Le Parti gabonais du progrès (PGP, opposition) a estimé mercredi que les conditions d'une trêve sociale au Gabon voulue par le président Omar Bongo n'étaient "pas réunies", lors d'une conférence de presse à Libreville."Le PGP pense que les conditions d'une trêve sociale ne sont pas actuellement réunies", a déclaré le président du PGP, l'avocat Pierre Louis Agondjo Okawe, ancien maire de la capitale économique, Port-Gentil.
L'opposant gabonais a toutefois estimé que les négociations entamées mardi par le gouvernement, le patronat et les syndicats, étaient l'occasion d'établir "un forum sur les problèmes économiques, sociaux et culturels au Gabon".
Reprenant une revendication syndicale, Me Agondjo Okawe, a suggéré qu'à la place d'une trêve sociale, la classe politique gabonaise accepte "une réduction du nombre de parlementaires et des membres du gouvernement" pour améliorer les finances publiques du pays.
Le chef de file de l'opposition radicale gabonaise, Pierre Mamboundou, avait déjà dénoncé samedi l'idée de trêve sociale "sans conditions" comme une manoeuvre électorale en vue de l'élection présidentielle de 2005.
M. Mamboundou, avait néanmoins encouragé les syndicats à participer aux négociations pour faire connaître leurs revendications et obtenir satisfaction.
Le Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane, a présidé mardi une cérémonie officielle d'ouverture de ces négociations, et annoncé la composition du bureau chargé de les conduire.
Les négociations concrètes débuteront jeudi dans la capitale gabonaise, après deux jours de préparation, selon des sources syndicales.
Certains syndicalistes dénoncent d'ores et déjà des négociations biaisées et des "dissensions dans le mouvement syndical", a indiqué à l'AFP le président de la Force de réflexion et d'action pour l'enseignement supérieur (Frapes), Tom Frédéric Mambenga.
"Les grosses centrales ont voulu s'accaparer le bureau chargé d'organiser les travaux. Aucun syndicat autonome n'est représenté. Le sentiment général, c'est que les choses ont été arrangées avant", a poursuivi M. Mambenga.
Le chef de l'Etat gabonais avait réclamé le 22 août une trêve sociale, invoquant la crise économique qui frappe le Gabon et les efforts du gouvernement pour parvenir à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI).