UNE dette astronomique de 28 milliards de francs CFA dans les soutes, une trésorerie évanescente, des comptes non clôturés depuis des lustres, une liste kilométrique de créances non recouvrées ...
Voilà grosso modo l'état dans lequel Jérôme Ngoua Békalé a trouvé Air Gabon quand il s'est installé aux commandes de la compagnie en avril dernier. Pour redonner un brin d'espoir à cette entreprise comateuse, le nouveau dégé a annoncé un train de mesures dont la plus emblématique est la « chasse aux mauvais payeurs ».Ce n'est pas pour dire, mais il faudra plus que du courage au « chasseur », car dans cette faune de « mauvais payeurs » se trouve un sacré client : la société Air Inter Gabon dont le président-directeur général n'est autre que le citoyen Louis-Gaston Mayila, par ailleurs président du Conseil économique et social du Gabon et président du conseil d'administration... d'Air Gabon.
Vous avez bien lu ! Et c'est bien l'entreprise de ce président multicarte qui traîne une ardoise de plus de 212 millions de francs CFA chez Air Gabon. On imagine l'ambiance pendant les conseils d'administration lorsque le volet « recouvrement des créances » est abordé. Mais pour Mayila qui ne manque ni d'aplomb ni de culot, le regard des collègues administrateurs ne doit pas être un problème.
Air Inter Gabonune carlingue vide
Déjà, au cours des années 2000 et 2001, le dégé del'époque, Dieudonné Mfoubou avait tenté de faire payer Air Inter Gabon. Sans succès. Les tribunaux et les huissiers n'ont pas eu plus de succès. De guerre lasse, le créancier, en l'occurrence Air Gabon s'est résolu à faire saisir les biens de ce « mauvais payeur ».
Et là, surprise : Air Inter Gabon n'est plus qu'une carlingue vide ! Même ses terrains de Port-Gentil (2èmeville du Gabon où l'entreprise a sonsiège) ne lui appartiennent plus.C'est le cas, particulièrement, des parcelles faisant l'objet des titres fonciers 387bis et 878. Ces lopins de terre qui mesurent tout de même 2008 m2 et 3088 m2 sont grevés de deux hypothèques au profit de l'Union gabonaise des banques, une filiale du Crédit lyonnais.
Aux dernières nouvelles, le « mauvais payeur » continue à courir.Petite suggestion : et si on confiait au président duconseil d'administration la mission de traquer les « aux mauvais payeurs » ? Louis-Gaston Mayila serait sûrement ravi. Air Gabon aussi. Eh ben, il suffisait d'y penser !