LA réduction du nombre des Conseillers par Administration au sein de l'appareil de l'Etat fixée par décret 000872 du président de la République est effective depuis peu à la faveur des dernières nominations intervenues respectivement à l'Education nationale puis au sein des départements ministériels de l'Agriculture, dirigé par le vice-Premier ministre, Paul Mba Abessole, celui du Travail et enfin du Contrôle d'Etat.
Les titulaires de ces ministères ont respecté le quota défini dans le fameux décret 872 en nommant leurs conseillers respectifs, dont quatre femmes, conformément au vœu exprimé par le président 0mar Bongo de promouvoir un peu plus la gent féminine à des postes de responsabilité au sein de la haute administration du pays.
Ces membres du gouvernement ont réussi ainsi à dégraisser leurs Cabinets du
trop plein de hauts cadres peu ou prou utilisés par jusque-là par ces mêmes responsables de départements, voire leurs prédécesseurs. C'est dire donc que les actes administratifs posés par les ministres en appliquant à la lettre les termes du décret présidentiel initié dans le cadre du vaste programme d'assainissement de nos finances publiques, sont effectivement la preuve que l'Administration gabonaise était malheureusement, non seulement pléthorique à ce niveau de hiérarchie, mais aussi truffée de hauts fonctionnaires inutiles ou encore sous employés dans leurs administrations respectives.
Soit, parce que leur niveau de technicité ou encore de compétence était contesté pour des raisons diverses. Ou tout simplement parce que le clientélisme politique, le copinage et la géopolitique au rabais dénoncée par le président Omar Bongo, semblent avoir gangrené 1 administration dans son ensemble.
Pour preuve: l'histoire administrative et politique de notre pays a connu un sectarisme observé dans certains départements ministériels qui se traduisait parfois par le refus de hauts responsables d'administration de travailler avec des hauts cadres parce que non originaires de la même localité, du même bord politique. Ainsi que par cette propension observée chez d'autres à s'entourer même pour des dossiers techniques de personnes jugées sures, acquises à leur cause, pourrie pas dire d' "hommes-liges ".
REORGANISATION
Pour autant, le fait que l'on soit parvenu dans ces ministères et que l'on se prépare dans d'autres à réduire considérablement le nombre des conseillers, permet au moins," contrairement aux habitudes arrêtées jusque-là, de se rendre compte que l'on pouvait effectivement compter sur ces effectifs, voire encore moins dans d'autres. Est-ce pour autant que cette réduction est synonyme d'efficacité?
Nul ne peut déjà se lancer dans une logique comparative tant il est apparu à l'expérience qu'une équipe réduite composée de cadres dont l'expertise est reconnue peut avoir de meilleurs résultats qu'une équipe pléthorique.
D'ailleurs, le vaste et ambitieux projet cher au président de la République de parvenir à une modernisation de l'appareil de l'Etat, à travers une redéfinition du dispositif, s'emploiera certainement à parfaire l'outil administratif du pays pour une meilleure efficacité de notre Administration. Il s'agit là donc d'un effet positif de la réorganisation engagée au sein de l'a pare il étatique et dont les effets induits, coté financiers et autres, semblent correspondre aux objectifs que se sont fixés les hautes autorités politiques.
Dans tous les cas, aujourd'hui, la grille arrêtée pour chaque ministère, chaque institution constitutionnelle, même si on trouve à redire sur les critères qui ont prévalu, cette nouvelle nomenclature va à coup sûr permettre à l'Etat gabonais de réduire de façon importante l'enveloppe globale destinée aux indemnités de fonctions des conseillers au sein de la haute administration. Car, estimé à près d'un millier de conseillers concernés, ce nombre pourrait être réduit de moitié, voire plus.
IMPACT •
En effet, comme c'est souvent le cas dans notre pays, l'effort de transparence et de bonne gouvernance déployé par les gouvernants au sujet d'autres questions majeures, tarde à se mettre en place lorsqu'il s'agit de décliner les effets induits des mesures d'assainissement des finances publiques. D'où les fortes interrogations, les doutes qui pèsent sur leur pertinence et leur impact.
Cela est d'autant plus vrai que nombreux sont ceux qui s'interrogent aujourd'hui encore sur les économies générées par exemple par la diminution conséquente des frais des télécommunications (téléphones) au sein des administrations, les fonds de souveraineté et fonds politiques et autres mesures imposées pour sortir le pays du bourbier économique et financier dans lequel il est plongé. Sur les effets induits de ces différentes mesures.
Dans cette logique, les pouvoirs publics, qui ont de plus en plus du mal à faire face à cette dépense insoutenable aujourd'hui pour notre pays empêtré dans une crise financière sans précédent, feront des économies conséquentes. A hauteur de combien ? La question taraude les esprits d'une opinion tentée de démêler l'écheveau des retombées des nombreuses mesures d'ajustement prises par le gouvernement au cours de ces dernières années.• Des pratiques ayant sérieusement entamé le sens originel de la neutralité de l'Administration centrale dans le pays, conduit bien des cadres valables et compétents au découragement, â l'oisiveté, etc.