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Edgar Morin, sociologue et écrivain français (Jeune Afrique No. 2004, p. 23)
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Manifeste d’information et de sensibilisation pour l’organisation d’élections présidentielles transparentes au Gabon par l’ONU en 2005
Auteur:  BDP Presse  | Date: 22 Novembre 2004  | Réactions ()
Section: Rapports  | Source: BDP Presse

Pour consulter le manifeste en format PDF, cliquez ici.

VIE POLITIQUE GABONAISE : PERSPECTIVES ET PROBLEMATIQUE
 
A la veille des élections présidentielles de Décembre 2005 et au regard de l'expérience passée et récente de l'organisation des opérations électorales par le pouvoir en place au Gabon, les Gabonais se posent aujourd'hui, et à juste titre, des questions, dont la plus importante concerne la transparence desdites élections.

Tout observateur de la vie politique gabonaise est bien obligé de reconnaître que les conditions minimales menant à un choix libre par les électeurs ne sont pas réunies à chaque fois qu'il y a consultation électorale dans notre pays. En effet, depuis 38 ans de pouvoir sans partage, Omar Bongo pour des convenances personnelles et égoïstes a toujours été effrayé par l'idée d'organiser une élection véritablement transparente et démocratique au Gabon. Certains diront qu'il est atteint par le syndrome de la forteresse assiégée, vu qu'il s'imagine sans doute que tous ceux qui ne sont pas avec lui sont forcément contre lui. La peur de perdre le pouvoir par l'expression démocratique des urnes n'a cessé de hanter Omar Bongo, et ce depuis son accession trafiquée au pouvoir en 1967. L'on se souviendra qu'Omar Bongo, juste un an après sa venue au pouvoir, avait supprimé le multipartisme, signalant ainsi l'avènement d'une dictature sanguinaire et kleptocrate dans notre pays.

Cette peur de perdre le pouvoir n'est pas fortuite. Omar Bongo ne sait que trop bien qu'une expression réellement démocratique du peuple le relèverait immanquablement de ses fonctions. Voilà pourquoi Omar Bongo éprouve une peur morbide face à tous ceux qui ont le courage d'oser lui dire non ou de s'opposer à lui. Cette peur expliquera pourquoi il fait tout depuis 38 ans non seulement pour corrompre massivement ses opposants déclarés ou non déclarés, mais aussi pour gagner par la fraude et les tripatouillages toute élection gabonaise. Les assassinats, enlèvements et arrestations de citoyens jugés trop dangereux sont aussi à mettre à son compte, ainsi que le bâillonnement systématique des médias. D'autres manœuvres autocratiques sont également à signaler au palmarès de celui qui s'impose aujourd'hui illégalement et illégitimement comme président du Gabon ; en moins d'une douzaine d'années, il a modifié au moins six fois la constitution du Gabon, notamment :

- loi n° 3/91 du 26 Mars 1991
- loi n° 01/94 du 18 Mars 1994
- loi n° 18/95 du 29 Septembre 1995
- loi n° 01/97 du 22 Avril 1997
- loi n° 14/2000 du 11 Octobre 2000
- loi n° 13/2003 du 19 Août 2003.

Il faut ici rappeler que le régime Bongo détient l'un des records de manipulation constitutionnelle les plus ignominieux au monde, vu que  de 1967 à 2003, le régime Bongo n'a cessé de " brigander " la constitution gabonaise, la modifiant au moins trente et une fois en 36 ans, soit à peu près une fois par an en moyenne. Rarement a-t-on vu dans un pays se voulant démocratique pareil rythme de modifications pernicieuses de la loi fondamentale. C'est dire que les 38 ans de régime Bongo au Gabon sont des années pendant lesquelles ce régime a entrepris de pétrir la loi fondamentale du pays en fonction des humeurs du monarque Omar Bongo, qui a ainsi cousu au fil des années une constitution sur mesure capable de lui faire réaliser son rêve de présidence à vie.

Toutes ces modifications ont également eu pour but de défaire les acquis constitutionnels de la Conférence nationale de 1990, permettant ainsi un renforcement des pouvoirs dictatoriaux d'Omar Bongo. C'est là une attitude extrêmement dangereuse qui non seulement met à mal la fragile cohésion sociale d'un pays comme le nôtre,  mais également retarde toute possibilité de développement économique, d'autant plus que dans la dernière copie inventée par les "grands constitutionnalistes" à la solde du dictateur, la possibilité lui est désormais accordée de se représenter indéfiniment et par voie de conséquence de mourir au pouvoir. L'article 9 du titre II de cette nouvelle mouture constitutionnelle stipule en effet que " le Président de la République est élu pour sept ans, au suffrage universel direct. Il est rééligible."

