GABONAISES,Gabonais,
Mes chers compatriotes,
Nous voici, une fois de plus, ensemble pour célébrer le 17 août, fête nationale de notre pays Comme chaque année, je suis heureux de pouvoir partager avec vous ces instants. Et m'adresser au peuple gabonais à cette occasion solennelle est toujours un moment d'émotion.
En effet, ce jour rappelle à tous, de manière particulière et forte, que sur un très vaste espace fait de plusieurs milliers de kilomètres carrés, l'histoire a placé des milliers de personnes pour vivre ensemble, bâtir un Etat et construire une Nation.
Quel engagement exaltant et quel défi à relever !
Le 17 août 1960, le peuple gabonais s'est engagé à assumer l'un et a relever l’autre. Chaque 17 août, notre Peuple se retrouve donc face a lui-même pour réaffirmer sa volonté d'être et de se développer dans l'unité, la paix et la concorde. Année après année, étape par étape, nous nous sommes employés à traduire dans la réalité cette volonté. .
Mes chers compatriotes,
J'ai souvent eu l'occasion de dresser le bilan de ce- que nous avons fait. Comme tout bilan, il comporte un actif et un passif.
Le résultat au nôtre, est nettement positif, même s'il connaît des déficits dans un certain nombre de domaines. Les conclusions de ma récente tournée à l'intérieur de la République sont venues le confirmer. Au cours de cette tournée, j'ai vu tout le monde, j'ai écouté attentivement les uns et les autres. Il en est ressorti que le chômage, notamment celui des jeunes, la maladie, le manque de médicaments, en un mot les difficultés de la vie au quotidien sont des aspects saillants de ces déficits.
Il nous faut alors ensemble et rapidement trouver des solutions à ces préoccupations majeures.
La perception de celles-ci m'avait conduit, dès 1998, à parler du « Pacte national de solidarité et de développement ». Au regard des difficultés croissantes des populations, ce pacte ne doit pas rester un simple écrit sur papier. Je l'ai prévu, en effet, comme programme d'action de l'Etat donc, en premier, du gouvernement dans son ensemble et de chaque ministre en particulier.
Le Gouvernement qui s'emploie à le mettre en oeuvre doit faire régulièrement le point sur les avancées et les difficultés. Il doit informer l'opinion, savoir accepter les critiques, même les plus fortes. Les attentes sont telles que le peuple gabonais ne croit que ce qu'il voit.
Chaque responsable politique ou administratif dans tous les domaines de l'activité nationale doit comprendre alors que l'action de l'Etat est jugée sur des résultats concrets. Je ne vais pas ici passer en revue tous les secteurs de la vie de la Nation.
Je voudrais évoquer pour la circonstance trois dossiers mis en avant dans le Pacte national de solidarité et de développement.
Le premier touche à la situation des femmes, singulièrement celle des femmes chefs de famille. Personne n'ignore que la femme est le fondement de notre société. Personne n'ignore non plus que les femmes y sont souvent insuffisamment prises en compte. Pourtant le simple bon sens comme l'intérêt du pays exigent qu'elles soient mobilisées et responsabilisées pour leur intelligence, leur énergie, leur honnêteté et leur engagement.
Pour ma part, je n'ai cessé d’œuvrer à la promotion de la femme gabonaise. Je demande donc au Premier ministre d'amener l'ensemble du gouvernement à agir dans le même sens. Ainsi, par exemple, la réorganisation actuelle au sein des différents cabinets ministériels devrait être mise à profit pour rééquilibrer leur composition au profit des femmes.
Pour ce faire, j'ai décidé qu'il y ait désormais quatre à cinq femmes conseillers dans chaque cabinet ministériel, soit plus de 150 femmes pour l'ensemble du gouvernement.
J'exhorte le Premier ministre, chef du gouvernement, à veiller à la stricte application de cette décision. Et j'ajoute que tout cabinet ministériel qui n'aura. pas cette configuration, n'obtiendra pas on agrément. C’est-à-dire que je ne signerai pas de décret où les femmes seraient oubliées.
