Conformément au vœu du président Omar Bongo dans son message à la nation du 17 août dernier, le cabinet Ntoutoume Emane. II se doit de prendre des mesures vigoureuses pour répondre aux attentes des populations gabonaises.
LE gouvernement gabonais est interpellé sur plusieurs dossiers rouverts dernièrement par le président Omar Bongo dans son message à la nation du 17 août 2003, et portant globalement sur les questions sanitaires et sociales au cœur même du Pacte national de solidarité et de développement, programme d'action de l'Etat que le président Omar Bongo a élaboré pour répondre aux aspirations de ses concitoyens.
Ces dossiers qui attendent le cabinet Ntoutoume Emane, dès la rentrée politique prochaine prévue d'ici le 10 septembre, quelques jours après la rentrée parlementaire, le premier du même mois, sont, en soi, pas nouveaux sur la table du gouvernement. Pour ne parler que de la santé publique, ce secteur a fait l’objet ces dernières années de gros efforts déployés dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sous toutes leurs formes. Notamment à travers les mesures fortes prises en vue d'accroître l'accès aux soins pour la grande majorité des populations, la protection des groupes vulnérables, la lutte contre le Sida. Alors qu'au plan social, on note l’amélioration du système de sécurité sociale, la réforme des hôpitaux de la CNSS engagée avec courage et l'élan de solidarité en direction des couches les plus défavorisées, filles-mères, etc.
Malgré ce tableau encourageant, le fait que le chef de l'Etat ait consacré une large place dans son discours à la nation au récurrent problème de l'absence de médicaments signifie que le président Omar Bongo a voulu interpeller le gouvernement sur l'urgence de résoudre ces deux problèmes . Dont le recul, pour le chef de l'Etat, met à mal l'avenir de notre pays.
POLITIQUE SANITAIRE
• De ce point de vue, il y a effectivement, comme l'a souhaité le président Bongo en s'adressant au gouvernement, matière à prendre des mesures vigoureuses le plus rapidement possible. C'est là que Jean-François Ntoutoume Emane et ses ministres, dont celui de la Santé publique, Faustin Boukoubi sont principalement attendus.
Le gouvernement que l'on ne peut taxer d'immobilisme sur ce dossier, mais qui ne mérite pas non plus des lauriers en raison de la forte la politique sanitaire des dernières années, doit gagner cette bataille engagée sur le front sanitaire aux multiples dossiers.
Il ne s'agit nullement de se lancer dans une rhétorique explicative ou encore dans des discours de bonnes intentions. Mais, comme l'a clairement indiqué le chef de l’Etat, le gouvernement doit définir une véritable politique des médicaments, voire engager au terme de l'audit qui sera commis, une loi de programmation devant permettre une meilleure lisibilité et approche de ces questions cruciales pour les populations.
Cette politique, que l'on souhaite cohérente, devrait pouvoir résoudre au moins ce problème qui perdure en raison du trafic Ion temps dénoncé dans la Filière autant soulager les nombreux compatriotes qui ont des difficultés à se faire correctement soigner, et qui ont du mal à se procurer des médicaments de première nécessité dans les hôpitaux et autres unités de soins.
Pour faire face à la chute de la couverture vaccinale observée dans le pays, les membres de ce pan de l'Exécutif doivent, conformément aux directives du chef de l'Etat, faire en sorte que nôtre pays dépasse dans un bref délai les 80% de couverture vaccinale pour les enfants, cela aussi bien à la naissance qu'au cours de leur scolarité.
Il s'agit là d'exigences fortes des populations qui ne sauraient plus longtemps admettre les. errements des responsables des départements en charge de ce secteur. Ni assister longtemps à l’effritement des efforts déployés des années durant en vue de rendre le système sanitaire notre pays performant, voire capable de répondre aux nombreux et pressants besoins des populations en matière médicale. Ce sont des exigences auxquelles ceux qui nous gouvernent ne sauraient se soustraire en arguant des difficultés financières dans lesquelles notre pays est englué depuis plusieurs années.
Partagé entre les exigences de réduction de la pauvreté et d'assainissement des finances publiques qu'imposent les discussions engagées avec le ronds monétaire international (FMI), institution avec laquelle le Gabon a signé une lettre d'intention le 10 juin dernier en vue d'un accord, on attend du gouvernement gabonais qu'il traduise en acte les directives et décisions du président de la République et réponde ainsi aux attentes fortes des populations.