Pour le Gabon, cet article est un drame. Il institue une monarchie déguisée tout en condamnant le pays à une prise d'otage permanente par le clan Bongo, qui compte ainsi assurer une transition en douce de père en fils ou de requin du régime à requin du régime. A ce titre, une élection à un tour semble comme la seule manière pour Bongo de pouvoir s'assurer une réélection sans risque. Les calculs du dictateur lui font espérer une majorité relative qui, même dans une situation d'abstention record où ne voterait que 5% de la population, lui permettrait de se déclarer indignement "vainqueur". Un deuxième tour d'élections serait, dans ce contexte, trop risqué pour le dictateur vu que la population aurait ainsi la possibilité de se ressaisir et de s'organiser pour en finir une bonne fois pour toutes avec le régime Bongo.

Là où il y a problème, cependant, est que la prise en otage du pays qui résulte de ces méthodes criminelles fait de plus en plus planer sur la destinée du Gabon le spectre d'un soulèvement populaire dévastateur ou même celui d'une guerre civile qui pourrait compromettre toute chance de renouveau dans notre pays. Alors que le discours politique officiel du dictateur a toujours prôné la paix, l'unité et la solidarité nationales, la pratique politique réelle a encouragé le tribalisme, les divisions, la méfiance, le malaise social et le népotisme. Le Gabon est aujourd'hui plus divisé qu'il ne l'a jamais été.

La conséquence immédiate du bongoïsme dans notre pays est que les Gabonais ont perdu leurs repères traditionnels. De la corruption à l'injustice érigées en système, de la diffamation à l'insulte qui prennent le pas sur la considération et le respect, du manque de moralité à l'institutionnalisation de la criminalité comme mode de vie acceptable, le déficit moral est tel que notre société est plus que jamais à la recherche de son identité et de sa dignité. La perte de crédibilité de notre pays à l'extérieur est à l'image de la dégradation de l'autorité de l'état et de la déchéance de notre nation à l'intérieur. Le décollage économique que le pays attend maintenant depuis 38 ans, un décollage pourtant garanti par les immenses potentialités dont regorge notre sous-sol, n'est jamais venu. A sa place, le pays végète et croule sous une dette qui enrichit de manière personnelle les requins du régime, laissant le reste du pays croupir dans une misère incompréhensible. Le laxisme, l'incompétence, le vol, les viols, la gabegie et la criminalité mafieuse du bongoïsme, érigés en système de gestion politique et économique, éloignent chaque jour davantage les Gabonais du niveau de vie auquel ils ont droit. 38 ans après l'arrivée au pouvoir d'Omar Bongo, 60% des Gabonais vivent encore sous le seuil de pauvreté.

Devant une telle débâcle politique et économique, un seul constat s'impose : la solution de la crise politique et économique du Gabon passe nécessairement par une réforme de fond de notre système politique. La garantie de transparence électorale demeure le point le plus important d'une telle réforme.


DE LA TRADITION ELECTORALE GABONAISE : DU MANQUE DE CREDIBILITE AU MANQUE DE LEGITIMITE

Les repères événementiels de la vie politique du Gabon nous rappellent que depuis 1990, année de l'instauration du multipartisme dans le pays, les Gabonais se sont rendus plusieurs fois aux urnes :

- Septembre 1990 : élections législatives.
- Décembre 1993 : élections présidentielles.
- Juillet 1995 : consultation référendaire.
- Octobre 1996 : élections locales.
- Décembre 1996 : élections législatives.
- Décembre 1998 : élections présidentielles.
- Décembre 2001 : élections législatives.
- Novembre 2002 : élections locales.

