Après le Sénat de Georges Rawiri, l'Usap de Christiane Bitougat et le Conseil économique social de Me Louis-Gaston Mayila soutiennent à leur tour l'appel du président de la République.
DANS son discours lu avant-hier lors de la cérémonie d'ouverture solennelle de la deuxième session ordinaire du Sénat, conformément à l'article 41 de la Constitution, le président Georges Rawiri a salué au nom de l'ensemble de ses collègues sénateurs, l'appel qu’a lancé dernièrement Ie chef de l'Etat, Omar Bongo, dans son allocution à l’occasion du 43e anniversaire de l'accession du Gabon à la souveraineté nationale, aux partenaires sociaux de conclure une trêve sociale.
Aujourd'hui, deux semaines seulement après sa formulation, cette incitation républicaine fait de plus en plus d'adeptes. Ce soutien manifesté publiquement par le président Rawiri, en présence des membres de l’Exécutif, en tête desquels le Premier ministre, chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane, des députés et sénateurs et des représentants des corps constitués et diplomatiques, témoigne de la volonté du parlement gabonais dans son entièreté de répondre favorablement à l'idée de la trêve sociale. Ceci au moment où les sénateurs sont appelés à examiner et voter la loi de finances 2004.
RÉALISME ET SACRIFICE • Non pas que cette trêve sociale, "négociée avec tous, acceptée par tous" selon l’expression du président de la l'expression doive empêcher la présente loi de finances de tenir compte des préoccupations du peuple gabonais. Mais qu'il y a simplement lieu de relativiser sur nos habitudes au regard des difficultés socio-économiques et financières que traverse le pays. Lesquelles sont quasiment connues de toutes les forces vives de la nation que le président de la République, Omar Bongo exhortait d'ailleurs déjà à faire preuve de patriotisme pour arriver à "accepter et à gérer avec dynamisme" cette situation. Reconnaissant par là qu'il faut le concours de toutes les composantes de la nation pour surmonter autant que faire se peut les écueils auxquels notre pays est confrontés aujourd'hui.
Pour le président Georges Rawiri, cette interpellation présidentielle concerne toutes les composantes de la nation. Lesquelles sont invitées actuellement à faire davantage preuve de réalisme et de sacrifice face à la situation du moment. Qui, aux dires du président du Sénat, ne pourra Plus supporter et satisfaire, jusqu'à nouvel ordre, "toutes" les revendications sociales. L'assertion du résident du Sénat corrobore ici les propos qu'avait déjà tenus le chef de l’ Etat dans son message à la nation le 17 août dernier.
BOULEVERSER LES HABITUDES *Du coup cette déclaration sénatoriale à valeur de baromètre. Considérée qu'elle a été par les sénateurs et les autres personnalités présentes à la Cite de la Démocratie lors de l'ouverture de la deuxième session comme un acte stimulateur. Un aiguillon dans lé sens métaphorique du terme. Car point n'est besoin de rappeler ici cive tout comme la paix, l'unité nationale et la solidarité demeurent des atouts indispensables pour notre marche continue verse le progrès. Avant-hier, c'était au tour de l'Union des Syndicats des administrations publiques, Parapubliques et privées (Usap) de donner son avis positif. En effet, à la faveur d'une conférence de presse, ce mouvement s'est dit disposé à soutenir la décision prise au sommet de l'Etat d'observer la trêve sociale. Même si sa présidente Christiane Bitougat a ajouté qu"'il revient au gouvernement, demandeur de la trêve, de fournir le plus gros effort en termes de concessions, ce, malgré le fait que les partenaires sociaux tiennent compte des raisons qui motivent cette trêve sociale voulue par le chef de l'Etat".
Le Conseil économique et social (lire Lin Joël Ndembet) n'est pas resté insensible non plus à cet appel du président Bongo. Me Louis-Gaston Mayila a manifesté le point de vue favorable de son institution avant-hier pendant la cérémonie marquant l'ouverture officielle de la deuxième session ordinaire du CES. D'autres réactions dans ce sens vont certainement suivre. Car aujourd'hui plus qu'hier, il y a comme une urgence à conjuguer nos efforts en recardant dans la même direction. Le but étant de résister aux exigences de l'heure auxquelles le pays entier est soumis. Le président de la République ne disait-il déjà pas que Les difficultés sont faites pour être vaincues, les crises pour être surmontées et l'avenir pour être construit". Il ne nous reste donc plus qu'à "bouleverser nos habitudes, réhabiliter nos valeurs et redevenir pleinement nous-mêmes".