et là à se demander si leurs leaders vont rester en marge du mouvement en cours, ou bien s'ils vont s'engager à l'accompagner.
TROMPE-L'ŒIL • A vrai dire, c'est moins à "Petit" Paris-Massango, au siège du RNB/RPG, ou depuis que le Parti du père Paul Mba Abessole a officiellement rejoint les rangs de la majorité présidentielle, on assure que l'idée d'un Rassemblement plus large des partis politiques soutenant l'action du président Oman Bongo a toujours séduit son leader, à telle enseigne que celui-ci s'est lancé bien avant dans une campagne pédagogique dans ce sens en direction de ses militants.
En revanche c'est davantage aux anciens pédégistes devenus chefs de partis politiques que cette question taraude l'esprit; et ces derniers qu'ils le veuillent ou non, sont implicitement contraints d'y répondre au plus vite. Car, ce qui est perceptible dans l'air et qui constitue au fond l'enjeu véritable de cette union en mouvement qui se dessine sous nos yeux, c'est une recomposition de la carte politique du pays singulièrement les positions acquises par les uns et les autres dans le camp présidentiel.
Autant qu'on le sache pour l'heure, et malgré la pression qui monte autour des leaders de ces partis, aussi bien Gaston-Noël Mboumbou Ngoma le président de l'ADERE, que le député-maire du IIIe arrondissement de Libreville, et leader charismatique du CLR, jean-Boniface Assélé, tous observent délibérément le silence, alors qu'indirectement ils sont appelés à le rompre.
ANCIENS OPPOSANTS RADICAUX • Un cadre de l'ADERE a résumé le dilemme qui se pose à sa hiérarchie au moment où les ex-chefs du PUP et du MCD ont opéré leur retour au PDG et dorme le ton, en relevant qu'à l'origine ce sont d'anciens opposants radicaux qui ont mis l'ADERE sur les fonts baptismaux. Cela est certainement fondé, mais d'autres pourraient rétorquer à ce dernier qu'à dire vrai, si tant est que ceci puisse empêcher cela, la présence au Secrétariat général de l'actuel vice-président de la République, Didjob Divungi Di Ndinge, a toute sa signification.
Au siège du CLR, enfin, un proche du président du parti, a aussi fait part de son dilemme, en faisant savoir que Jean-Boniface Assélé s'est pour l'heure interdit toute déclaration à ce sujet. "Le président suit attentivement ce qui se passe dans la majorité a-t-il indiqué, ajoutant qu'il n'est pas sûr qu'il convoque maintenant le Directoire, l'instance suprême des Céléristes, pour envisager aussi cette perspective. "Nous en avons parlé entre nous et pensons qu'une union plus large de la majorité existe à travers la Charte que nous avons signée avant les législatives et même récemment encore, mais il n'est pas question que nous sabordions le CLR sans savoir où nous allons". Autrement dit, ce parti n'est bas du tout oppose à cette union en mouvement, mais il n'entend pas intégrer l'ancien parti unique, que d'aucuns en viennent à regretter sans le dire, comme si l'a démocratie engagée depuis douze ans l'a été en trompe-l'oeil sur le terrain.