Toutes ces consultations électorales ont été outrageusement et frauduleusement "remportées" par le régime Bongo, et ce, contre le gré du peuple. Le constat, au vu de ce qui précède, est limpide : Si Monsieur Bongo a accepté le multipartisme en 1990, il ne l'a fait que du bout des lèvres. Il n'a fait que créer l'illusion démocratique pour calmer les aspirations populaires, mais la stratégie, depuis le départ, a toujours été de ramener progressivement le pays à un état de monopartisme de fait. Les institutions existantes depuis 1990, notamment la Cour Constitutionnelle, le Conseil National de la Communication, l'Assemblée Nationale pluraliste, le Sénat, le Conseil Economique et Social, la Commission Nationale Electorale, le Conseil National de la Démocratie, ne sont en aucun cas des organes libres pouvant garantir le jeu démocratique chez nous. Ils sont tous à la solde et à la merci du pouvoir, qui en a fait de simples instruments de consolidation de sa dictature. Vu que la plupart des membres de ces organes ont été soit frauduleusement élus, soit discrètement nommés par arrêté présidentiel dans des conditions floues, et vu que Bongo a le pouvoir de nommer et de démettre qui il veut, l'on comprend aisément pourquoi, dans un tel environnement, les idées autocratiques d'Omar Bongo se sont inévitablement transformées en lois constitutionnelles ou organiques, sans qu'aucune institution de l'état, qu'il s'agisse du parlement, de la Cour constitutionnelle ou de l'armée, n'ait pu pleinement exercer ses prérogatives de contre-pouvoir pour garantir l'intégrité de l'état. La personnalisation intégrale de l'état gabonais, et la phagocytation systématique des pouvoirs organiques et constitutionnels des diverses institutions de la république, font donc qu'aujourd'hui l'on puisse réellement dire qu'au Gabon, il n'y a plus d'état, car l'état c'est Bongo.

D'où la catastrophe économique et politique qui s'est abattue sur le Gabon, et qui tue désormais le pays à petit feu.

La solution aux problèmes économiques auxquels fait face notre pays passe nécessairement par une clarification du contexte politique qui caractérise le Gabon aujourd'hui. Parce qu'un état de droit ne peut découler que de la légitimité qui naît d'un processus électoral transparent et du respect du jeu constitutionnel entre les diverses institutions de la république, la tenue d'élections réellement libres et la venue au pouvoir d'un régime avec une ambition nationale positiviste peuvent indubitablement mener à un renouveau national. Malheureusement, les conditions de la transparence électorale au Gabon sont encore une aspiration bien lointaine.
En effet, une exploration du système électoral gabonais mène à un constat hautement accablant. Dans notre pays, on note que le processus électoral est, à chaque manifestation, caractérisé par:

- l'absence d'un véritable recensement de la population électorale, l'inexistence d'un fichier statistique électoral fiable, ce qui mène à la création de listes électorales erronées et parallèles sources de fraudes massives ;
- des bureaux de vote fantaisistes, dans lesquels sont couramment pratiqués des bourrages d'urnes systématiques, présentées des procurations incontrôlées, et officialisés des résultats déformés résultant de manipulations des chiffres ;
- des circonscriptions électorales taillées sur mesure, pour garantir une base électorale sans risque au régime Bongo.
- l'achat des consciences à tous les niveaux de la société et de l'appareil administratif ;
- l'intimidation ou la répression armée, avec utilisation de gangs armés, les fameux " Cool Mondjers ",  financés par le pouvoir pour terroriser la population en toute impunité ;
- le bâillonnement et le contrôle des médias, qu'ils soient d'état ou privés ;
- le financement fantaisiste des partis politiques, qui ne reçoivent de financement que dès lors qu'ils sont affiliés au régime, ceci en évidente infraction vis-à-vis de la loi N°24/96 qui, en son article 24, stipule que l'Etat a le devoir de participer au financement des partis politiques par des subventions annuelles de fonctionnement allouées aux partis politiques ayant au moins un représentant au parlement et des subventions de campagne électorale allouées aux partis politiques qui présentent des candidats aux élections législatives et sénatoriales ;
- la fraude électorale systématique, notamment au niveau des cartes d'électeurs, du vote des étrangers, du vote multiple, du transfert des électeurs, etc. ;
- le contrôle total de tout le processus électoral par le Ministère de l'intérieur, qui proclame systématiquement des résultats fantaisistes taillés sur mesure ;
- l'incapacité de la cour constitutionnelle de faire respecter le vote du peuple ou d'invalider des élections non représentatives où les taux d'abstention atteignent 75 à 85%, voire même 90% des électeurs inscrits.

Pour ce qui est de l'utilisation des médias d'état, ils sont devenus de vrais instruments au service du pouvoir en place. En période électorale, la place réservée aux candidats du parti au pouvoir et à ses satellites est sans commune mesure comparée à celle accordée aux partis de l'opposition, confirmant ainsi une dérive autocratique qui remet profondément en cause les dispositions constitutionnelles des articles 94 et 95 relatifs à la communication audiovisuelle et écrite, articles qui énoncent que l'information au niveau des services publics se doit d'être juste, équitable, pluraliste et inclusive de tous les partis et associations politiques.

