Les travaux présentés par les chercheurs lors du récent conseil scientifique sont bénéfiques non seulement pour la santé publique, mais également pour l'économie nationale.
ON savait le Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF) au service de la santé,
A travers les travaux de certains chercheurs présentés au cours du dernier conseil scientifique, qui s'est tenu du 18 au 21 du mois en cours dans le chef-lieu du Haut-Ogooué, la structure a traduit son ambition de devenir un outil de développement.
Le CIRMF mène des recherches sur les écosystèmes, notamment la répartition de l'okoumé au Gabon. Une meilleure compréhension de la géographie de ce bois pourrait permettre sa culture.
Il va de soi que l'économie nationale en tirera profit. Les ressources forestières, principalement l'okoumé, sont une source importante de devises pour le pays.
Dans une perspective d'élevage du potamochère (sanglier), des chercheurs mènent des travaux à Franceville sur ce gibier très prisé par les citoyens. Ils entrevoient des retombées en matière d'auto-emploi et, par conséquent, de lutte contre le chômage.
S'agissant des missions initiales du CIRMF, les participants au conseil scientifique se sont intéressés,à l'évolution des recherches sur plusieurs pathologies parmi lesquelles le paludisme, la filariose, la trypanosomiase (maladie du sommeil) et le sida. Il ressort de cet examen que les travaux présentés permettent de déceler des virus qui ne figuraient pas encore dans la panoplie des maladies contre lesquelles la santé publique gabonaise doit lutter.
De plus, l'effervescence scientifique rend désormais possible la mise en place de processus d'identification des causes de certaines maladies. Les chercheurs soupçonnent le virus HTLV, très fréquent au Gabon, d'être à l'origine de plusieurs pathologies, comme les lymphomes et les paralysies. Ainsi, peut-on envisager des protocoles de protection contre ces maladies.
En collaboration avec d'autres structures et institutions nationales et internationales, le CIRMF a réussi à cerner la prévalence du virus du sida (VIH) dans toutes les contrées du pays. Les travaux des chercheurs permettront d'élaborer des protocoles de surveillance des résistances du VIH à certaines thérapeutiques. Et de cibler les médicaments (molécules dans le jargon scientifique) à prescrire pour bien traiter les malades.
RECHERCHES PROMETTEUSES • Les recherches visent surtout la mise au point d'un vaccin contre le sida. Le cas du mandrill (une espèce de singe) est hautement intéressant. La bête ne fait pas la maladie.
Un jeune chercheur gabonais a retenu l'attention des éminents universitaires qui ont pris part au conseil scientifique. Le compatriote est en passe de mettre au point une méthode de diagnostic rapide de la filariose à loa loa. D'ici à la rencontre de l'année prochaine, grâce aux recommandations qui lui ont été faites, sa démarche aura certainement abouti, naturellement au profit des nombreuses populations,menacées parce mal.
Les chercheurs de Franceville ont, par ailleurs, permis une meilleure compréhension de ce qui se passe chez les malades atteints de la trypanosomiase en phase neurologique. Leurs travaux vont aider à la prévention du passage de la maladie à cette étape. Pour ce qui concerne la fièvre hémorragique virale Ebola, la localisation de son réservoir facilitera la lutte.
Plusieurs participants au dernier conseil scientifique du CIRMF ont affirmé que les travaux qui leur ont été soumis sont de grande qualité. Ce qui, selon eux, annonce une recherche prometteuse.. Cet optimisme a également été exprimé par le professeur de biomédecine et immunologie Patrice Debré, qui a dirigé la rencontre de Franceville, en présence du directeur général du CIRMF, le Pr Philippe Blot.
Trois universitaires gabonais ont pris une part active les prs Pierre-André Kombila (directeur général de la Santé), Paul-Marie Loembet (doyen de la faculté de médecine) et le Dr Jean-Pierre Okias (ancien ministre de la Santé). A côté des scientifiques venus de divers horizons, se trouvait le Pr Etienne-Emile Beaulieu. L'endocrinologue français ayant découvert l'hormone anti-vieillissement (la DHEA) souhaite que quelque chose soit fait pour attirer plus de chercheurs au CIRMF. «En leur montrant qu'on peut y mener une carrière scientifique», a-t-il suggéré.
Ce dont sont convaincus les coopérants français qui s'y trouvent. Pour sa part, l'ambassadeur de France au Gabon, Jean-Marc Simon, qui a visité le centre de primatologie situé dans l'enceinte de la structure, a garanti la contribution de la coopération française au fonctionnement du CIRMF, créé il y a une vingtaine d'années. Comme le conseil d'administration, le conseil scientifique se tient chaque année.