Après la parution de l'article "Alerte à la fièvre typhoïde", dans notre édition de mardi 25 nullement 2005 et dans lequel il n'était nullement question de l'existence d'une épidémie de fièvre typhoïde au Gabon, le directeur général adjoint de la Santé, chargé des Programmes et services nationaux, Contant-Roger Ayenengoye, tient ici à rassurer la population. Précisant que si des cas de fièvre typhoïde ont été déclarés, il n'y a pas eu, cependant, de confirmation au niveau du laboratoire national, après les examens d'hémoculture et de coproculture. Lecture.
- A propos de la situation sanitaire sur le terrain.
- Constant-Roger Ayenengoye : «IL n'y a pas de cas d'épidémie de fièvre typhoïde au Gabon. Selon nos techniciens au niveau régional, particulièrement à Oyem, nous avons enregistré seulement quelques cas de fièvre dont les premiers résultats d'analyse déclarés faisaient état de fièvre typhoïde. Cependant, les examens effectués au laboratoire national, et selon l'hémoculture, n'ont pas confirmé la présence des germes responsables de la fièvre typhoïde. Toutefois, même si ceux-ci se sont avérés négatifs, des précautions ont été prises, sur instructions de l'autorité de tutelle, la ministre d'Etat Paulette Missambo. Nous nous sommes rendus sur le terrain pour sensibiliser d'abord le personnel soignant, ensuite la population de la commune d'Oyem et des quartiers périphériques et, enfin, toute la région sanitaire, sur les mesures d'hygiène à prendre, puisque c'est une maladie à base hydrique, qui se transmet d'un sujet malade à un sujet sain, ou par voie oro fécale. Des conseils ont été donnés pour le respect des mesures classiques comme se laver les mains après avoir été aux toilettes, ne pas manger des aliments crus, notamment les légumes, éviter les fruits de mer et autres aliments souillés. Nous avons donc invité le personnel soignant à se mobiliser pour sensibiliser toute la communauté sur ces différentes mesures préventives».
- Mesures prises au niveau national ?
- «Sur le plan national, nous avons décide de mobiliser tout le système de santé à tous les niveaux. D'abord central, puis régional. Nous avons invité les directions des régions sanitaires à s'associer avec les bases d'épidémiologie, de réactiver la surveillance épidémiologique normale, d'essayer d'être beaucoup plus vigilantes au niveau des centres de soins pour que s'il y a des cas cliniques suspects, que ceux-ci fassent des examens de laboratoire pour confirmation. Cependant, pour déclarer une fièvre typhoïde, il faut passer par plusieurs étapes. En hors des étapes cliniques où l'on peut observer certains facteurs comme la fièvre élevée ( de 39°), l'asthénie, des problèmes de diarrhée, il faut, en plus, faire d'abord un test d'orientation appelé Widal et Félix. Et si le seuil de celui-ci est supérieur à 1/80e, on peut suspecter un cas de fièvre typhoïde. Et même à ce stade, ce n'est pas suffisant, car il faut encore un examen spécifique de confirmation qui est la coproculture ou 'l'hémoculture pour isoler maintenant la Salmonelle (Bacille responsable de la fièvre typhoïde, Ndr). Si cet examen n'est pas fait, on ne peut pas parler de cas de fièvre typhoïde, puisque nous pouvons avoir aussi des croisements d'autres flores bactériennes, qui peuvent être déclarés comme un cas de fièvre typhoïde. Il faut donc être vigilant. Et c'est ce qu'on a vu à Oyem où des cas déclarés n'étaient pas, en fait, de la fièvre typhoïde.
C'est pourquoi, nous rassurons la population gabonaise et nos partenaires d'aide au développement que nous avons l'oeil ouvert sur toute l'étendue du territoire national. Les régions sanitaires sont bel et bien informées. De même qu'au niveau des centres médicaux et de soins,... Les mesures que nous devons prendre sont celles d'hygiène classique. Il n'y a pas d'épidémie de fièvre typhoïde au Gabon. Que ce soit au CHL ou ailleurs, même si l'honnêteté intellectuelle oblige à reconnaître que nous pouvons suspecter des cas isolés, mais qui ne ressemblent nullement à des épidémies.
Ensuite, la fièvre typhoïde est une maladie qui peut être prévenue non seulement par des mesures d'hygiène, mais aussi par la vaccination dont l'efficacité est effective à partir du 75e jour».
- Comment prévenir les erreurs de diagnostic ?
- «Les erreurs de diagnostic arrivent souvent, même dans les pays développés. Ce sont des erreurs que nous corrigeons. Cependant, ces régions travaillent avec nous et nous les appuyons. Il y a des régions sanitaires bien outillées, qui ont des laboratoires de référence internationale comme celui du Cirmf à Franceville. D'autres centres hospitaliers régionaux disposent des laboratoires performants qui peuvent faire du bon travail. Il suffit seulement de les appuyer, de leur donner ce soutien matériel, beaucoup plus de tests, pour accroître leurs performances. C'est ce que fait actuellement la ministre d'État, Paulette Missambo».