Il ressort ainsi de toutes les élections tenues au Gabon depuis 1990 que le pays est totalement pris en otage par des forces anti-démocratiques dont le but est de maintenir Omar Bongo au pouvoir, risquant ainsi de plonger le pays dans l'instabilité et la guerre civile. Comme en 1993 lors des premières élections présidentielles pluralistes du pays, élections d'ailleurs fortement contestées par la majorité de la population, le pays est allé de " coups d'état électoraux " en " coups d'état électoraux ", chacune des élections étant toujours précédée et suivie d'un climat quasi-insurrectionnel. Les fameux " Accords de Paris ", qui ont vu ce qui restait de l'opposition gabonaise aller se vendre aux réseaux Foccart et Pasqua en France du 5 au 27 septembre 1994, n'ont fait que creuser un peu plus le fossé qui existe entre une classe politique gabonaise pervertie et un peuple totalement désabusé. D'accords voulus souverains au départ, l'on aboutit à une situation où la classe politique gabonaise décida tout simplement de se partager le Gabon, au détriment d'un peuple laissé à l'abandon. Le peuple gabonais dix ans après les fameux accords, est resté convalescent, trahi par sa classe politique.

Le Président français Jacques Chirac, intervenant récemment devant un parterre de Présidents à l'Assemblée Générale des Nations Unies, avait, à tort ou à raison, argué que "lutter contre la pauvreté est un acte de justice, d'intelligence et de paix, car la dignité et l'espoir d'une vie meilleure sont les antidotes les plus efficaces aux poisons de la violence et du fanatisme," et que "l'égoïsme se paie en révolte des hommes". 

Le BDP-Gabon Nouveau estime que l'égoïsme de la classe politique a atteint un niveau de bestialité insupportable pour le peuple gabonais, et qu'un profond changement s'impose immédiatement au Gabon, avant que le peuple ne fasse payer cet égoïsme en révolte d'hommes. Personne ne souhaite ni la violence, ni la guerre civile au Gabon, mais quand un peuple est constamment bestialisé, brimé, opprimé, abusé, volé, violé et impitoyablement et systématiquement appauvri, ce peuple finit toujours par se soulever. Aujourd'hui, le risque d'un soulèvement généralisé ou d'une guerre civile est trop grand au Gabon pour qu'on laisse le pays continuer à aller à la dérive, surtout à un moment où le régime Bongo, enlisé dans son incompétence, ne sait plus trop quoi faire pour apporter au pays le développement qu'il attend depuis maintenant 38 ans.

Vu que le régime Bongo a montré son incompétence et un manque de volonté chronique quant à sa capacité à organiser des élections crédibles au Gabon, le chemin de la paix, celle des vrais patriotes, passe désormais, nécessairement, par l'ONU.


L'ONU ET L'AN " ZERO " DE LA POLITIQUE GABONAISE

Le BDP-Gabon Nouveau pense que seule l'ONU est à même de garantir des élections transparentes au Gabon et de permettre ainsi au pays de commencer ce que l'on pourrait appeler l' " an zéro " de la politique gabonaise. Seule l'ONU pourrait garantir l'adhésion permanente et totale de tous les Gabonais et amis du Gabon épris de paix et de progrès au processus électoral gabonais, ce qui amènerait inévitablement à une autre manière de faire les choses et à une autre politique, celle qui créerait une nouvelle dynamique de développement et d'épanouissement de nos valeurs, à travers la mise en commun de toutes les potentialités de nos richesses naturelles et humaines.
 L'ONU, si elle est sollicitée par la nation gabonaise, ne saurait se dérober devant ses responsabilités. La mission de l'ONU, telle que fixée par les états-nations du monde qui la composent, consiste, entre autres, à :

- garantir la sécurité internationale ;
- maintenir la paix entre les peuples ;
- empêcher les actes criminels visant à causer volontairement la misère humaine et les génocides ;
- assurer par tous les moyens pacifiques et conformément aux principes de la justice et du droit international, le règlement des différends internes ou externes aux états membres ;
- maîtriser les situations de trouble de l'ordre international, et si nécessaire, national ;
- prévenir les conflits et sortir les hommes des conflits ;

