Plusieurs cas de maladie sont enregistrés ici et là dans des hôpitaux du pays. Les autorités sanitaires sont mobilisées pour- mener des campagnes de sensibilisation auprès des populations.
CES derniers temps, les autorités sanitaires font état de la recrudescence des cas de fièvre typhoïde dans dés hôpitaux de Libreville et de l'intérieur du pays, notamment dans la région nord (Oyem, Mitzic, Minvoul) et celle du centre-est. Face à cette situation, la ministre d'Etat en charge de la Santé, Paulette Missambo, a donné dés instructions pour que des mesures soient prises en matière de sensibilisation des populations sur cette maladie, notamment en matière d'hygiène. En effet, la fièvre typhoïde est une maladie hydrique liée principalement aux mauvaises conditions d' hygiène.
C'est dans ce cadre qu'une mission du ministère de la Santé publique, conduite par le directeur général adjoint de la Santé, chargé des Programmes et services nationaux, le Dr Constant-Roger Ayenengoye, a séjourné dernièrement à Oyem, pour une vaste campagne de sensibilisation-en milieu jeune. Celle-ci a porté essentiellement sur la nature des mesures d'hygiène à respecter pour lutter contre cette pathologie.
Rappelons que la fièvre typhoïde est une maladie qui se développe dans l'intestin après sa transmission, de manière directe, à la suite d'un contact avec une personne infectée, ou indirecte par la consommation d'aliments (coquillages, fruits de mer, légumes crus) contaminés par l'eau souillée de matières fécales. En outre, certaines personnes ayant contracté la typhoïde, même traitées, restent des .porteuses chroniques, donc potentiellement contagieuses.
«Comme pour toutes les maladies à transmission oro-fécale, la fièvre typhoïde se rencontre surtout dans les zones à conditions d'hygiène précaires», relève un document du ministère de la Santé publique. La dégradation des conditions de vie et la mauvaise qualité de l'eau utilisée par certains citoyens expliquent la recrudescence déplorée de la fièvre typhoïde dans notre pays. Une maladie qui se manifeste en deux phases.
PORTAGE CHRONIQUE. D'abord la phase d'invasion (première semaine). Après une période d'incubation d'une à trois semaines, la maladie se manifeste far une fièvre élevée (40°), des céphalées, une asthénie, des insomnies, des troubles digestifs, des nausées et crampes abdominales avec constipations ou diarrhées. Ces maux s'accompagnent d'autres troubles comme les douleurs musculaires et articulaires.
Ensuite, la maladie évolue dès la 2e semaine, vers la phase d'état, qui associe la fièvre et l'émission des selles diarrhéiques. A cette phase, apparaît un état de somnolence qui évolue vers la prostration, accompagnée d'autres troubles et parfois des complications.
Il faut donc un traitement symptomatique et celui des complications éventuelles, à base d'antibiotiques, pour venir à bout de l'infection. Et pour éliminer formellement un portage chronique, il est nécessaire de pratiquer des coprocultures répétées après la fin du traitement antibiotique, indiquent tes milieux médicaux.
Mais pour éviter d'en arriver là, la prévention reste la voie de salut pour éviter cette maladie~provoquée par un bacille à gram négatif de la famille des Entérobactéries : Salmonella énterica sérotype typhi. Dans ce chapitre, les autorités sanitaires mettent l'accent sur le respect des mesures d'hygiène classiques comme le lavage des mains à l'eau et au savon, principalement après chaque passage aux W.C., et avant toute manipulation des aliments.
Ensuite, en cas de maladie déclarée, dépister nécessairement les porteurs sains, afin d'éviter une dissémination de l'infection, principalement chez les personnes travaillant dans le secteur agro-alimentaire, en collectivité, les jeunes enfants ainsi que chez le personnel soignant.
Enfin, se faire vacciner contre le Salmonella typhi, le bacille responsable de la fièvre typhoïde. Ce vaccin, le Typhim Vi, protège 15 jours après son inoculation. Son rappel se fait tous les trois ans.