On relève l'insuffisance des moyens financiers chaque fois qu'une opération d'envergure en matière de santé doit être menée.
LE ministre d'Etat en charge de la Santé publique a justifié lundi le report au 8 mars des journées nationales de vaccination contre la poliomyélite, qui devaient commencer le 25 février dernier, par l'insuffisance des moyens financiers nécessaires à l'opération. Le même problème s'est posé en novembre 2004, lorsqu'il s'est agi de la campagne de vaccination contre la rougeole. Le budget prévu à cet effet était déficitaire de près de 90 millions de francs.
Pas étonnant donc que, comme le font apparaître les statistiques, le taux de couverture vaccinale ait considérablement baissé. Il est descendu en dessous de 30%, alors qu'au cours de la décennie 1980-1990, 80 % de la population gabonaise étaient vaccinés contre les grandes endémies.
Les ministres qui se sont succédés à la Santé publique ces derniers temps tentent de le ramener à 50% de la population. Ce qui a le caractère d'une véritable gageure, eu égard aux difficultés financières du département chaque fois qu'il faut déclencher une opération.
Il faut toujours recourir à la magnanimité des partenaires internationaux. En général, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) se montrent coopératifs.
Les difficultés financières que le ministère de la Santé publique rencontre pour mener à bien les campagnes de vaccination sont-elles dues à son budget ? Ce qui expliquerait, partiellement, les fréquentes ruptures de stock de médicaments dans les centres de santé publics.
Le montant du budget alloué à ce ministère, environ 46 milliards de F, justifie-t-il aussi le délabrement, l'insuffisance ou l'absence de certains équipements dans les plus grands établissements sanitaires publics ?
Certes des efforts considérables ont été entrepris dans l'amélioration des structures d'accueil des malades depuis 1998. Plusieurs grands hôpitaux publics (Mouila, Oyem, Port-Gentil, Koula-Moutou, Franceville), ont été construits ou mis en fonction.
Mais leur mise en service n'a pas été facile, tant les crédits, l'argent, le nerf de la guerre manquait ou était en deçà des estimations.
Lors des visites effectuées au Centre hospitalier de Libreville (CHL) et à l'hôpital régional de Mélen, au lendemain de sa prise de fonctions, le nouveau ministre de la Santé, Paulette Missambo, s'en était rendue compte elle-même. Les populations de l'arrière-pays ne manqueront pas de se demander si ce sont encore les difficultés financières qui justifient la fermeture des dispensaires où elles recevaient les premiers soins.
On ose croire que le monde de la santé, qui s'active pour l'organisation des états généraux, inscrira à l'ordre du jour la question des fonds. Mais les agents seraient bien inspirés d'aborder également, sans fioritures, celle de leur comportement vis-à-vis des patients et de la logistique mise à la disposition des structures où ils exercent.