Et puis, des mesures sociales particulières doivent être prises en ce qui concerne les femmes chefs de famille, les veuves et les jeunes mères célibataires.
J'ai le cœur triste à constater que le phénomène des enfants abandonnés gagne nos grandes villes. Cela vient tout simplement du fait que les femmes seules éprouvent d'énormes difficultés à nourrir et à garder leurs enfants.
Dans notre pays, j'en suis convaincu, les femmes portent plus que la moitié du ciel. Nous devons en tirer les conséquences.
Un autre dossier est celui de la santé.
Nous sommes en train de financer d'importantes structures médicales. Mais nous avons, ces dernières années, observé un recul inquiétant de la protection maternelle et infantile. Les raisons et les conséquences de ce recul doivent être sérieusement appréhendées par le gouvernement, car c'est notre avenir qui est en jeu.
En effet, la gravité de la situation impose des mesures vigoureuses. Le plus rapidement possible, d'ici à l'année prochaine le gouvernement doit tout entreprendre afin de dépasser les 80.pour cent de taux de couverture vaccinale pour les enfants.; cela aussi bien à la naissance qu'au cours de leur scolarité. De même, il est urgent pour le gouvernement de mettre sur pied une véritable politique des médicaments.
Cette politique prendra appui sur une simplification des procédures d'achat, sur un contrôle strict de l'acheminement et la gestion, depuis l'extérieur de notre pays jusqu'aux centres les plus éloignés.
La priorité en matière de choix de médicaments sera accordée aux génériques, surtout en ce qui concerne la lutte contre le paludisme et le Sida. A ce propos je tiens à saluer, une fois de plus, les efforts constants que la Première Dame, Madame Edith Lucie Bongo, ne cesse de déployer avec son équipe sur le plan national pour combattre ce fléau. Car il faut le dire, il faut du courage. Autant le Gouvernement de la République doit donner des moyens d'action à cette équipe pour que son travail soit couronné de succès. J'ai eu à prendre sur moi certaines dépenses en ce qui concerne les médicaments.
Et il est temps de dire que nous devons éviter de détourner ces médicaments à des fins personnelles. Je sais à qui je m'adresse. J'ai eu à le dire au cours de ma tournée à l'intérieur. Nous avons acheté beaucoup de médicaments. II n'y a pas un mois que j'ai mis à la disposition du ministre de la Santé, à la demande des médecins pour mettre fin à leur grève, un milliard de francs CFA pour l'achat médicaments. Les médicaments sont-ils achetés, ne sont-ils pas encore achetés ? Ce n’est est pas le devoir du président de la République d’en assurer le contrôle. C'est le devoir du gouvernement.
Il est temps, de surcroît, de penser aux sanctions qui doivent frapper, et frapper durement, celles et ceux qui détournent les médicaments, à tous les niveaux. Pour ma part, je me suis attelé depuis un certain temps à doter le Gabon d'une véritable unité de fabrication de médicaments. Et j'ai bon espoir d'y parvenir pour le bien-être des Gabonais. Ceux qui veulent vérifier ce que je dis n'ont qu'à se rendre sur la route d'Owendo, ils verront bien que l'usine de traitement du poisson, l'usine de fabrication de médicaments montent.
Dans ce sens, avec des partenaires spécialistes étrangers, j'ai décidé de lancer un audit de l'ensemble du système sanitaire gabonais. Cela nous permettra de partir sur de nouvelles bases, avec une programmation quinquennale des actions en matière de santé.
Enfin, il y a l'emploi.
Lorsque l'en parle, le dossier de l'emploi intègre la formation professionnelle, la maîtrise des outils modernes et donc, bien entendu, l'éducation: Si je commence par l'éducation je dis qu'elle doit être organisée avec pour objectif de conduire chaque élève de chaque degré de l'enseignement à une capacité assurée de travail à partir de 16 ans. Je pense, en effet, que nous devons nous dégager de l'idée qu'il existe des « petits métiers ».
