Ils invitent par ailleurs le gouvernement à poursuivre sa politique de diversification de notre économie par la mise en valeur de nos potentialités agricoles et touristiques.
Christian G. KOUIGA
C'EST par une minute de silence observée en hommage aux victimes du tragique accident de la circulation survenu le 24 août 2003 au village de Massika, à 30 kilomètres de Lambaréné, sur la route de Fougamou, que le président du Sénat, Georges Rawiri a ouvert hier, conformément aux dispositions de l'article 41 de la Constitution, la deuxième session ordinaire de la Haute chambre du Parlement.
La cérémonie qui a eu pour cadre l'auditorium de la cité de la Démocratie s'est déroulée bien évidemment en présence du Premier ministre, chef du gouvernement, Jean François Ntoutoume Emane, du président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, des membres des Corps constitués et diplomatiques, des sénateurs et des honorables députés.
Le président Rawiri a d'abord tenu à féliciter les sénateurs nouvellement élus de Tsamba-Magotsi (Fougamou), de la Zadié (Mékambo) et de l'Offoué-Onoye (Iboundji), puis il a déclaré que la présente session verrait ses collègues et lui procéder à l'examen de la première loi de finances de la législature. D'après lui, c'est un moment crucial de la vie de leur institution qui exige à la fois beaucoup de disponibilité et de lucidité. De fait, il a invité l'ensemble des collègues ‘’élus des élus’’ à prendre conscience du travail important qui les attend, ‘’"en ayant à présent à l'esprit que cette loi de finances doit tenir compte des préoccupations du peuple Gabonais et le reflet d’un consensus, après sa discussion et son approbation par le parlement’’.
Il pense qu'il y aura probablement des interrogations sur le bien-fondé de telle ou telle autre dépense publique prévisionnelle, ou encore des questions sur la non exécution des projets dont les dotations sont inscrites dans la loi de finances: Pour Georges Rawiri tout cela fait partie des "échanges fructueux qui font la richesse du débat parlementaire".
DIVERSIFICATION *Au moment où le gouvernement s'apprête à soumettre à l'attention des sénateurs l'examen du projet de loi de finances exercice 2004,, la croissance économique mondiale, comme l'a reconnu le président Rawiri, a connu une légère hausse de 2%. Mais, a-t-il ajouté, la situation internationale, caractérisée par des conflits armés dans certaines régions du monde, a entraîné "un ralentissement des échanges commerciaux et des investissements productifs dans plusieurs pays dont le nôtre .
A l'intention de l'auditoire ayant envahi les travées de l’hémicycle du palais des conférences de la cité de la Démocratie, le président du Sénat a indiqué que cette situation constitue un véritable handicap pour les pays africains dans leur lutte contre la pauvreté et l’exclusion dont le chef de l'Etat, Omar Bongo a fait l'une des préoccupations majeures de la politique de notre pays, avec la santé et l'éducation des Gabonais. Il s'est tout de même réjoui des perspectives favorables annoncées, pour la période 2004-2005, dans le cadre de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (CEMAC). "Cette embellie serait la conséquence de l'accroissement de la production pétrolière globale au niveau de la sous-région, nonobstant la baisse enregistrée dans notre pays".
En dépit de cette situation, le secteur pétrolier continue à occuper une place prépondérante dans notre économie, en tant que principale source de revenus du budget général de l'Etat, a fait remarquer Georges Rawiri. A ce sujet, au nom de son institution, le président du Sénat a renouvelé son appel au gouvernement afin qu'il poursuive sa politique de diversification de notre économie. Notamment par la mise en valeur de nos potentialités tant agricoles que touristiques.
ÎLE MANDJI • Toujours dans le cadre de la politique de diversification de notre économie, le président de la Haute chambre s'est réjoui de la signature d'une convention de financement d'un programme d'appui au secteur minier entre le Gabon et le Fonds européen de développement (FED). Par cet accord, le Gabon bénéficie d’un don de 23 milliards de nos francs devant contribuer la mise en valeur de nouvelles ressources minières indispensables à la promotion de notre développement endogène. Cette convention prévoit aussi un volet important portant sur la protection de l'environnement. Georges Rawiri a également invite le gouvernement à mettre un accent particulier dans le démarrage effectif du projet sur la zone franche de l'Ile Mandji. La promotion de la bonne gouvernance n'a pas été en reste dans les exhortations du président du Sénat au gouvernement. C'est dans cet ordre d'idées, qu'il a déclaré appuyer l'initiative du cabinet Ntoutoume Emane II de prendre' un décret portant création de deux structures, à savoir: la Direction générale des marchés d'une part, et d'autre part, la Commission nationale des marchés étaux ou supérieurs à 500 millions de Fcfa.
L'objectif visé est, avance t-on, de mettre un terme aux dysfonctionnements souvent constatés dans l'attribution des marchés publics. L'autre satisfaction du Sénat vient du lancement officiel par l'Etat des travaux de construction du pont sur le fleuve Ntem. Cette institution parlementaire estime que la réalisation de cet important projet, financé à hauteur de 13 milliards de FCFA par l'Union européenne, constitue une avancée significative dans le cadre de notre intégration économique sous-régionale.
A l’ heure de la constitution des grands ensembles économiques mondiaux, le Sénat souhaite vivement aussi que les pays riches apportent leur appui à notre processus d’intégration sous-régionale déjà amorcée. Notamment. dans le cadre du NEPAD. Les sénateurs sont satisfaits de constater que 9 projets de loi ont été retenus dans le domaine des nouvelles technologies, 27 autres dans celui du transport aérien, avec en prime le projet de création de la compagnie aérienne AIR CEMAC. Et enfin 5 projets dans le domaine de l'énergie.
VIBRANT HOMMAGE
L'ouverture solennelle de la deuxième session ordinaire du Sériai a aussi sévi de tribune pour les vénérables sénateurs pour rendre un "juste et virant" hommage au président de la République, Omar Bongo, notamment pour la "sage décision" d'organiser les festivités marquant notre accession à la souveraineté nationale dans toutes les provinces. En ce sens qu'elles permettent la construction de certaines infrastructures importantes. L'évocation par le chef de l'Etat, des problèmes relatifs à la santé publique de nos populations, notamment en ce qui concerne l'accès aux médicaments génériques -moins coûteux - dans le cadre de la lutte contre la paludisme et le VIH Sida a été notée avec une réelle satisfaction par les élus des élus.
Confirmant la détermination des sénateurs à oeuvrer dans le sens des efforts de redressement de notre économie et des finances publiques, le président Rawiri et ses collègues soutiennent "pleinement" l'appel lancé par le chef de l'Etat, Omar Bongo, aux organisations syndicales et patronales en vue de l'instauration d'une trêve sociale. Un souhait qui trouve son fondement dans, les difficultés financières et économiques que connaît le pays, et qui nécessitent, pour les surmonter, assurément, la mobilisation de toutes les forces vives de la Nation, comme la signature d'un accord avec le Fonds monétaire international.