A l'Assemblée nationale...
Les députés en campagne d'explication
Le président de l'Assemblée nationale, Nzouba Ndama, a dressé un "bilan positif" du travail législatif accompli. " Retrouvez vos électeurs (…) et expliquez-leur les innovations apportées dans notre loi fondamentale" a-t-il demandé aux élus.
LA Deuxième session extraordinaire de la chambre des députés s'est achevée hier, mercredi 30 juillet, dans l'hémicycle du palais Léon Mba bondé, où le président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, a prononce un important discours consacré au travail législatif accompli au cours des cinq derniers mois par les élus du peuple. Plusieurs personnalités de premier plan ont assisté à la cérémonie de clôture, notamment le Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane qui était accompagné de plusieurs membres de son gouvernement, et le président du Sénat, Georges Rawiri.
D'abord, le président de l'Assemblée nationale a fait assaut de paroles aimables à l'égard de ces deux hôtes de marque. Ensuite, il a mis en relie les efforts menés par l'actuel gouvernement conduit par son chef en vue de l'essor du modèle démocratique gabonais, fondamentalement axé autour des valeurs du dialogue, de la liberté d'expression et du progrès social, puis relevé l'engagement sans relâche du président du Sénat, dont il a salué " la grande disponibilité" dans la bataille en vue de renforcer le rôle du Parlement dans le pays.
Au sortir de cette session extraordinaire, le président de l'Assemblée nationale a tenu à démontrer que son institution tient plus que jamais à assumer sa place au cœur de la vie politique nationale. Du moins, à travers le discours présentant un bilan d'étape riche au regard des propositions et projets de lois adoptées, soit en tout douze textes.
SOUCI DU DÉTAIL • II y a l'ordonnance portant modification de certaines dispositions relatives à toutes les élections. A ce sujet, le président de l'Assemblée nationale a fait savoir que ce texte a permis de réduire de façon significative la composition de la commission nationale électorale ainsi que celle des organes locaux. Résultat: le bureau de l'organe central des commissions est passé de 7 à 4 membres.
De même, en ce qui concerne les représentants des partis politiques de la majorité et de opposition, leur nombre est passé de 12 à 2 membres au sein de la structure centrale de la CNE et de 5 à 1 membre dans les autres commissions. Ce souci du détail trouve son explication dans le fait simple que la commission nationale électorale ressemblait de plus en plus à un mammouth jugé excessivement onéreux pour le budget de l'Etat. Or, nul n'ignore aujourd'hui à quel point le pays fait face à une situation économique et financière des plus difficiles.
Du coup, il a rappelé ce qui est devenu son leitmotiv, à savoir que ces modifications apportées au Code électoral sont motivées par la volonté des députés de tenir compte de ces problèmes réels, et par conséquent de générer des économies substantielles aux finances publiques. " Avec seulement 442 contre 1680 commissaires, l'Etat pourra faire face aux dépenses liées à l'organisation des élections", a-t-il noté.
Dans le même ordre d'idées, il a insisté sur le fait que les députés ont également eu à résoudre le problème d'organisation d'élections partielles interminables qui nécessitent d'importants moyens financiers. Ainsi, l'article 22 de la loi organique relative à l'élection des députés à l'Assemblée nationale a été modifié pour et se lit ainsi doréna- vant : " En cas de décès, d'empêchement définitif ou de déclaration d'absence dûment constatée d'un député pendant la législature par le Bureau de l'Assemblée nationale, celui-ci est remplacé d'office par son suppléant. En cas de décès, d'empêchement définitif ou de déclaration d'absence dûment constatée du suppléant pendant la législature par le Bureau de l'Assemblée nationale, le titulaire réintègre l'Assemblée nationale ou remet son mandat à ses électeurs. S' il s'agit du suppléant du titulaire décédé, il est pourvu au siège vacant par une élection partielle".
Enfin, le même article poursuit : " Le député qui accepte d'effectuer pour le compte de l'Etat des missions autres que celles visées à l'article 19 de la loi or n° 11/96 du 15 avril 1996 relative à 1 élection des députés à l'Assemblée nationale ou qui est élu maire, président ou vice-président d'un conseil départemental est remplacé à l' Assemblée nationale par son suppléant. A la fin des missions ou en cas de cessation des fonctions, il retrouve son siège à l'Assemblée nationale".
INTERROGATIONS
D'autres aménagements plus ou moins similaires ont été apportés par ailleurs à ce tableau qui n'est pas exhaustif. En outre, d'autres ordonnances à l'impact financier décisif ont aussi été ratifiées pour accorder une place à la transformation des infrastructures aéroportuaires dans les villes du pays où elles étaient tombées en désuétude ( Franceville, Makokou, Mouila).
Dans ce bilan à mi-parcours de cette législature, l' apport le plus spectaculaire aura été la proposition de révision pour la deuxième fois de la Constitution, adoptée sans ambages par le congrès du Parlement réuni mardi 29 juillet au palais Léon Mba.
La Constitution a donné à notre pays la paix et la stabilité, mais elle ne peut être un facteur d'immobilisme", a-t-il avancé. Et d'ajouter : " Les modifications qui ont été adoptées par les parlementaires visent à l'adapter aux circonstances et aux nouvelles réalités de notre pays".
Il a encore expliqué, ainsi qu'il n'a eu de cesse de le faire depuis qu'il avait initié lui-même cette proposition de loi, que la révision des articles 4, 9, et 10, de la loi fondamentale a permis d'instituer le mode de scrutin à un tour, qui comporte des avantages, contrairement à ce que pense et affirme l'opposition, à savoir: la réduction des coûts qu'impliquent, les élections à deux tours, pour tenir compte de la crise financière que connaît notre pays".
Il y a aussi le contrôle de l'action gouvernementale auquel l'Assemblée nationale a accordé la plus haute priorité au cours de cette session, qui a contribué à redonner à l’ Assemblée nationale son lustre aux yeux de l' opinion. Nzouba Ndama n'a pas manqué de porter une appréciation très positive à ce sujet. Il a laissé entendre que son institution va continuer d'agir dans ce sens, comme elle l'a fait au cours des séances plénières.
Il a alors fait l'éloge de la procédure des questions orales au gouvernement, retransmises par deux fois en direct à la radio et la télévision nationales. Au cours de celles-ci, des sujets brûlants qui préoccupent le quotidien des populations ont été abordés sans détour avec le gouvernement. On le voit, tout ce tableau est riche.
Reste tout de même cette tâche capitale qu'il revient encore aux députés d'accomplir : " Cette trêve (...) va voir permettre de retrouver vos électeurs (...) dans vos circonscriptions respectives (...) Expliquer le contenu des innovations apportées à notre loi fondamentale , a demandé Guy Nzouba Ndama. Ce chapitre du travail à mener durant l'intersession auprès des populations qui s’interrogent face au poids des difficultés montre bien que le temps du répit ne sera pas si long.