En s'appuyant sur des résultats obtenus après maintes analyses, où il n'a nullement été révélé l'existence du germe suspecté, la ministre d'Etat en charge de la Santé, Paulette Missambo, s'est montrée rassurante hier lors d'un point de presse..
LA ministre d'Etat, ministre de la Santé publique, Paulette Missambo, était face à la presse hier matin. Objectif : rassurer l'opinion nationale et internationale sur le prétendu cas de fièvre typhoïde qui se serait déclarée dans la Région sanitaire nord du pays et dont les médias nationaux et internationaux en ont fait état ces jours-ci.
Rumeur sans fondement», a annoncé la ministre d'Etat, pour couper court à cette nouvelle pour le moins alarmante. La principale responsable du département de la Santé a, pour éclairer l'opinion, tenu à faire la chronologie des faits ayant abouti à cette rumeur finalement infondée. Tout était parti du Conseil des ministres du 29 décembre 2004 où «les services compétents du ministère de la Santé publique, avaient constaté au niveau de la Région sanitaire nord (Oyem), une augmentation des cas de fièvres prolongées, et dont le tableau clinique faisait suspecter des cas de fièvre typhoïde». Pour faire face à cette suspicion, le ministère de la Santé publique avait alors «pris un certain nombre de mesures d'urgence, visant à éradiquer cette endémie».
Au nombre de ces mesures, Mme Missambo a indiqué «l'établissement d'un diagnostic étiologique» consistant à détecter l'agent pathogène responsable de cette flambée de fièvre. Il était également question d'une «prise en charge immédiate des cas recensés, par (envoi des médicaments», mais aussi d'une mesure préventive en trois volets (mesures d'hygiène classiques, vaccination des sujets contacts et des personnes à risque et une surveillance épidémiologique accentuée).
Trois missions ont ainsi été menées dans les régions sanitaires suspectées (Nord, Sud-Est et le Centre hospitalier de Libreville). De ces missions, il ressort, selon le, chef du département de la Santé publique, que l'analyse du laboratoire national sur des échantillons (54 au total), prélevés sur des malades suspects .de la Région sanitaire nord; n'a pas révélé le germe responsable de la fièvre typhoïde, le bacille à gram négatif, Salmonella enterica sérotype typhi.
MESURES PREVENTIVES • De même, précise la ministre d'Etat, «l'analyse des échantillons d'eau de la SEEG et d'autres sources s'est avérée négative». Elle ajoute que ces mêmes analyses ont donné des résultats similaires à Libreville et à Lastoursville. Avant de conclure que tous ces échantillons seront envoyés au laboratoire de référence du Centre international de recherches médicales de Franceville.(CIRMF).
«En l'état actuel de nos recherches, nous ne pouvons retenir l'hypothèse d'une épidémie de fièvre typhoïde», a observé la ministre d'Etat qui a, néanmoins, fait savoir que par précaution, «des mesures préventives ont été prises».
Il s'agit notamment de la distribution des médicaments, des vaccins Typhi vi et d'un Kit de 200 tests aux responsables des différentes régions sanitaires concernées, de la mise en place d'une unité de bactériologie au Centre hospitalier régional d'Oyem, équipée en matériel et personne qualifiés. Il s'agit également de la remise à niveau des techniciens biologistes dans les hôpitaux régionaux et les centres médicaux ainsi que la réactivation des relais communautaires dans la mobilisation sociale. Dans ces mesures préventives, le ministère de la Santé publique compte, comme il l'a déjà fait dans les régions concernées, mettre un accent particulier sur l'éducation sanitaire des populations, notamment en matière de respect des mesures d'hygiène-élémentaire (se laver les mains après avoir été aux toilettes, ne pas consommer des aliments crus non lavés et éviter de consommer les fruits de mer et autres aliments souillés).
Rassurante, Paulette Missambo rappelle enfin que le ministère de la Santé publique a, en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), « déployé un important arsenal de surveillance épidémiologique pour parer à toute, éventualité.» Voila au moins qui rassure.