En l'absence pour le moment de grands projets, du fait de Ia crise, nos jeunes doivent être ainsi en mesure d'occuper tout l'espace qui s'offrirait à eux pour entrer dans la vie active. C'est dans ce changement de mentalité des jeunes, dont je parlais déjà il y a trois ans, que réside notre première chance de faire face au chômage qui frappe notre pays. Il signifie le goût de l'effort, la volonté de s'assumer soi-même et de prendre sa place au sein de sa famille. Il impose à chacun de pratiquer les vertus cardinales que les anciens nous ont laissées en héritage commun, notamment l'honnêteté le respect d'autrui, l'esprit de famille, te goût de l'effort et l'amour de la Patrie. Grâce à ces vertus la société gabonaise doit pouvoir réaliser la cohésion entre les générations et l'unité de ses différentes composantes socioculturelles.
Et puis, mes chers compatriotes, il y a l'harmonie dans la société. Pour vous comme pour moi l'effort et la mobilisation en vue du développement ne sont possibles que dans la paix, l'harmonie, le dialogue et la concorde. Nos rapports au niveau de l'État, sur le marché du travail, dans les entreprises, donnent souvent naissance à des conflits d'intérêts, de perception des intérêts ou simplement d'opportunité. Sans doute l'État a-t-il la charge de les tempérer, parfois même de les gérer.
Mars il revient aussi aux uns et aux autres de modérer. les attitudes, afin d'éviter les ruptures qui ne profitent en réalité à personne. Lorsque surviennent celles-ci, les différents acteurs doivent savoir les résoudre en allant vers les autres. Mais en cette période de crise et dans l'intérêt supérieur de 1a Nation, je redis la nécessité d'une trêve sociale, négociée avec tous, acceptée par tous. Dans ce consensus, il ne faudra voir ni vainqueurs, ni vaincus.
Mes chers compatriotes,
Dans mes différentes interventions, je n'ai cessé de parler de l'assainissement de nos finances. J’y reviens encore une fois.
Nous avons décidé, en accord avec les institutions internationales, que nos finances publiques doivent être assainies. Il y va de l'intérêt de notre économie, il y va de 1 avancée de notre pays. Nous devons donc tout faire pour y parvenir.
Cette situation ne doit pas être subie. Elle doit être acceptée et gérée avec dynamisme. Elle n'est pas l’affaire du seul Premier ministre ou du ministre de l’Economie et des Finances. Elle est l'affaire du gouvernement, de toutes les institutions et de l’ensemble de la Nation.
Gabonaises,
Gabonais,
Notre pays connaît des difficultés, c'est vrai. Elles finiront par être surmontées. Au lieu donc de nous enfermer dans une sorte d'immobilisme, ou nous amener à baisser les bras, le contexte présent doit nous mobiliser et nous redynamiser. Nous devons puiser dans notre culture, dans notre génie propre, dans nos intelligences, dans nos capacités pour bouleverser les habitudes, réhabiliter les valeurs et redevenir, pleinement nous-même.
Les victoires passées, les succès que notre pays a connus dans de nombreux domaines, nos acquis, sont là pour dire qu'il n’y a pas de place pour la fatalité chez de véritables patriotes. .
Les difficultés sont faites pour être vaincues, les crises pour être surmontées, l'avenir pour être construit.
En ce, jour de fête nationale, chacun doit savoir qu il porte en lui les espoirs de notre pays. A lui de les nourrir de sa responsabilité, de son engagement, de ses efforts pour les transformer en réalité. C'est aussi le sens profond que je donne au 17 août, notre fête nationale, qui sera célébré en 2004 dans les provinces de l'Ogooué-Lolo et du Haut-Ogooué.
A vous, populations du Moyen-Ogooué et de la Ngounié qui offrez cette année l'hospitalité à la République, je dis tout le plaisir que j'ai à être avec vous en ces moments de joie et de fierté patriotique.
Gabonaises,
Gabonais, ,
Mes chers compatriotes,
A chacune et à chacun de vous, je souhaite de tout cœur une bonne fête de l'Indépendance.
Vive la République, Vive le Gabon!