Le Gabon étant un volcan social et politique dont la lave, comme en Côte d'Ivoire, risque à tout moment de remonter violemment à la surface, le rôle de l'ONU en matière de prévention des conflits va être plus que jamais crucial pour notre pays. Vu que des hommes politiques irresponsables comme Louis-Gaston Mayila estiment qu'en Afrique, "un gouvernement n'organise pas les élections pour les perdre," les conditions pouvant mener à la guerre civile ne peuvent être plus claires : le régime Bongo est prêt à risquer la guerre civile plutôt que de céder démocratiquement le pouvoir au plus méritant. Sur la base de telles paroles, l'on ne peut ni faire confiance au régime Bongo, ni attendre de lui la bonne volonté qu'il faudrait pour garantir dans notre pays des élections entièrement transparentes, impartiales et crédibles.

 Dans ce contexte, l'ONU, en tant que partie tierce dont la neutralité serait relativement plus acceptable que celle de tout autre institution internationale de maintien de la paix, est à même de livrer aux Gabonais des résultats électoraux beaucoup plus crédibles qui, même s'ils ne sont pas parfaits, seront néanmoins plus acceptables que ce que le régime Bongo pourrait produire.

Kofi Annan, Secrétaire Général des Nations Unies, l'avait dit lui-même: " toutes les sociétés harmonieusement organisées reposent essentiellement sur l'assurance que leurs membres règleront leurs différends sans recourir à la violence. La prévention des conflits à l'intérieur des Etats et entre eux exige en premier lieu que l'on accorde une attention permanente aux sources potentielles de tensions et que l'on agisse promptement pour veiller à ce que celles-ci ne se transforment en conflits." La nation gabonaise est prête à tenir Kofi Annan et l'ONU à ce rôle sacré de la communauté internationale.
 
Une élection entièrement organisée par l'ONU veut dire que l'ONU devra reprendre et revoir à zéro tout le processus électoral gabonais. En d'autres termes, l'ONU devra:

- dissoudre toutes les listes électorales actuelles et refaire totalement de nouveaux fichiers électoraux basés sur ses propres méthodes de travail.
- annuler les cartes électorales établies par l'état Bongo et délivrer ses propres cartes, qui devront être infalsifiables et disposer de dispositifs de vérification électronique.
- faire son propre recensement général de la population pour mieux juger du vrai nombre de Gabonais dans le pays. 
- mettre en place au cours de l'année 2005 des observateurs dans toutes les régions du Gabon, pour surveiller les mouvements des populations et éviter que des gens ne viennent des pays voisins pour voter au Gabon. Les frontières avec nos voisins du Congo, de Guinée Equatoriale et du Cameroun devront être particulièrement surveillées.
- mettre en place ses propres observateurs électoraux qui devront tous venir de pays neutres.
- mettre en place ses propres commissions et bureaux électoraux dans lesquels chaque parti gabonais pourra avoir son représentant.
- réorganiser les circonscriptions électorales d'une manière qui soit plus logique et plus équitable.
- s'assurer que l'état gabonais ne garde le contrôle d'aucune structure électorale. Le seul rôle que jouera l'état consistera à mettre à la disposition de l'ONU la logistique financière et matérielle nécessaire.
- s'assurer que l'ONU sera le seul organisme a pouvoir valider, puis proclamer le résultat des élections, sans influence directe ou indirecte de l'état gabonais.

Les avantages d'une telle démarche sont multiples :

1) Une élection entièrement organisée par l'ONU apportera la vraie démocratie au Gabon et l'instauration d'un état de droit qui ne permettra plus les égarements criminels du passé;
2) Une élection entièrement organisée par l'ONU mettra tout le pays d'accord et ramènera l'unité nationale autour de la personne qui sera élue, même si cette personne est Omar Bongo ;
3) Une élection entièrement organisée par l'ONU est ce qui amènera la légitimité à la personne qui sera élue, même si cette personne est Omar Bongo ;
4) Une élection entièrement organisée par l'ONU est ce qui assurera le développement et la paix durables au Gabon dans un cadre de réconciliation nationale;
5) Une élection entièrement organisée par l'ONU permettra à la nation de repartir d'un nouveau pas dans le cadre d'un "an zéro" de la politique gabonaise.

