Les membres de ce syndicat sont allés mercredi dernier rencontrer le président du Conseil économique et social (CES), Louis-Gaston Mayila, à qui ils ont soumis leurs préoccupations.
LES membres du bureau exécutif du Syndicat national de la Caisse nationale de sécurité sociale (SYNA CNSS) ne sont pas du tout contents de leur marginalisation d'ans le processus d'autonomisation des hôpitaux de la CNSS. Ils sont allés, mercredi dernier, faire part de leur mécontentement au président du Conseil économique et social (CES), Louis-Gaston Mayila. De fait, leur démarche procède de leur volonté de voir créer un cadre de concertation pour mener à bien les négociations.
A la lumière des explications des syndicalistes, il ressort que la tutelle qu'est la CNSS ne les a pas associés dans le projet devant aboutir à l'autonomie des hôpitaux relevant de cette entité. Or, ont-ils relevé, les personnels frappés d'ostracisme sont les premiers concernés par le dossier. «Le personnel le plus représentatif n'est pas associé dans la démarche. Une seule tournée du ministre dans les hôpitaux ne suffit pas pour informer. A ce jour, nous ne connaissons même pas qui va financer ce projet. Est-ce la CNSS ou l'Etat ? Autant de questions que nous nous posons», a expliqué la présidente du Syna CNSS, Viviane Maganga Bakita.
A la lumière de ses explications, il ressort que le Syna CNSS a fait des propositions à la tutelle. Mais celle-ci pratiquerait plutôt la politique de l'autruche. D'où, évidemment, leur décision de solliciter la médiation du président du CES. En fait, les syndicalistes voudraient éviter les palabres au moment où le gouvernement et les partenaires sociaux ont conclu une trêve sociale. «2005 ne doit pas être une année de palabres. Il ne faut donc pas qu on nous amène a poser un préavis de grève» a souligné une Maganga Bakita, tout en demandant à M. Mayila d'être l'interprète de la structure syndicale auprès des plus hautes autorités politiques du pays, en tête desquelles le président de la République, Oman Bongo Ondimba, qui attache du prix au respect des clauses de la trêve sociale.
Au-delà de la marginalisation dont ils disent être l'objet, c'est le projet d'autonomisation que les syndicalistes ont paru récuser. A leur avis, les moyens financiers qui y seront consacrés devront servir à la réhabilitation des plateaux techniques des hôpitaux. Mieux, ils ont réitéré leurs aspirations en faveur de la mise en place d'une assurance-maladie et d'une gestion transparente de l'argent généré par les différentes unités sanitaires concernées par le projet.
A ce sujet d'ailleurs, ils se sont montrés dubitatifs face à l'avenir d'une partie du personnel de la Fondatiqn Jeanne Ebori, étant donné que le bâtiment annexe de cette structure sanitaire doit être rasé. En somme, le projet fait planer le spectre du chômage sur de nombreux agents qui n'auront plus de cadre de travail.
Pourtant, le président du CES s'est voulu rassurant. Il a rappelé à ses interlocuteurs que le président de la République ne saurait cautionner des dégraissages tous azimuts au moment même où il prône la politique du plein-emploi. N'ayant pas tous les éléments d'appréciation de la situation, du fait qu'il n'a pas encore écouté la version de la hiérarchie de la CNSS, M. Mayila a demandé aux membres du Syna CNSS de prendre leur mal en patience. Toutefois, il leur a rappelé que la mission première de la CNSS était de gérer les cotisations des travailleurs et des patrons.
D'où, à son avis, la nécessité de redéfinir les missions de l'entité. «Vous devrez avoir des propositions concrètes à soumettre à la tutelle. N'allez pas négocier à hue et à dia», leur a-t-il conseillé.