DEPUIS le 23 juillet dernier l'unique Boeing 747 d'Air Gabon est sorti de la flotte parce que arrivé en fin depotentiel. Pour un appareil qui était présenté comme le fleuron de la société, et qui en plus était baptisé du nom du premier président du Gabon, on pouvait s'attendre à un autre départ à la retraite que le spectacle pitoyable offert par ce vieux coucou abandonné sur le tarmac de l'aéroport international de Libreville.
Du côté de la compagnie on assure que tout avait été préparé pour assurer au « Président Léon Mba » une majestueuse cérémonie d'adieu. L'avion devait ensuite être cédé à Air France pour éponger une partie de l'énorme dette qu'Air Gabon traîne chez son concurrent.Du Maroc où il se trouvait pour un énième séjour privé,« l'autre président » a été informé par fax. Grosse colère d'Omar Bongo : « Le 747 ne peut pas partir comme ça, alors que je suis à l'étranger ! » Le dégé de la compagnie est prié de tout stopper et d'attendre le retour du Mollah qui lui donne même rendez-vous pour la semaine suivante.
A peine rentré au bercail, Bongo saute dans son Falcon pour se rendre au Ghana prendre part aux négociations sur la crise ivoirienne. Depuis cette date, l'avion est cloué au sol, exposé aux vents marins et à l'humidité. Et Ngoua Békalé attend toujours d'être reçu en audience par le M o l l a h .Pendant ce temps la valeur résiduelle de l'avion ne cessede dégringoler. On se croirait revenu quelques années en arrière avec l'affaire du Lockheed et les mêmes pro- tagonistes. Dans les années 1990, Air Gabon avait dû bra- der son avion à un ami iranien du Mollah parce que ce dernier avait fait capoter une transaction commerciale plus intéressante que l'entreprise avait conclue avec un trans- porteur néerlandais. Même casting, même scénario ?