Souah et Libertis ont massacré en souplesse les comptes de Gabon-Télécom. Les administrations et grandes sociétés en ont rajouté. Et, au lance-flammes, Ossamy menace de ne pas mourir comme ça.
A présent, pour boucler les fins du mois et payer les salaires, Ossamy racle les fonds de caisses.
Quelques uns de ses fidèles collaborateurs, sensibles à leurs rôles en pareille circonstance, se sont transmutés en huissiers chargés de collecter les impayés des consommations auprès de certaines administrations et sociétés de la place. Et là, pas question d'accepter le banditisme d'un chèque qui pourrait revenir impayé, comme c'est souvent le cas. Pour Ossamy, l'heure est désormais au cash, sinon c'est la palabre.
En fait de palabre, il s'agit plutôt de l'usage de l'arme fatale dont dispose la téléstar de Moanda : la coupure du téléphone. Ainsi, les administrations qui ont pris la menace à la rigolade ou ont voulu faire la résistance, tel l'Hôtel de ville, pour ne citer que cette institution, sont depuis hors réseau fixe. Et l'offensive a été poursuivie auprès de tous les gros clients, petits radins au bonheur, qui font exprès de vouloir continuer à utiliser le téléphone en bon, comme si c'était cadeau. Notamment les grands hôtels, à l'instar de l'Intercontinental Okoumé Palace, dont le téléphone a été suspendu. Ce qui a obligé ces pingres à mettre rapidement la main à la poche. Quant au plus têtus - et il y en a - ils se sont lancés dans le portable et ont ainsi pu garder le contact. Pour l'instant seulement...
Si ces récalcitrants peuvent compter sur le dilatoire des procédures judiciaires pour ne pas honorer leurs impayés, il reste que le portable pourra, d'ici peu, connaitre de bien mauvais désagréments. Surtout du côté de Libertis, où les relations, entre cet opérateur et Gabon Télécom, sont si brouillées qu'on n'a trop attendu, d'un côté comme de l'autre, pour déclencher une véritable escalade. Et alors que les deux belligérants pansent leurs blessures, on a oublié que Libertis, filiale à 100% Gabon Télécom, a pour géniteur et tuteur la boîte que dirige Ossamy. Tant pis même si on déplorera le parricide, c'est la guerre !
C'est l'orgueil de so(uah)
Pour la petite histoire, on retiendra que Libertis, c'est-à-dire Souah, doit à Gabon Télécom, c'est-à-dire Ossamy, un sacré pactole. Pour les seuls impayés de consommations téléphoniques, la note affiche 850 millions FCFA. Quant au loyer, le siège social étant une propriété de Gabon Télécom, l'ardoise marque 3 milliards FCFA. Depuis sa création, Libertis a pris la mauvaise habitude de ne pas honorer ce pan pourtant sensible de ses charges incompressibles, préférant jouer les enfants gâtés que le papa devra toujours entretenir.
Maintenant que papa Ossamy est dans la galère, on a vite exhumé les vieilles factures pour obliger le pauvre Souah à passer, pour la première fois de son heureuse vie, à la caisse. Une vraie « humiliation » quand on voit la bassesse du coup : ce petit roublard d'Ossamy a d'abord attendu que la fortune générée par la tommbola soit repartie dans la construction du beau siège de Franceville et les voitures, pour présenter sournoisement ses deux factures. Voilà au moins un bon disciple de ce grand sage qui a déclaré que "si l'oiseau oubli le piège... "
C'est surtout à cause de cette honteuse mesquinerie d'Ossamy que Souah a décidé de ne pas payer. Un refus qui a aussitôt soulevé de violentes représailles d'Ossamy. Ainsi, le téléphone fixe a été coupé à Libertis. Riposte tout aussi expéditive de Souah : toutes les puces que les anciens responsables de Libertis, aujourd'hui à Gabon Télécom, utilisaient gratuitement ont été immédiatement bloquées. Ce qui a du reste poussé Ossamy à prendre un abonnement à Celtel. Comme ça au moins, Souah ne pourra plus user de son « ignoble chantage ».
Libertis SDF ?
Car, pour la suite des hostilités, les avocats d'Ossamy sont déjà sur le pied de guerre. La stratégie consiste à finaliser, dans les moindres détails, l'expulsion de Libertis de son siège des Neuf Etages. Aux dires de certains, ce ne serait d'ailleurs plus qu'une question de temps puisque la tentative de médiation entamée n'a rien donné. Ossamy ayant posé ce préalable à tout cessez-le-feu : que les comptes de cette soit disant filiale lui soient présentés et reçoivent désormais ses délicates orientations. Ce sur quoi Souah aurait nerveusement craché. Ce qui laisse augurer de spectaculaires empoignades.
Dommage qu'au pays de la médiation internationale, il n'y ait pas une médiation nationale pour résoudre ce genre de conflit, qui oppose quand même deux membres de la famille du médiateur international.