DEPUIS avant-hier les candidats du parti majoritaire sont connus. Du moins ses têtes de liste pour les élections locales prévues pour le 29 décembre prochain. Ce n'est plus une information que de dire que le Parti démocratique gabonais (PDG) présente des listes dans toutes les circonscriptions du pays. Parce que cela a toujours été le cas à chaque consultation électorale.
Au regard des militants choisis pour conduire les listes du PDG on constate que ces choix obéissent à plusieurs critères. Le fait d'avoir confié cette charge à des femmes et des hommes d'envergure, pour la plupart des membres du gouvernement, députés et des hauts cadres administratifs, n'est pas fortuit. Le bureau politique qui a arrêté ces listes veut poursuivre dans la dynamique des élections législatives. Étant donné que le souvenir est encore frais. Surtout que nombre de ces parlementaires sortent d'une intersession qui leur a permis de renouer le contact avec les populations de leurs circonscriptions électorales respectives.
En privilégiant cette catégorie de militants dans le choix de ses têtes de liste, la direction du plus grand parti pense que leur discours passera plus facilement auprès d'électeurs habitués à les voir que celui d'un militant connu négativement, ou à peine connu bu pas connu du tout. Dans certaines circonscriptions, cette stratégie permettra sans doute de combler les lacunes enregistrées dans la tentative de constitution des listes consensuelles.
Cependant, les choses devraient sans doute se présenter de façon plus compliquée que prévue: Car, entre temps les données ont changé. Le Parti démocratique gabonais a réintégré en son sein les anciens militants des défunts Parti de l'unité du peuple (PUP) et du Mouvement commun de développement (MCD). C'est-à-dire des femmes, et des hommes qui plusieurs années durant ont combattu, parfois avec véhémence, les candidats du parti au pouvoir.
Dans le même ordre d'idées, il faut ajouter le ralliement~du Parti gabonais du centre indépendant (PGCI) à la Majorité présidentielle.
Comme dans le cas du PUP et du MCD, là aussi nombreux sont les militants des formations politiques appartenant au camp présidentiel de longue date qui se posent encore des questions sur tous ces mouvements à la veille d'un scrutin aussi important. Puisqu'il donne l'occasion à chaque parti de tester sa vraie représentativité sur l'échiquier politique national.
Une chose est sûre pour ceux qui connaissent le terrain : il ne sera pas facile pour les uns comme pour les autres de s'accepter comme par un coup de baguette magique. Parce que dans certaines localités du Gabon, quelquefois les divergences ont provoqué des tensions sérieuses voire des blessures profondes et difficiles à soigner. De ce point de vue, on peut imaginer que la tâche des têtes de liste du PDG ne sera pas du tout facile dans les zones où l'adversité entre le parti majoritaire et ses anciens alliés, aujourd'hui disparus, avait atteint son paroxysme.
Cette situation a donc renforcé la conviction du Secrétariat exécutif et du bureau politique de recourir essentiellement à des militantes et des militants dont l'aura sur le terrain est reconnue. A partir de là, on peut dire que leur mission est double. Dans un premier temps, il s'agira d'expliquer. à la base impatiente de connaître, le pourquoi de ces changements au niveau du parti. Surtout que dans certaines circonscription notamment celles du Haut-Ogooué, on parle des listes communes avec les autres partis de la. majorité, dont les nouveaux venus.
En second lieu, les leaders des listes du PDG véhiculeront, cette fois à, tous les électeurs le message de campagne de leur formation politique. A souligner toutefois que temporellement, il n'y a aucune incompatibilité à ce que les deux responsabilités soient assumées simultanément. Et ce sera certainement le cas. Étant donné que la campagne électorale ne durera que deux semaines. Ce qui pourrait encore compliquer les choses dans certaines circonscriptions.
Dans tous les cas, par rapport à la mission d explication, les candidats du PDG devront sûrement revenir sur le message du bureau politique au sortir des entretiens ayant abouti à la fusion-absorption du MCD et du PUO. Lequel demandait à tous les militants de "réserver un accueil chaleureux aux nouveaux camarades". De même que pour être plus convaincants, les pédégistes qui conduisent les listes de leur parti profiteront, à juste titre, certainement, de la grande audience dont jouit son président-fondateur pour avoir l'adhésion de la base. Il leur suffira de dire que ce dernier est d'accord avec les changements enregistrés au sein du PDG.
En ce qui concerne la seconde responsabilité, personne ne sait encore exactement sur quoi, le PDG va axer son discours de campagne pour les échéances de décembre prochain. Toutefois, on imagine mal le PDG se départir de la paix et de l'unité nationale. Deux principes chers au chef de l'État. Par contre, à l'instar de tous les partis qui ont géré des conseils-locaux pendant ces dernières années, rares sont ceux qui oseront faire le bilan du mandat écoulé. Surtout dans les cas où il s'avère largement négatif. La politique, dit-on privilégie le caractère positif des faits.