L' " an zéro " de la politique gabonaise consistera tout simplement à oublier, sans récriminations et sans regrets, le passé et à se lancer collectivement dans le renouveau concerté et démocratique du Gabon. Si donc, Omar Bongo veut vraiment montrer aux Gabonais qu'il est non seulement un homme de paix, mais aussi qu'il peut gagner dans la transparence totale une élection au Gabon, la solution onusienne reste la seule qui puisse rencontrer une adhésion nationale totale et entière. Si Bongo gagne une élection entièrement organisée par l'ONU, c'est que le peuple gabonais aura voulu le maintenir au pouvoir et personne ne pourra alors remettre en cause sa légitimité. La nation sera alors prête à se joindre à lui pour faire avancer le pays, remettre le peuple au travail et apporter à tous le bien-être tant attendu. Par contre, si Bongo perd, qu'il accepte de partir comme un homme, la tête haute et l'âme tranquille. Au besoin, les Gabonais pourront, par référendum lors de la même élection, voter pour donner une amnistie totale et irréversible aux membres du régime pour qu'ils ne soient plus jamais poursuivis ni inquiétés pour les crimes commis lors de leur exercice. La seule condition de l'amnistie sera alors pour eux de faire état de leurs biens et d'accepter de rapatrier au Gabon leurs fortunes pour les réinvestir légalement dans le pays en tant que businessmen de droit. Ce sera là leur manière de rendre légalement au peuple par la création d'entreprises et d'emplois les biens détournés illégalement.
Les conditions de l'" an zéro " de la politique gabonaise seront, en fin de compte, celles-là même qui feront que, en une période de 5 ans :
 
- chaque Gabonais ait un travail dans lequel il gagnerait bien sa vie
- les salaires actuels des Gabonais les plus démunis soient doublés
- il y ait un système de sécurité sociale efficace au Gabon qui prendrait en charge tout le monde parmi les plus démunis.
- il y ait des médicaments, des hôpitaux et des médecins dignes de ce nom pour soigner gratuitement les Gabonais les plus démunis partout dans le pays
- il y ait des routes bitumées partout au Gabon, y compris le désenclavement de Port-Gentil par autoroute.
- il y ait des écoles gratuites et compétentes partout au Gabon, avec au bout, des formations menant directement à l'emploi dans un cadre de gestion rationnelle et d'adéquation formation-emploi.
- les bourses des étudiants soient doublées et le retour au pays de ceux partis étudier à l'étranger soit toujours accompagné de structures d'accueil menant rapidement à un emploi.
- tous les bidonvilles et matitis du Gabon soient totalement réhabilités et transformés en zones urbaines habitables avec lignes privées d'électricité, de téléphone, d'eau, de télévision et Internet par câble, pour projeter immédiatement le pays dans l'ère de l'hyper-information.
- l'on mette en place une politique de fortification du secteur privé par l'encouragement et le financement de la libre entreprise d'une manière qui puisse, dans le cadre de la monétarisation des foyers qui en découlerait, mener au renforcement du marché national et à son expansion.

Et bien d'autres choses encore.

Notre pays souffre à cause de son déficit démocratique. Tant que les Gabonais n'auront librement choisi leurs président et représentants dans le contexte d'un état réformé et démocratique, le Gabon ne connaîtra pas la paix. Une élection entièrement organisée par l'ONU est la seule chose qui aujourd'hui pourra rapidement permettre aux Gabonais de négocier les conditions de l'" an zéro " de la politique gabonaise.

Le BDP-Gabon Nouveau propose donc, à ce titre, la mise en place d'une commission spéciale réunissant des représentants du pouvoir et ceux de l'opposition, afin de préparer sans tarder un mémorandum d'accord sur l'organisation des élections par l'ONU en 2005, mémorandum qui sera alors envoyé à l'ONU pour solliciter son assistance, après avoir été validé par toutes les forces politiques du pays.

Voulant la paix au Gabon et sachant que cette paix passe irrévocablement par la transparence électorale, nous demandons vivement à la communauté nationale et internationale de soutenir cette démarche et de faire tout ce qui est en son pouvoir pour que les élections présidentielles de décembre 2005 dans notre pays soient entièrement organisées par l'ONU.
 
 
Fait à Paris,  le 22 novembre 2004

Pour le Comité Directeur du BDP-Gabon Nouveau

Vincent Essono
Coordonnateur du Comité de Suivi
Porte-Parole, Chargé des missions

BDP-Gabon Nouveau
P.O. Box 3216 TCB
West Orange, New Jersey 07052, USA
Tel: 973-655-5143
Fax: 973-447-9766 ou 973-655-7909
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