(Reporters Sans Frontières, Rapport 1998) - Le 14 mai 1997, le billet d'humeur du quotidien gouvernemental L'Union, signé du pseudonyme Makaya, est interdit &laqno; jusqu'à nouvel ordre » par décret présidentiel. Sur le ton de la conversation et de la fausse naïveté, ce billet critique parfois violemment les travers de la société gabonaise, les erreurs de ses hommes politiques et la politique des grandes puissances, notamment la France. A propos de la crise zaïroise, le billet du 13 mai évoque &laqno; les égouts de la politique franco-africaine ». Le 20 mai, après avoir reçu le soutien de l'hebdomadaire satirique indépendant La Griffe, qui lance une pétition pour &laqno; défendre la liberté d'expression et la démocratie », ainsi que de plusieurs partis d'opposition, L'Union est à nouveau autorisé à publier cette rubrique.
Le 20 mai, les studios de la radio indépendante Radio Commerciale, à Libreville, sont saccagés par plusieurs hommes en armes non identifiés. L'émetteur est complètement détruit. Au 31 décembre, la radio n'avait pas repris ses émissions.
Le 26 juin, l'hebdomadaire Le Bûcheron, organe du Rassemblement national des Bûcherons (RNB), principal parti d'opposition, est suspendu pour un mois suite à la parution le 19 juin d'un article très violent à l'égard du président Omar Bongo, intitulé &laqno; Faisons la peau à Omar ».
Le 13 octobre, Le Bûcheron est à nouveau suspendu pour trois mois. Un article de son édition du 9 octobre accuse le pouvoir d'avoir enterré un fétiche &laqno; de haute sorcellerie » dans une clairière proche de l'aéroport d'Oyem, capitale de la province du Woleu-Ntem, fief du RNB. La même édition reproduit partiellement l'article intitulé &laqno; Faisons la peau à Omar ».
Le 4 décembre, le Conseil national de la communication (CNC), l'organe étatique chargé de la déontologie journalistique, menace de retirer l'agrément de la radio privée Radio Soleil alors que deux émissions politiques de cette radio sont déjà suspendues pendant un mois. Cette radio est accusée de &laqno; dérive tribaliste et tentative de trouble à l'ordre public » par le CNC, pour avoir diffusé le 3 décembre une chronique sur &laqno; le caractère flou » de l'accession au pouvoir du président Omar Bongo.
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