Réunis hier en assemblée générale, les membres de cette structure syndicale ont désapprouvé la démarche choisie par la tutelle.
LE Syndicat national de la Caisse nationale de sécurité sociale (SYNA-CNSS) n'approuve pas le projet d'autonomisation des hôpitaux initié par la tutelle. Réunis hier en assemblée générale, les membres de cette structure syndicale se sont montrés réfractaires audit projet; lequel selon eux absorbera beaucoup de ressources financières qui auraient pu être allouées à d'autres chapitres prioritaires. Pour amener la tutelle à infléchir sa position les syndicalistes ont décidé de rencontrer prochainement le ministre des Affaires sociales et les autres parties concernées par le dossier.
Au-delà même de la récusation du projet, c'est la démarche choisie par la tutelle que les membres du SYNACNSS ont fustigée. A la lumière des explications de la présidente de cette structure syndicale, Viviane Maganga Bakita, il ressort que la direction générale de la CNSS n'a pas associé dans le projet, les agents qui sont les premiers concernés. «Pis, a-t-elle relevé, la conduite du projet a été confiée au groupe Vamed dont la gestion a été décriée à l'hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné, Paul Moukambi de Koulamoutou et Amissa Bongo de Franceville.»
Devant ce qu'ils présentent comme un projet opaque, les syndicalistes ont dit attendre les explications des responsables de la CNSS sur les tenants et aboutissants de l'autonomisation de Jeanne Ebori, l'hôpital pédiatrique d'Owendo et Paul Igamba, lesquels seront désormais placés sous la houlette de la Fondation des hôpitaux de la sécurité sociale (FHSS). «On apprend dans la rue que cette structure veut déléguer la gestion des hôpitaux à d'autres personnes. Que devons-nous comprendre par là ? Est-ce parce que cette fondation a beaucoup d'argent qu'elle voudrait distribuer à un plus grand nombre de personnes ? S'il en est ainsi, pourquoi la CNSS qui semble éprouver des difficultés financières continue -t-elle de payer les salaires des dirigeants de cette fondation ?» s'est interrogée Mme Maganga Bakita.
A y regarder de près, les syndicalistes redoutent les conséquences de l'autonomisation des hôpitaux de la CNSS. La démolition annoncée de l'annexe de la Fondation Jeanne-Ebori dans laquelle travaillent quelque trois cents personnes - fait planer le spectre du licenciement. Pis, douze médecins seront envoyés à la retraite en avril prochain. Toute chose a dit la présidente du SYNA CNSS, met en exergue les signes d'une compression. «Nul n'a besoin d'être sorcier pour comprendre que le licenciement est en vue.» Dans la foulée, mille agents âgés de 48 ans doivent faire valoir leurs droits à la retraite. Or, l'effectif de cette tranche d'âge est estimé 1500 agents dans les trois hôpitaux. « Si nous partons, qui payera nos droits payera nos droits ? La CNSS ou la FHSS ?» s'est encore interrogée la présidente du SYNA-CNSS.
Devant ce qui apparaît comme un épouvantail, les membres de cette structure syndicale ont demandé à rencontrer le groupe Vamed, le gestionnaire délégué choisi par la FHSS. Mieux, ils ont envoyé un document au ministre des Affaires sociales dans lequel ils expriment leurs réserves sur le projet d'autonomisation des hôpitaux proposé par la tutelle. Mais leur requête n'a pas rencontré l'écho mérité. D'où évidemment la frustration qui les amène désormais à brandir un préavis de grève. Au terme de l'assemblée générale tenue hier à la salle de réunion de la Fondation Jeanne Ebori, Viviane Maganga et ses compagnons ont accordé à leurs interlocuteurs un délai de trois jours à compter de lundi pour qu'ils fassent diligence pour tenter d'y remédier.