LA vie politique nationale rythmée ces derniers temps par le dialogue social entre gouvernement, patronat et syndicats s'est enrichie, mercredi 10 septembre dernier, d'éléments nouveaux à la faveur du point de presse que le président du Parti gabonais du progrès (PGP), Pierre-Louis Agondjo-Okawé a donné.
Intervenant quelques jours après celui de son collègue de l'opposition dite radicale, l'élément nouveau réside dans le fait que la sortie de leader progressiste à son siège de la capitale gabonaise à Likouala, a une fois de plus confirmé le caractère constructif du vieil opposant charismatique Nkomi dans le débat politique national. Et surtout, le niveau de responsabilité de son opposition et son combat politique.
Cette double démonstration s'est effectivement traduite non seulement par son refus de s'inscrire durablement dans cette tendance très répandue dans le camp de l'opposition gabonaise à la critique stérile. C'est davantage en raison de ce que Pierre-Louis Agondjo-Okawé et son parti du PGP sont allés plus loin au cours de cette rencontre avec la presse nationale et internationale. Puisqu'ils ont ouvert des axes de réflexion interprétés de diverses manières, bien évidemment, mais qui, il faut le reconnaître, leur consacrent une avance dans le débat politique et dans la rivalité sourde qui les oppose à. d'autres partis pour le leâdership, de l'opposition.
Le vieil opposant Agodjo-Okawé qui ne s'est pas empêché d'affirmer clairement que les conditions d'une trêve sociale ne sont pas actuellement réunies, en portant un regard critique sur l’état du pays, n'a guère fait mieux que les autres.
Mais, sa sortie a quelque chose de particulier et de différent de celle des autres opposants dans le contexte concurrentiel actuel, en ce sens que lui, Agondjo-Okawé, le vieux briscard opposant, s'est employé à susciter dans les rangs des masses travailleuses le sentiment de grande responsabilité qui doit les guider, en les invitant à saisir l'occasion de ce dialogue social avec l'Etat pour en faire un forum sur les problèmes économiques, sociaux et culturels du Gabon.
LOGIQUE •
vie politique nationale en raison des thématiques de son intervention marquée également par une proposition, certes tardive, autour des règles du jeu électoral.
Le caractère particulier de l’approche du président du PGP réside dans son refus remarqué du discours à fortes aspérités auxquels nous avaient habitués les opposants. Lesquels ont souvent été tentés à chacune de leurs sorties publiques de galvaniser, de doper le moral des troupes de plus en plus gagnés par le doute, l'impatience et surtout complètement désarçonnées par les incohérences et par le double langage auquel se livrent leurs dirigeants. Le député de Port-Gentil semble assurément avoir décidé d'inscrire son combat dans une logique constructive. Ce qui le démarque un peu plus de ses rivaux.
Ce d'autant plus, tout le monde en convient, que les contours donnés aujourd'hui à la large consultation Etat, patronat et salariés autour de la plate-forme soumise aux pouvoirs publics gabonais, invitation progressiste à ouvrir un large débat sur les questions économiques, sociales semble avoir, en partie, trouvé un écho au regard des larges espaces d'échanges consacrés au monde du travail, aux efforts déployés par le gouvernement pour assainir les finances publiques, redresser l'économie. Et à la quête de mesures idoines pour sortir le pays de la crise.
APAISEMENT •
Ce statut d'opposant "responsable et constructif" qui sied aujourd'hui à Pierre-Louis Agondjo-Okawé, même s'il n'efface pas dans la conscience collective le souvenir douloureux des évènements de 90 au cours desquelles son parti avait ouvert le ban et conduit la contestation dans le pays. Il confirme, à plusieurs égards, le rôle majeur joué depuis plusieurs années par le président du PGP. Cela aussi tant par son respect des institutions républicaines, que par le soutien apporté par son camp politique à l'amélioration du dispositif électoral, du jeu politique national, bref pour l'apaisement dans le pays. N'est-ce pas lui, Agonjdo-Okawé, qui au moment où d'autres opposants incitaient à la haine tribale et ethnique, activaient le feu dans le pays, était monté au front pour appeler à la "Paix des braves" ayant débouché sur les Accords de Paris ?
Fort de ce constat, il va sans dire que le PGP, qui dit comprendre le souci du chef de l'Etat de rechercher une trêve sociale au moment où le Gabon traverse une crise financière importante, a adopté par la tonalité de son discours une attitude responsable. Ses dirigeants et surtout son chef apparaissent comme des interlocuteurs valables dans le jeu politique national et peuvent se targuer du "label" d'opposants "responsables et constructifs". Comparativement à la seule idée de confrontation avec les pouvoirs publics entretenue par ces "négationnistes invétérés" critiqués encore dernièrement par le Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane II y a dans cette sorte d'interpellation une réelle plus-value dans le débat politique national. Tant il est parvenu à enrichir le débat politique d'une idée naguère soumise par son parti, mais combattue. Et a fait une sortie positive à la